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Une partie de l'usine de Rio Tinto.

Une partie des installations de Rio Tinto dans l'arrondissement de Jonquière.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Rio Tinto est la cible de nombreuses critiques depuis l’annonce du report de deux projets d’envergure dans ses installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La multinationale repousse pour une durée indéterminée son projet de centre de billettes d’aluminium à Alma et la construction de 16 nouvelles cuves à son usine AP60, dans l’arrondissement de Jonquière.

Rio Tinto invoque la faiblesse du marché pour justifier sa décision.

Les syndicats qui représentent les travailleurs n’ont pas tardé à dénoncer ce qu’ils considèrent comme un manque de vision.

Le président du Syndicat des métallos à Alma, Sylvain Maltais, est amèrement déçu. Il rappelle que les employés de l’usine avaient justement accepté de prolonger leur convention collective jusqu’en 2023 pour que ce projet de centre de billettes voie le jour.

Les membres ont fait le travail, mis les efforts, et encore une fois ils se font dire non.

Sylvain Maltais, président du Syndicat des métallos à Alma

Sylvain Maltais craint qu’un autre joueur d’importance dans le monde prenne la place laissée vacante par Rio Tinto avec ces décisions.

Billettes d'aluminium.

Des billettes d'aluminium

Photo : Radio-Canada

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, est du même avis.

Nous, on a fait notre bout, explique-t-il. C’est clair qu’on interpelle le politique pour nous aider à faire atterrir les projets. Si on ne se positionne pas maintenant, en 2022 on n’aura pas construit et qui va prendre le marché? Ce sera l’Inde, la Chine, la Russie, les pays émergents. Ils se préparent.

Alain Gagnon mentionne que l’incertitude est palpable chez les travailleurs.

Je pense qu’il y aura beaucoup de travail à faire pour rebâtir la confiance.

Alain Gagnon, président du SNEAA

Le journaliste spécialisé en économie Gérald Fillion analyse l'état du marché de l'aluminium.

L'état du marché de l'aluminium

À écouter aussi : entrevue de l'économiste Marc-Urbain Proulx à Style libre


Réactions politiques

Chez les politiciens, la réaction la plus virulente est venue du député péquiste Sylvain Gaudreault qui croit qu'en reportant encore une fois des investissements attendus, Rio Tinto ne respecte pas les ententes signées depuis 2007 et renouvelée l'an dernier avec le précédent gouvernement.

M. Legault doit se tenir debout pis dire : "C’est ben de valeur, mais vous allez respecter l’entente".

Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, estime au contraire que Rio Tinto respecte le texte des ententes et les discussions qu'il a eues récemment lui font conserver son optimisme pour l'avenir, sans que Québec ait une nouvelle fois besoin de soutenir financièrement ces investissements.

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation Pierre Fitzgibbon en point de presse

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

Photo : Radio-Canada

L’enjeu n’est pas l’aide gouvernementale, l’enjeu est où on est dans le cycle économique, soutient le ministre. Je peux vous confirmer que la société est commise, au Québec, à continuer à performer et je pense qu’on devrait avoir des projets qui vont faire surface dans les prochaines années.

La ministre régionale et députée caquiste de Chicoutimi, André Laforest, croit aussi que ces projets sont victimes de la conjoncture internationale, de la concurrence de la Chine notamment, et elle croit que les travailleurs ont encore un effort à faire pour les faire aboutir.

Il y a eu beaucoup de concessions qui ont été faites par les employés, je suis totalement d’accord, mais en même temps, souvent, on négocie pour avoir le meilleur pour nous sans connaître ce qui se passe ailleurs dans le monde.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, déplore aussi la décision, mais elle y voit une nouvelle raison de travailler à réduire la dépendance de la région vis-à-vis de Rio Tinto.

Vous voyez que tous les projets qui sont émergents et qui sont sur la table prennent d’autant plus leur importance pour assurer un développement économique, fait-elle valoir.

D'après le reportage de Denis Lapierre

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Saguenay–Lac-St-Jean

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