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L'étude d'Oceana Canada sur la traçabilité du poisson critiquée en Colombie-Britannique

Étal de divers types de filets de poisson.

Le mauvais étiquetage serait souvent dû à des erreurs d'identification.

Photo : Ocean Wise

Adrien Blanc

Une étude du groupe environnementaliste Oceana Canada sur l'étiquetage du poisson vendu au pays fait sourciller des acteurs de la distribution de viande de poisson en Colombie-Britannique.

L'étude d'Oceana Canada publiée mercredi affirme que Victoria est la plus mauvaise élève parmi les six grandes villes qui ont fait l'objet de prélèvements de viande de poisson pour en vérifier l'origine : 67 % des étiquettes étaient erronées. Vancouver s'en tire mieux avec 26 % d'étiquettes erronées.

Or, Gregg Best, propriétaire de la poissonnerie Oak Bay Seafood, située près de Victoria, se demande comment Oceana Canada a pu trouver que la capitale britanno-colombienne avait un taux si élevé d'étiquettes inexactes.

Dans mon entreprise, nous préparons nous-mêmes le poisson, nous l'empaquetons et le vendons dans notre magasin et aux restaurants de la région de Victoria, dit-il. Nous sommes absolument certains de ce que c'est, car nous sommes expérimentés.

L'ancien pêcheur assure qu'il respecte les normes canadiennes de traçabilité et les normes plus strictes de l'organisme Ocean Wise. Il craint maintenant que l'étude d'Oceana Canada porte préjudice à son entreprise.

Chaque fois qu'il y a une nouvelle de ce genre, mon entreprise en subit les conséquences.

Gregg Best, poissonnier à Oak Bay

Gregg Best croit qu'il faut demander des comptes aux gros importateurs. J'ai tendance à croire que lorsque le poisson arrive déjà empaqueté, sans mention de l'origine, et qu'il a été acheté en gros à l'international pour être présenté dans de jolies boîtes, les gens l'achètent en croyant que c'est une chose alors que c'en est une autre, dit-il.

La chaîne locale de magasins Thrifty Foods, propriété du groupe canadien Sobeys, conteste cette approche. Nous voulons rassurer les consommateurs en leur disant que les produits qu'ils achètent sont bien ceux qui sont nommés sur l'étiquette, dit la porte-parole du groupe, Anne-Hélène Lavoie.

Thrifty Foods se fournit auprès de pêcheurs locaux et étrangers, mais signale que le laboratoire de l'Université de Guelph prélève chaque année des centaines d'échantillons dans ses magasins pour en contrôler la qualité et l'origine.

Dans le Grand Vancouver, Xiaonan Lu, professeur spécialisé dans l'analyse des aliments à l'Université de la Colombie-Britannique, n'a pas constaté de différence entre les petits et les gros distributeurs de poisson quant au mauvais étiquetage : selon ses propres prélèvements, le taux d'étiquettes erronées varie autour de 25 %.

Ainsi, le chercheur met en garde le public contre la tentation de voir la fraude partout. Même les professionnels les plus expérimentés peuvent se tromper entre deux poissons dont les filets ont la même apparence, la même couleur, voire la même texture, dit-il, citant l'exemple du vivaneau et de la morue.

Le chercheur reconnaît toutefois que la fraude existe et il appelle à plus de transparence sur l'origine des produits. Il souhaite la création de normes internationales inspirées des normes européennes de traçabilité.

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie des pêches