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Andrew Scheer moins clair sur la ratification du nouvel ALENA

Andrew Scheer dans l'écran d'une caméra.

De passage à Essex, en Ontario, le chef conservateur Andrew Scheer n'a pas fermé la porte à une renégociation du nouvel ALENA avant de le ratifier.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Daniel Blanchette Pelletier

Le chef conservateur Andrew Scheer est resté évasif, mercredi, sur sa volonté de ratifier le nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), appelé à remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), s'il prend le pouvoir. Il s’était pourtant engagé à le faire lors du premier débat des chefs en français.

De passage à Essex, dans le Sud-Ouest de l’Ontario, il a cette fois évité de répondre directement à la question d’une journaliste.

Justin Trudeau avait l’occasion d’une génération de renégocier l’ALENA, a-t-il soutenu. Il s’est porté volontaire pour le Canada et a promis de revenir avec un meilleur accord.

Mais, selon Andrew Scheer, Justin Trudeau a capitulé devant le président américain Donald Trump. Il a accepté un accord de dernière minute et a cédé à toutes les concessions que Donald Trump lui a imposées, a-t-il résumé.

Justin Trudeau est revenu avec un accord affaibli qui laisse le Canada en pire posture qu’avant avec l’ALENA.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Andrew Scheer multiplie ces jours-ci les annonces sous le thème des 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement conservateur, s’il est porté au pouvoir le 21 octobre. La question de la ratification du nouvel ALENA allait inévitablement lui revenir en visitant le Sud-Ouest ontarien, où se trouve une majorité de travailleurs du secteur automobile.

Le chef libéral Justin Trudeau y est lui aussi passé peu après le déclenchement de la campagne électorale, en mettant de l’avant les protections supplémentaires pour ces travailleurs prévues dans l’ACEUM. De retour dans la région en début de semaine, il avait alors brandi la menace que représentent les autres partis quant à l'avenir de cet accord.

Changement de ton

Pressé de donner une réponse claire sur sa position, Andrew Scheer n’a pas voulu s’engager à ratifier l’accord qu’il a dénoncé à plus d’une occasion, un échec de Justin Trudeau, selon lui.

C’est ce qu’il en est pour le moment, a-t-il ajouté. Mais je vais travailler dur, comme les conservateurs l’ont fait dans le passé, sur des enjeux spécifiques, comme la levée des restrictions sur l’exportation du lait à d’autres pays que les États-Unis.

Pourtant, à la même question, il avait été sans équivoque. C'est essentiel d’avoir la certitude pour l'économie, alors nous allons ratifier, s’était-il engagé à faire lors d’un débat diffusé au réseau TVA au début du mois d’octobre.

À Essex, Andrew Scheer s’est toutefois engagé à maintenir une économie stable au Canada et à surveiller les développements aux États-Unis.

L'ACEUM n’a été ratifié que par le Mexique. Le Canada comptait pour sa part lier son échéancier de ratification à celui du Congrès américain.

Notre dossier Élections Canada 2019

« Scheer induit les Canadiens en erreur »

Peu après le point de presse du chef conservateur, les libéraux ont réagi à ses attaques par voie de communiqué.

Andrew Scheer a de nouveau induit les Canadiens en erreur, peut-on lire dans ce communiqué libéral qui conteste l’expression capituler utilisée par Andrew Scheer.

Le gouvernement libéral s'est battu bec et ongles pour protéger les emplois canadiens. Nous avions dit que nous obtiendrions un bon accord, et c'est exactement ce que nous avons obtenu, s’y défend Chrystia Freeland, qui a mené le dossier.

Le Parti libéral dresse ensuite une liste de moments où les conservateurs ont à leur tour cédé devant les États-Unis.

Les conservateurs nous ont constamment incités à céder devant les Américains en laissant tomber les tarifs douaniers de représailles sur les importations d’acier et d’aluminium. Si nous avions suivi le conseil des conservateurs, les tarifs douaniers des États-Unis seraient toujours en place, donne-t-il pour exemple.

Le NPD promet une renégociation

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a ouvertement affirmé en campagne électorale qu'il avait l'intention de rouvrir l’ACEUM s’il était élu à la tête du gouvernement. Il avait déclaré sans détour à Radio-Canada qu'il ne ratifierait pas l'ACEUM. Non, parce que je pense que c’est un accord qui est mauvais, avait-il répondu.

Jagmeet Singh estime que l’accord n’est pas bénéfique aux Canadiens parce qu’il y manque de réelles protections pour l’environnement et les droits des travailleurs, qu'il crée une nouvelle brèche dans le système de gestion de l’offre et qu’il fera augmenter le prix des médicaments.

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