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Faut-il s'inquiéter de la présence d'élèves anglophones dans les écoles francophones?

Une salle de classe vide

Une spécialiste en éducation en français croit qu'il n'y a pas matière à s'inquiéter.

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

On apprenait cette semaine qu'un enfant sur cinq qui commence la maternelle au District scolaire francophone Sud est anglophone. Est-ce un danger pour la qualité de l'éducation des enfants francophones? Une spécialiste en éducation en français croit qu'il n'y a pas matière à s'inquiéter.

En moyenne, un enfant sur cinq qui entre en maternelle, dans le District scolaire francophone Sud, est anglophone. Une proportion qui peut dépasser les trois quarts des élèves inscrits en maternelle dans certaines écoles, selon des chiffres obtenus par Radio-Canada auprès du district.

Mais pour Marianne Cormier, directrice de la faculté des sciences de l'éducation à l'Université de Moncton, ce n'est pas une situation qu'on doit nécessairement voir d'un mauvais œil.

La spécialiste croit plutôt que la participation d'élèves anglophones dans les écoles francophones de la province peut être un atout considérable pour la sauvegarde de la langue.

Marianne Cormier dans nos studios

Marianne Cormier

Photo : Radio-Canada / Ian Noël

Est-ce qu’il faut s’inquiéter? C’est une question intéressante, souligne Mme Cormier. Peut-être qu’il faut s’impressionner que les parents aient choisi l’école française et qu’ils viennent. S’ils ont le droit à l’école française, qu’ils ont choisi d’y venir.

Marianne Cormier raconte avoir fait quelques calculs qui ont donné des résultats étonnants au sujet de l'éducation au Nouveau-Brunswick. Selon elle, plus de 7000 élèves dans la province auraient pu se retrouver dans le système francophone, mais ont opté pour le système anglophone à la place.

Il y a un groupe qui travaille pour essayer de récupérer ces enfants-là, pour les amener dans le système francophone, souligne Mme Cormier.

Elle croit qu'il n'est pas facile pour ces élèves de faire la transition, mais estime que les écoles francophones « font un travail remarquable » de francisation de ces jeunes néo-brunswickois.

Maintenant, l’idéal, ce serait qu’ils aient des pratiques langagières françaises à la maison avant de venir à l’école, mais au moins on réussit à les récupérer et ils viennent à l’école, dit Marianne Cormier.

La directrice de la faculté des sciences de l'éducation croit que dans ce domaine, le Nouveau-Brunswick est sur la bonne voie. Elle comprend toutefois les parents qui se font du souci pour la qualité de l'apprentissage que reçoivent les élèves francophones de ces écoles.

C’est une crainte qui est très présente chez les parents qui voient qu’il y a beaucoup de présence anglophone à l’école, exprime-t-elle. Je crois qu’il faut penser que ce ne sont pas uniquement les enfants qui ont fait ce test-là en anglais ou qui ont des pratiques langagières en anglais à la maison, qui causent cette présence anglophone là à l’école.

À ses yeux, la présence anglophone dans les écoles francophones est plutôt un problème de société. Elle croit que bien des familles francophones optent pour les films ou les livres en anglais à la maison et que cet aspect a aussi des répercussions sur la langue parlée par leurs enfants au quotidien.

C’est plutôt le statut du français dans la province. On en parle régulièrement dans les médias, comment le français a de la difficulté à se frayer une place, soutient-elle.Ça, ça se reflète dans les pratiques langagières des familles, qui, même si elles sont francophones, [...]sont souvent très anglophones.

Marianne Cormier croit qu'au lieu de s'inquiéter de la présence d'élèves anglophones qui veulent percer dans la culture francophone, les gens devraient se soucier davantage du statut de la langue française au Nouveau-Brunswick.

Avec les renseignements de Karine Godin

Nouveau-Brunswick

Éducation