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Troisième nuit de violences en Catalogne

Un voiture en flammes.

Une voiture en flammes à Barcelone

Photo : Reuters / Jon Nazca

Agence France-Presse

De nouveaux affrontements entre manifestants indépendantistes et policiers ont éclaté mercredi en Catalogne alors que le premier ministre espagnol demandait aux autorités de la région de condamner sans ambiguïté les violences.

De son côté, le président indépendantiste de Catalogne a demandé jeudi l'arrêt immédiat des violences à Barcelone, où des centaines de manifestants affrontaient les policiers depuis des heures.

Nous ne pouvons pas permettre les incidents que nous voyons dans les rues... Cela doit s'arrêter immédiatement, a déclaré Quim Torra à la télévision régionale quelques heures après la déclaration du premier ministre espagnol.

Pour la troisième nuit consécutive, des milliers de manifestants se sont heurtés aux policiers antiémeutes à Barcelone, leur lançant des projectiles, dressant des barricades et mettant le feu à plusieurs voitures, a constaté un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP).

Devant une barricade en feu, une jeune manifestante au visage masqué criait : Ce n'est pas de la violence, c'est de l'autodéfense.

Quatorze personnes ont dû recevoir des soins, ont annoncé les services de secours dans un premier bilan. La veille, les affrontements avaient fait 125 blessés, et 51 personnes avaient été arrêtées.

À Madrid, le premier ministre Pedro Sanchez a demandé publiquement mercredi au président de la région, l'indépendantiste Quim Torra, et aux membres de son gouvernement de condamner clairement, et sans l'excuser, le recours à la violence.

Mardi, plusieurs villes de la région avaient été le théâtre de scènes de guérilla urbaine entre policiers et manifestants protestant contre la condamnation, lundi, des neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Un homme à terre frappé par des policiers, en arrière-plan des manifestants massés devant un immeuble.

Un manifestant à terre frappé par des policiers à Barcelone

Photo : Reuters / Jon Nazca

La sentence de la Cour suprême a déclenché une vague de protestation bien organisée et, mercredi matin, des colonnes de manifestants se sont mises en marche depuis cinq villes de cette riche région du nord-est de l'Espagne. Elles doivent converger à Barcelone vendredi, jour de grève générale et de manifestations massives.

Quim Torra s'est joint à l'une d'elles. Il a dénoncé le procès, le comparant à une farce, mais a évité de condamner les violences de mardi et de lundi, quand plus de 10 000 personnes avaient tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone.

Le ministre régional de l'Intérieur, Miquel Buch, a quant à lui publiquement demandé aux manifestants d'isoler les éléments violents et averti que la police régionale qu'il commande, les Mossos d'Esquadra, n'hésiterait pas à continuer à réprimer les excès.

Les manifestants ont clamé Buch démission et crié les Mossos aussi sont des forces d'occupation.

Des renforts policiers seront envoyés en Catalogne, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur.

M. Sanchez, qui a consulté dans la journée les chefs des principaux partis politiques, n'a pas annoncé de mesures draconiennes comme les lui réclame l'opposition de droite.

Celle-ci parle de reprendre le contrôle des forces de l'ordre actuellement confié à la région autonome, voire de suspendre l'autonomie de la Catalogne, comme Madrid l'avait fait après la tentative de sécession.

Nous allons moduler notre réponse en fonction de l'attitude et des décisions que prendront les responsables du gouvernement régional catalan, a-t-il dit.

Mais il a assuré que son gouvernement ne permettrait pas que la violence l'emporte sur la coexistence.

Les Catalans divisés

Un homme passant devant des flammes.

Un manifestant passant devant des flammes à Barcelone.

Photo : Reuters / Albert Gea

La Catalogne est divisée sur la question d’indépendance. D'après le dernier sondage publié en juillet par le gouvernement de Quim Torra, 44 % y sont favorables et 48,3 % y sont opposés.

Nées de la frustration d'une partie du mouvement indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession, ces batailles de rue ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste, qui se targue d'être non violent.

La manifestation de mercredi avait été convoquée par les Comités de défense de la République (CDR), adeptes des actions coup de poing, que Quim Torra avait un jour encouragés publiquement à continuer à mettre la pression.

Nous avons pris un chemin sans retour, ont proclamé les CDR mercredi dans un communiqué. Ne tombons pas dans le piège de ceux qui veulent nous démobiliser, ont-ils ajouté, appelant le gouvernement régional séparatiste à faire un pas en avant en rompant avec l'État espagnol.

Sur la façade d'une boutique de montres de luxe de Barcelone, mercredi matin, un graffiti Torra, traître montrait la rupture entre les militants les plus radicaux et le gouvernement régional séparatiste.

À moins d'un mois des prochaines élections législatives du 10 novembre, les quatrièmes en quatre ans, la Catalogne s'impose de nouveau comme le thème central du débat politique dans le pays.

Ces tensions pourraient même avoir des répercussions sur le Clasico, match prévu entre le FC Barcelone et le Real Madrid qui sera regardé sur toute la planète. La Ligue de football a demandé à ce que la partie puisse se jouer à Madrid le 26 octobre, et non à Barcelone comme prévu.

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