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Carles Puigdemont menace de poursuivre le Canada

L’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, affiche un air sévère et a levé l'index qu'il pointe d'une façon accusatrice.

L’ex-président de la Catalogne, Carles Puigdemont, devait initialement venir en visite au Québec du 2 au 4 avril 2019.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Sébastien Bovet

« La mascarade a assez duré », tonne Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en confirmant que l’ancien président catalan Carles Puigdemont, instigateur du référendum sur l’indépendance en Catalogne, a envoyé une mise en demeure au gouvernement canadien. 

Le document, dont Radio-Canada a obtenu copie, donne trois jours au ministère fédéral de l’Immigration pour rendre une décision concernant la demande de voyage de M. Puigdemont au Canada. « Dans le cas contraire, des procédures judiciaires pourront être intentées contre vous [le gouvernement] », est-il écrit.

Le litige porte sur l’émission d’une autorisation de voyage électronique (AVE), nécessaire pour venir au pays. L’avocat québécois de Carles Puigdemont, Stéphane Handfield, dénonce les demandes répétées faites par les fonctionnaires canadiens de l’immigration à Paris, où la demande est traitée.

S’il avait des antécédents judiciaires, la demande d’AVE serait rejetée en trois jours, poursuit Me Handfield. C’est une demande administrative si on n’a pas besoin de visa pour entrer au Canada.

Ils font toujours les mêmes demandes : une copie de l’acte d’accusation contre M. Puigdemont, une copie du mandat d’arrestation et des articles de loi. Ça fait cinq mois que ça dure, alors qu’une AVE est délivrée en trois jours généralement, affirme-t-il, ajoutant que rien n’explique cette situation, si ce n’est que c’est une patate chaude.

La mise en demeure évoque la transmission de 290 pages de documents le 28 mai dernier, de 86 pages le 27 juin et de 62 pages le 4 septembre.

Maxime Laporte, qui a lancé l’invitation à M. Puigdemont, ne se gêne pas pour parler de mesures dilatoires pour retarder le dossier.

Comme tout être humain, M. Puigdemont revendique le droit à circuler librement. C’est une visite de courtoisie, avec des rencontres politiques et une visite à l’Assemblée nationale. La visite devait être de moins d’une semaine. Je ne fais pas de politique partisane, je les interpelle [Justin Trudeau et Andrew Scheer] parce qu’ils sont réalistement les deux aspirants au poste de premier ministre du Canada, martèle M. Laporte.

Contexte politique propice

Le coup d’éclat survient quelques jours avant la fin de la campagne électorale fédérale. M. Laporte se défend de vouloir faire de la politique partisane. Mais il pourfend du même souffle les autorités canadiennes.

Il est temps de mettre au grand jour la complaisance et la complicité du gouvernement canadien avec l’autoritarisme espagnol, fulmine-t-il. Il affirme que le dossier est politique, quoi qu’on en dise, et il interpelle Justin Trudeau et Andrew Scheer en leur demandant si, à leur avis, l’organisation d’un référendum sur l’indépendance est criminelle.

Un politicien en exil

À la suite du référendum sur l’indépendance de la Catalogne en octobre 2017, la Cour suprême espagnole a lancé un mandat d’arrêt européen et international pour rébellion contre M. Puigdemont. Ce mandat avait été suspendu devant l’impossibilité de le faire appliquer. Mais cette semaine, la justice espagnole a lancé un nouveau mandat d’arrestation pour sédition et détournement de fonds publics. 

Avec la justice espagnole à ses trousses, l’ancien président catalan a trouvé refuge en Belgique. Il y a un an, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a entrepris des démarches pour le faire venir au Québec à l'occasion d'un séjour de quelques jours.

La mise en demeure a été transmise mardi en fin d’après-midi. Le délai de trois jours expirera demain.

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