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Cannabis : plus de points de vente en Alberta qu'ailleurs au Canada

Plan serré de produits du cannabis en vente en Alberta.

Dans les six premiers mois de la légalisation, l’Alberta a fait des gains de 30 millions de dollars en recettes fiscales sur la vente des produits du cannabis, soit 4 millions de dollars de plus que ce qui était prévu.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’Alberta compte plus de points de vente de cannabis que toutes les autres provinces et territoires combinés. La légalisation de la substance, l’an dernier, représentait une nouvelle source de revenus que le gouvernement albertain ne s’est pas privé d'exploiter.

Le jour de la légalisation, il y avait déjà 300 produits différents offerts sur les tablettes albertaines. Un an plus tard, l’Alberta avait distribué 303 permis de vente de cannabis, plus du triple qu’en Ontario, une province pourtant beaucoup plus populeuse.

L’Alberta n’est pas la championne de la consommation du cannabis pour autant. Selon les derniers chiffres de Statistique Canada, ce titre revient plutôt à la Nouvelle-Écosse, où près d’une personne sur quatre a vécu un état d'euphorie (high) dans les trois derniers mois; c’est une personne sur cinq en Alberta.

L’étendue de ce réseau de vente en Alberta repose plutôt sur un processus d’octroi de permis moins restrictif qu’ailleurs au Canada, couplé avec un modèle de distribution inspiré de celui de l’alcool. Dans la province, les détaillants doivent passer leur commande non pas aux producteurs, mais directement au gouvernement. Une agence provinciale, la Commission des jeux du hasard, de l'alcool et du cannabis (AGLC), détient un monopole dans l’approvisionnement en cannabis et l’achemine ensuite aux vendeurs.

Les chiffres des ventes de cannabis seront publiés le mois prochain par l'AGLC, mais certains indices montrent déjà que cette stratégie porte ses fruits pour le gouvernement. Dans les 6 premiers mois de la légalisation, l’Alberta a fait des gains de 30 millions de dollars en recettes fiscales sur des produits du cannabis, soit 4 millions de plus que ce qui était prévu. L'AGLC, qui anticipait l’an dernier un déficit de 43 millions de dollars pour ses activités reliées au cannabis, affirme que celui n’aura finalement été que de 33 millions de dollars.

La consommation du cannabis est-elle plus courante qu’avant la légalisation?

À l’échelle nationale, les coups de sonde de Statistique Canada suggèrent que les jeunes de 15 à 24 ans sont moins nombreux à consommer du cannabis depuis sa légalisation. C’était l’objectif de la loi. Les mêmes recherches montrent toutefois que, pendant la même période, les Canadiens plus vieux ont connu un regain d’intérêt pour la substance euphorisante.

Les affaires vont bien, lance Jayne Kent, propriétaire d’une succursale du détaillant Spirit Leaf. Nous avons eu des problèmes d’approvisionnement au début, mais ça se résorbe et, maintenant, nous pouvons offrir des produits ciblés pour chaque groupe démographique et pour chaque budget. Ses clients l’interrogent de plus en plus souvent sur les produits comestibles, dont la mise en vente est imminente.

La légalisation pour moi, ce n’est pas uniquement rendre la possession plus facile. C’est contribuer à la société, créer des emplois, payer des taxes.

Jayne Kent, propriétaire d'une succursale de Spirit Leaf

Le système de santé a-t-il dû s’adapter?

Le traitement des troubles de santé liés à la consommation de cannabis n’a rien de nouveau. La légalisation a toutefois poussé Services de santé Alberta (AHS) à offrir de la formation supplémentaire au personnel soignant et à préparer des ressources informatives pour la population.

Sur le terrain, AHS a noté quelques changements depuis la légalisation. Le nombre de visites à l’urgence pour des psychoses induites par le cannabis a augmenté de 11 %. Les Albertains sont aussi de moins en moins nombreux à se rendre dans un centre de désintoxication pour des problèmes reliés au cannabis.

Dans les 9 mois précédant la légalisation, 2120 Albertains se sont inscrits dans de tels centres. Dans les 9 mois qui ont suivi la légalisation, ce nombre a fondu à 1645. Pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le total des nouvelles inscriptions est passé de 659, avant, à 556, après.

À quelques exceptions près, l’impact global de la légalisation du cannabis sur la communauté a été plus faible que prévu, conclut la Commission de police d’Edmonton dans un rapport déposé mercredi au conseil municipal. Les arrestations pour conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis ont augmenté, mais ce n’est pas ce qui préoccupe le plus la police, de son aveu même. Car, si l’Alberta est la championne d’une drogue, c’est plutôt la méthamphétamine, comme le démontre la crise des opioïdes qui fait toujours rage.

Alberta

Cannabis