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Des conseillers de Winnipeg veulent que la Ville s’oppose au projet de loi 21 du Québec

Trois femmes et quatre hommes debout devant un mur.

La motion a été annoncée en présence de représentants de plusieurs minorités religieuses qui partagent le même avis que les conseillers municipaux.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les conseillers municipaux Shawn Nason et Janice Lukes de Winnipeg exhortent leurs collègues à se prononcer contre la loi québécoise sur la laïcité. Ils ont présenté mercredi un projet de motion demandant au conseil de s’opposer formellement à la loi 21.

La loi 21, adoptée en juin, interdit aux enseignants, aux juges, aux policiers et aux fonctionnaires occupant des postes d’autorité de porter des symboles religieux, afin d’assurer le caractère laïque de l’État québécois.

Les deux conseillers soutiennent que la loi québécoise est discriminatoire et va à l’encontre des valeurs canadiennes.Je pense qu’il est important que le conseil se positionne fermement et envoie un message indiquant que nous agissons contre la discrimination, dit Mme Lukes.

Mme Lukes soutient qu’il est important, en tant que ville des droits de la personne et du Musée canadien des droits de la personne, de former un front uni et de dénoncer la loi 21.

La motion a été annoncée en présence de représentants de plusieurs minorités religieuses qui partagent le même avis que les conseillers municipaux.

« En tant que Winnipegois, en tant que Canadiens, nous devons résister à toute forme de discrimination qui se produit partout au Canada, pas seulement au Québec [...] Nous devons nous lever, quelle que soit la région », affirme Simarpreet Singh.

Le président de l’Association islamique du Manitoba, Idris Elbakr, ajoute qu’on ne devrait pas avoir à choisir entre sa carrière et sa religion

Shawn Nason et Janice Lukes espèrent que leur motion fera l’objet d’un débat lors de la réunion du conseil, le 24 octobre.

Un porte-parole du maire Brian Bowman a déclaré qu’il n’avait pas encore vu la motion, mais que M. Bowman s’oppose à la loi 21, qui va à l’encontre de ses efforts pour faire de Winnipeg un chef de file international de la protection et de la promotion des droits de la personne.

Plusieurs conseils municipaux à travers le Canada, notamment à Calgary, Kitchener et Waterloo, ont adopté des motions condamnant la législation québécoise.

Définition : la Loi sur la laïcité de l’État

La Loi sur la laïcité de l’État prévoit que toutes les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires devront respecter les principes de la séparation de l’État et des religions. Le texte réitère aussi la neutralité religieuse de l’État, l’égalité de tous les citoyens et les libertés de conscience et de religion pour chacun.

La loi prévoit notamment l’interdiction du port de signes religieux chez les employés de l’État en position de coercition (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison) et d’autres employés de l’État, essentiellement les enseignants des écoles primaires et secondaires du réseau public et les directeurs d’école.

Pour répondre aux inquiétudes exprimées par les employés de l'État qui portent déjà des signes religieux, notamment les enseignantes musulmanes qui portent le voile, la loi est assortie d’une clause protégeant leurs droits acquis en date du 27 mars 2019, à condition qu’ils conservent la même fonction dans une même organisation.

La Loi sur la laïcité de l’État comprend aussi des dispositions de dérogation pour la soustraire à des articles des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. La charte québécoise a, en outre, été modifiée afin qu’elle stipule « que les libertés et droits fondamentaux doivent s’exercer dans le respect de la laïcité de l’État ».

La loi prévoit également que tous les services gouvernementaux doivent être offerts à visage découvert. Ils doivent aussi être reçus à visage découvert lorsque cela est nécessaire à des fins d’identification ou pour des motifs de sécurité. Aucun accommodement raisonnable ne peut être demandé pour contourner cette obligation, est-il précisé.

La Loi sur la laïcité de l'État n’inclut aucune sanction pénale ni monétaire pour les contrevenants.

Avec les informations de Pierre Verrière

Manitoba

Politique provinciale