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Trois sans-abri sont refusés chaque jour à l'Accueil Poirier de Sherbrooke

Un sans-abri dont on ne voit pas le visage est assis sur une chaise à l'extérieur.

Trois sans-abri par jour se voient refuser l'accès à l'Accueil Poirier faute de places.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Guylaine Charette

De plus en plus nombreux à frapper à la porte de l’Accueil Poirier pour y passer la nuit, des sans-abri de Sherbrooke se voient souvent refuser le gîte et le couvert par l’organisme dont les places demeurent limitées.

Avec 18 lits occupés presque quotidiennement, les employés de l’Accueil Poirier disent devoir refuser en moyenne trois personnes chaque jour, un nombre qui a triplé au cours des deux dernières années. Au total, une centaine de personnes par mois sont forcées de retourner à la rue.

C'est le portrait que dresse Sébastien Laberge, directeur général de l'organisme, à la veille de la Nuit des sans-abri, un rendez-vous annuel de sensibilisation à la pauvreté et à l'itinérance.

Une réalité bien présente à Sherbrooke

De façon générale, nous sommes au maximum de notre capacité surtout du côté des hommes, mais c'est de plus en plus le cas aussi du côté des femmes, précise Élizabeth Barbin, intervenante à l'Accueil Poirier depuis trois ans.

Des lits dans un dortoir de l'Accueil Poirier, à Sherbrooke.

L'Accueil Poirier peut accueillir six femmes chaque nuit.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Les personnes qui viennent chercher ici un répit arrivent souvent dans un certain état de crise. Ils sont anxieux ou ils ont de la peine. Ils peuvent éprouver de la colère. Il peut aussi y avoir des problèmes de santé mentale traités ou non selon la personne. Il y a aussi des gens qui peuvent arriver en état d'intoxication, raconte-t-elle.

L'Accueil Poirier, un refuge qui fait partie des services offerts par le Partage Saint-François, peut accueillir 12 hommes et 6 femmes. Ils peuvent prendre une douche, manger un repas chaud et dormir dans des dortoirs. Le service est disponible sept jours par semaine, ce qui représente 18 000 nuitées par année. Depuis un an, l'organisme a ajouté cinq lits de dégrisement pour les personnes qui se présentent dans un état d'intoxication important. Ces ressources supplémentaires ne suffisent pas.

Sébastien Laberge.

Le directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

On finit toujours par trouver une solution à moyen terme, mais dans l'urgence, quand les gens se présentent, il y a une moyenne de trois refus par jour où on est dans l'impossibilité de relocaliser ces personnes-là, précise le directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge.

Comment expliquer une telle augmentation? L'organisme travaille de plus en plus étroitement avec les équipes du CIUSSS de l'Estrie CHUS et avec le Service de police de Sherbrooke. Ces liens font en sorte qu'il y a davantage de référencement. Le bouche-à-oreille peut aussi avoir une incidence. Chose certaine, les besoins sont là, soutient M. Laberge.

Ce n'est pas l'espace qui manque, mais le financement pour embaucher du personnel supplémentaire afin d'assurer la sécurité de tous, ajoute-t-il. Selon lui, la Ville de Sherbrooke pourrait jouer un rôle plus important.

Le CIUSSS est un partenaire important. Le gouvernement fédéral donne beaucoup de subventions aussi. Il y a les organismes qui travaillent sur le terrain. La Ville de Sherbrooke, mis à part les actions du Service de police, est absente autour de la table.

Sébastien Laberge, directeur général Partage Saint-François

Si l'aide financière municipale est inexistante pour le moment, la Ville a toutefois identifié la lutte contre l'itinérance comme une priorité, rappelle Sébastien Laberge.

Il y a des personnes dans le besoin. Elles vivent des situations critiques. Il faut soutenir ces gens qui sont en mode survie. Vivre dans la rue n'est pas plus facile ici qu'ailleurs, fait valoir M. Laberge.

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