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Les personnes handicapées presque invisibles dans la campagne électorale

Une femme avec un béret sur la tête debout enlacé avec son fils de 31 ans.

Rachelle Rasolofo-Czerwinski explique que, pour pouvoir s’occuper de son fils lourdement handicapé, elle n’a jamais pu travailler à plein temps.

Photo : Rachelle Rasolofo-Czerwinski

Saïda Ouchaou

Les Canadiens ayant un handicap ont du mal à se faire entendre pendant cette campagne électorale. Pourtant, un Canadien sur cinq de 15 ans et plus vit avec au moins une incapacité, soit plus de six millions de personnes, selon les données de Statistique Canada de 2017.

La campagne électorale est donc l’occasion pour les organismes porte-parole d’attirer l’attention sur les questions qui sont propres à cette partie de la population.

Ces organismes ont pour la plupart préparé des documents de contenant des demandes pour aider les personnes handicapées et leurs alliés à prendre contact avec les candidats et les sensibiliser à leurs situations. 

Les plateformes électorales ont toutes un petit quelque chose qui touche au handicap, mais c’est resté un grand absent des débats.

Krista Carr, vice-présidente à la direction, Association canadienne pour l’intégration communautaire

L'Association canadienne pour l'intégration communautaire (ACIC) aide ainsi les personnes ayant une déficience intellectuelle et leur famille en militant pour une meilleure inclusion dans la société.

La porte-parole de l'association, Krista Carr, travaille dans ce domaine depuis plus de 23 ans. Elle voit de nombreuses familles s’épuiser à aider un proche avec une déficience intellectuelle.

L’ACIC souhaite que le prochain gouvernement mette en place un plan d’action nationale pour les personnes handicapées qui permettra, entre autres, de faire respecter le droit au logement locatif inclusif, de lutter contre la pauvreté en misant sur l’emploi et la sécurité économique et de favoriser la santé et le bien-être sans discrimination.

Une femme en fauteuil roulant s'arrête devant un escalier.

L'accessibilité reste un problème important pour les personnes handicapées.

Photo : iStock

Mon fils, c’est un grand bébé

Rachelle Rasolofo-Czerwinski habite à Vancouver. Son fils Nicholas est maintenant âgé de 31 ans et ne vit plus chez ses parents, mais il dépend d’une aide 24 heures sur 24, car il ne peut pas prendre soin de lui-même ni s’exprimer verbalement. Sa mère déplore le poids économique porté par les familles qui sont obligées d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur proche souffrant d'un handicap. 

Le fédéral doit jouer un rôle, car des parents qui doivent s’arrêter de travailler, c’est aussi un gros manque à gagner pour la société qui se prive de ces professionnels, estime-t-elle.

La mère de famille avoue qu'elle ne veut pas trop penser à l’avenir de son fils, mais qu'elle se fait du souci.

J’essaie de garder l’équilibre mental et physique pour m’occuper de lui le plus possible. Je sais que nous, les membres de la famille, nous devrons toujours un peu s’en occuper et ne pas le laisser entièrement entre les mains de personnel soignant.

Rachelle Rasolofo-Czerwinski, mère d'un enfant ayant un handicap

Rachelle Rasolofo-Czerwinski insiste sur l’aide que le gouvernement doit apporter aux familles pour qu’elles puissent rester connectées avec leur proche vivant avec un handicap.

Créer plus d’inclusion

Selon la présidente du Conseil des Canadiens avec déficiences, Jewelles Smith, de nombreuses améliorations sont nécessaires pour soutenir les personnes ayant un handicap au quotidien. L’accès à chaque ressource et type d’aide nécessite des heures à remplir des formulaires avec des informations pourtant fournies dans de nombreux cas depuis la petite enfance ou les mêmes dossiers à renouveler tous les deux ou trois ans.

Mme Smith attend beaucoup du prochain gouvernement en ce qui concerne la mise en œuvre de la toute nouvelle Loi canadienne sur l’accessibilité, adoptée en juin dernier qui prévoit entre autres, 5000 emplois pour cette tranche de la population.

De nombreux organismes de défense des droits des personnes ayant un handicap ont travaillé dans l’élaboration de cette loi. Pour la Dre Mary Ann McColl, experte universitaire et porte-parole de l’Alliance canadienne concernant les politiques liées au handicap, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que l’attitude des gens change. On ne peut pas légiférer pour modifier les comportements envers les personnes handicapées, ajoute-t-elle. 

La Dre McColl souligne par contre que chaque occasion de faire entendre la voix des personnes ayant un handicap est une bonne chose, que ce soit durant la campagne électorale ou le reste de l’année. 

Colombie-Britannique et Yukon

Santé physique et mentale