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Agrile : 40 000 frênes supplémentaires seront abattus à Montréal

Originaire d'Asie, l'agrile du frêne est présent au Canada au moins depuis 2002.

Photo : Radio-Canada / Normand Grondin

Normand Grondin

La Ville de Montréal s’apprête à faire abattre les frênes malades de six parcs-nature qui se trouvent sur son territoire. D’ici mars, plus de 40 000 arbres devraient tomber sous les assauts des tronçonneuses en raison de l’infestation par l’agrile du frêne, un insecte ravageur.

Déjà, depuis 2012, on en avait abattu 28 600, surtout dans le domaine public et sur les terrains privés, dont 4000 sur le mont Royal.

Un frêne mature peut facilement avoir 25 mètres de hauteur. Ce dont on veut s'assurer, c'est que ces frênes-là, qui sont morts à cause de l'agrile, ne tombent dans un sentier, ce qui pourrait blesser un usager du parc par exemple, explique Luc St-Hilaire, ingénieur forestier au Service des grands parcs de la Ville de Montréal.

Frênes abattus à Montréal depuis 2012

Rues et parterres aménagés : 23 700

Milieux boisés : 4900

Total : 28 600

Les arbres seront abattus dans une zone située jusqu’à une trentaine de mètres des sentiers. Pour les autres frênes malades, on laissera la nature suivre son cours.

Six parcs-nature sont visés par la campagne d’abattage, y compris celui du Mont-Royal, mais ce dernier sera moins touché que lors de la précédente opération. Mais, au cours des prochaines années, les 10 parcs-nature du territoire y passeront.

Une bonne nouvelle : sauf exception, les Montréalais ne verront pas trop la différence, croit Daniel Pilote, inspecteur en arboriculture à la Ville de Montréal.

Oui, on coupe 40 000 arbres, mais sur une superficie d’environ 2000 hectares, ce qui équivaut à 4000 terrains de football. C'est quand même énorme comme superficie, fait-il valoir.

Gros plan d'un insecte sur un arbre.

L’agrile du frêne

Photo : Associated Press / Département des ressources naturelles du Minnesota

Les arbres abattus seront remplacés par d'autres espèces, une trentaine au total, histoire de combler toutes les éclaircies qu’on aura réalisées dans la forêt. Dans les zones plus touchées, l’effort de reforestation sera encore plus important.

Ici [au parc-nature de L’Île-Bizard], on est [à] un arbre replanté pour un [abattu], parce qu'on a une belle régénération et beaucoup d'espèces désirables, alors on a moins de place pour planter. Mais par exemple sur le mont Royal, un autre secteur où on plante, on est à quatre arbres [plantés] pour un [abattu].

Cela dit, malgré tous les efforts de la Ville, on sait déjà qu'il faudra abattre 50 000 frênes de plus, peut-être même le double dans les prochaines années. L'agrile est un insecte très vorace, difficile à contrôler et contre lequel il n’existe pas de solutions à court terme.

Est-ce que tous les frênes vont disparaître? On ne le sait pas, indique l’ingénieur forestier Luc St-Hilaire. Il y a quand même une petite régénération – j'ai vu quelque repousses ici et là –, mais c'est certain que quand l'agrile est arrivé, il y avait énormément de frênes à Montréal et que les dommages sont importants. Là, les frênes vont mourir, et moins il y aura de frênes, moins il y aura d'agriles. Donc, il va probablement finir par se créer un équilibre.

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