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Les hébergeurs d'Edward Snowden demandent à Justin Trudeau de leur accorder l'asile

Vanessa Rodel en compagnie de son avocat.

Vanessa Rodel, une des «anges gardiens de Hong Kong», photographiée lors de la conférence de presse tenue mercredi sur la colline du Parlement, à Ottawa.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

La Presse canadienne

Vanessa Rodel, l’un des sept anges gardiens qui ont caché Edward Snowden à Hong Kong, en 2013, est arrivée au Canada avec sa fille de 7 ans l'hiver dernier et elle a obtenu le statut de réfugié.

Elle était sur la colline du Parlement, mercredi, pour supplier Ottawa d'accorder le même statut aux cinq autres anges gardiens du lanceur d'alerte américain : le père de sa fille et ses deux autres enfants, leur mère et un autre homme.

Edward Snowden avait trouvé refuge chez eux pendant quelques semaines. L'ancien employé du renseignement américain est toujours recherché aux États-Unis pour avoir divulgué des documents secrets de l'Agence nationale de sécurité (NSA), qui exposent l'ampleur des opérations de surveillance à grande échelle du gouvernement américain sur les communications des citoyens.

Les avocats des anges gardiens de Hong Kong affirment que les cinq autres membres du groupe ont demandé le statut de réfugié au Canada en 2017 et que leur dossier est exactement le même que celui de Mme Rodel et de sa fille.

Or, deux mois après son arrivée au Canada, les avocats soutiennent que les dossiers des autres n'ont pas évolué. Robert Tibbo, l'avocat montréalais qui a participé à l'organisation du séjour de M. Snowden à Hong Kong, souhaitait mercredi que le gouvernement actuel approuve leur demande avant les élections de lundi.

Ma fille a besoin de toute sa famille ici à Montréal, a déclaré Mme Rodel mercredi. Elle rêve que son père, sa sœur et son frère soient avec elle. Elle souffre de leur absence.

Risque d'expulsion de Hong Kong

Vanessa Rodel est originaire des Philippines, mais les autres demandeurs viennent du Sri Lanka. Ils risquent l'expulsion vers leur pays d'origine où, selon les avocats, ils pourraient être persécutés.

La petite Keana, sa demi-sœur et son demi-frère sont tous apatrides : ils sont nés à Hong Kong en tant que réfugiés. Les demandes d'asile à Hong Kong avaient été rejetées en 2017 lorsque le film d'Oliver Stone sur Edward Snowden a permis de remonter jusqu'à eux.

Me Tibbo et ses collègues ont plaidé mercredi que les demandes avaient été déposées au cours du premier mandat de M. Trudeau et que le premier ministre libéral avait donc la responsabilité de prendre une décision avant le scrutin, qui pourrait faire élire un nouveau premier ministre.

Les avocats suggèrent que le retard d'Ottawa est dû au fait que les autorités canadiennes ne veulent pas courroucer le gouvernement américain, bien qu'ils n'en aient aucune preuve concrète, si ce n'est que M. Trudeau et sa ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont déjà accueilli personnellement d'autres réfugiés très médiatisés à leur arrivée au Canada.

Les avocats craignent aussi qu'un éventuel gouvernement conservateur refuse d'accorder l'asile à ces demandeurs.

Les avocats ont toutefois soutenu à tort qu'en 2015, les conservateurs étaient au pouvoir lorsque le Canada aurait rejeté la demande d'asile de la famille d'Alan Kurdi. La photo de l'enfant gisant mort sur une plage turque après que sa famille avait fui la Syrie avait fait les manchettes lors de la campagne électorale de 2015.

Or, on a finalement découvert que ses parents n'avaient jamais demandé à venir au Canada, contrairement à d'autres membres de cette famille.

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