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Légalisation du cannabis : quel est le bilan de l’industrie ontarienne après un an?

Des plants de cannabis dans une serre.

Le sud-ouest ontarien est très prisé des producteurs de cannabis en raison des nombreuses serres dans la région.

Photo : Aphria Inc.

Yessica Chavez

Il y a un an, jour pour jour, le cannabis devenait légal au Canada. L’industrie se prépare déjà à la deuxième phase de la légalisation, soit la mise en marché des produits dérivés et comestibles de cannabis. Bilan de cette première année en Ontario et coup d’oeil vers l’avenir d’un marché en plein développement.

En avril 2019, Statistique Canada dénombrait 175 compagnies de cannabis au pays qui emploient environ 9200 personnes.

L’industrie est en croissance, mais l’année qui vient de passer a été marquée par des hauts et des bas : retards, pénuries de marchandise, dégringolade boursière, notamment.

Le déploiement de tout le système qui encadre la légalisation du cannabis n’a peut-être pas été parfait dans la dernière année, mais nous avons pu apprendre beaucoup pendant cette période, soutient Megan McCrae, vice-présidente marketing du producteur ontarien Aphria.

Malgré les appréhensions de nombreux Canadiens, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête et, au contraire, on a pu développer toute une industrie et créer des emplois.

Megan McCrae, vice-présidente, Aphria
Un travailleur d'Aphria manipule un plant de marijuana médicinale.

La compagnie Aphria attend d'obtenir l'autorisation de Santé Canada afin de doubler sa surface de production de cannabis à Leamington, en Ontario.

Photo : Radio-Canada

L'Ontario, le coeur de l'industrie du cannabis

De toutes les provinces, c’est l’Ontario qui a le plus profité de la légalisation du cannabis. Selon Statistique Canada, on y trouve la plus forte concentration de producteurs autorisés (Nouvelle fenêtre), soit 63 %. C’est également dans cette province que la majorité des emplois liés au cannabis ont été créés.

Évidemment, on est la province avec la plus peuplée. C’est la raison numéro un pour laquelle il y a plus de compagnies ici, explique Mme McCrae.

Elle ajoute que la longue saison de croissance et la grande quantité de serres sont deux avantages importants pour la production agricole.

Le porte-parole de Canopy Growth, Adam Greenblatt, croit qu’en plus de la proximité du marché, c’est la proximité des investisseurs qui attire les producteurs de cannabis en Ontario.

Je pense que c’est [aussi] en fonction de la proximité de Bay Street et des compagnies de financement, raconte-t-il. Nous avons plusieurs centres de production en Ontario, dont une grosse usine dans la région de Niagara.

Adam Greenblatt ajoute que sa compagnie possède aussi des centres de production en Colombie-Britannique et au Québec. Le cannabis a été légalisé dans tout le pays et la concurrence se fait à l’échelle nationale, pas juste en Ontario, précise-t-il.

Des boîtes de carton empilées, sur lesquelles on peut voir le logo de Tweed.

Sous la marque Tweed, l'entreprise Canopy Growth fournit des produits du cannabis à toutes les provinces du Canada.

Photo : Radio-Canada / Roxane Léouzon

Le sud-ouest ontarien populaire

La ville de Leamington est connue depuis longtemps pour ses serres de tomates. Le titre de capitale de la production en serre lui a d’ailleurs été décerné en raison des nombreuses installations où sont cultivées non seulement des tomates, mais aussi des concombres et des poivrons, entre autres.

Depuis la légalisation, la Ville a connu une véritable ruée des producteurs de cannabis sur ses terres. De nombreuses serres destinées à la production de cannabis ont été construites.

Aphria, qui fait partie des cinq plus gros producteurs de marijuana autorisés au Canada, y possède une superficie de production de près d’un million de pieds carrés.

« Nous attendons également l’autorisation de Santé Canada pour ouvrir un deuxième centre de production d’environ 1,2 million de pieds carrés », ajoute Megan McCrae, en affirmant que plusieurs dizaines de postes seront créés.

Selon Statistique Canada, la rémunération des emplois liés au cannabis se chiffre à 29,58 $ l'heure, ce qui est supérieur au salaire horaire moyen au pays, estimé à 27,03 $.

Ces investissements sont bien accueillis par la mairesse de Leamington, Hilda MacDonald.

Je crois qu’il y a beaucoup d’autres villes au Canada qui aimeraient avoir la chance que nous avons ici. Vous savez, l’industrie du cannabis ce ne sont pas juste des emplois de premier niveau, ce sont aussi beaucoup d’emplois spécialisés qui demandent des compétences précises dans divers domaines comme l’ingénierie, la vente, le développement des affaires et le marketing, souligne l’élue.

Une femme se tient devant une maison.

Hilda MacDonald, mairesse de Leamington, se réjouit des retombées économiques qu'engendrent les compagnies de cannabis dans sa ville.

Photo : Radio-Canada / Stacey Janzer

Pour sa part, Rakesh Naidu, président de la Chambre de commerce régionale de Windsor-Essex, estime qu’en plus de créer des emplois, l’industrie permet aussi de diversifier l’économie de la région.

Il ne s’agit pas juste de cultiver du cannabis. Ils créent aussi des postes de recherche et de développement. Ils ont besoin de gens qui peuvent faire l’automatisation et analyser des données afin d’améliorer les performances. Ce sont des connaissances qu’on a déjà dans la région et qui pourront être appliquées dans le domaine du cannabis, fait-il remarquer.

Portrait d'un homme souriant pris lors d'une réunion. Des gens sont assis autour de tables rondes en arrière-plan.

Rakesh Naidu, président de la Chambre de commerce de Windsor-Essex, estime que l'arrivée des compagnies de cannabis va permettre de diversifier l'économie dans la région.

Photo : CBC/Dale Molnar

L’arrivée de ces grands centres de production de cannabis ne fait pas que des heureux. De nombreux résidents de Leamington se sont plaints de l’odeur dégagée par les serres. D’autres ont aussi dénoncé l’augmentation de la circulation de camions lourds dans leur région.

En dents de scie

L’industrie du cannabis a connu une année rocambolesque à la bourse. Deux mois avant la légalisation, la valeur de certaines actions allait grimper jusqu'à 1500 % de leur prix initial. Pour finalement retomber après l’annonce de premiers résultats financiers décevants.

Windsor

Cannabis