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Violence envers les femmes : quand la fiction rejoint la réalité

Montage de la photo annonçant la télésérie « Le monstre » à Radio-Canada.

La série télévisée « Le monstre » a fait prendre conscience à des femmes qu'elles étaient victimes de violence, selon des intervenantes (archives).

Radio-Canada

Qui aurait pu prédire qu’une télésérie de fiction comme Le monstre pouvait faire augmenter le nombre de femmes victimes de violence cherchant de l’aide? C’est ce qu’a constaté la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées, située dans le secteur de Buckingham, à Gatineau.

Depuis le début de la diffusion à Radio-Canada, beaucoup plus de femmes appellent l’organisme. La même tendance avait été remarquée lors de la parution du livre d’Ingrid Falaise avant qu'il soit porté au petit écran.

Beaucoup de femmes nous appelaient, qui sortaient de la violence, qui disaient que c’était cette histoire qui leur avait permis de voir qu’elles vivaient de la violence et qui leur a donné le courage de quitter leur conjoint, témoigne la directrice générale de la maison d'hébergement Annick Brazeau.

L’épisode permet vraiment de mettre des mots sur ce que les femmes vivent.

Annick Brazeau, directrice générale, Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées

Des femmes victimes de violence conjugale prennent conscience de leur situation en regardant les épisodes. La télésérie montre différentes facettes de la violence conjugale, pas juste la violence physique – il y a la violence économique, sexuelle, psychologique et verbale, précise Mme Brazeau, en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

Quelques chiffres :

  • Il y a sept maisons d’hébergement en Outaouais, permettant d’accueillir 69 femmes et enfants. En 2018, ces centres ont hébergé 460 femmes et 320 enfants.
  • À cela s’ajoutent des services externes offerts à 5700 femmes et 820 enfants.
  • Les centres ont dû refuser l’an dernier de l’hébergement à 2000 femmes et à 1000 enfants.

Source : Annick Brazeau

Demandes à la hausse et manque de places

Cette augmentation de la demande n’est pas uniquement liée à la série Le monstre. Annick Brazeau confirme qu'il y a une hausse depuis plusieurs années. L’Outaouais est la troisième région au Québec où il y a le plus de cas de dénonciation de violence conjugale, précise la directrice.

Elle estime que la sensibilisation de la population a porté fruit. Les femmes n’attendent plus de se rendre nécessairement à la violence physique. Elles vont quitter [leur conjoint] dès qu’elles le détectent. Ça montre que notre travail est bien fait, note Mme Brazeau.

Mme Brazeau répond aux questions à la maison d'hébergement.

Annick Brazeau, directrice générale, de la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées.

Photo : Radio-Canada

Les centres d’hébergement doivent également composer avec un manque généralisé de logements en Outaouais, en plus de ressources limitées pour certaines problématiques sociales, comme l’aide aux femmes itinérantes.

Devant cette situation, l’organisme a effectué des démarches auprès du ministère de la Santé pour obtenir deux maisons d’hébergement de plus en Outaouais – et trouver d’ici là des solutions pour héberger les femmes victimes de violence.

Ne pas hésiter à demander de l’aide

Malgré ces contraintes, Annick Brazeau demande aux femmes qui ont besoin d’aide de communiquer avec un centre d’hébergement. C’est super important. On peut offrir d’autres services, précise-t-elle. Il y a les services externes pour les femmes et les enfants. On peut parler au téléphone et il peut y avoir des rencontres.

Si la femme a besoin d’hébergement pour sa sécurité et qu’on n'a pas de place ici, on trouve une solution.

Annick Brazeau, directrice générale, Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées

Des centres à l’extérieur de l’Outaouais peuvent accueillir temporairement les femmes jusqu’à ce qu’une place se libère dans la région. La famille ou les proches peuvent aussi être une option, en fonction des cas.

On regarde avec elles des scénarios de protection. Il y a des mesures qu’on peut mettre en place en attendant d’avoir d’autres maisons d’hébergement dans la région, mentionne Mme Brazeau.

Pour trouver de l’aide : SOS violence conjugale 1 800 363-9010 (au Québec) ou à frais virés ailleurs au Canada au (514) 873-9010, 24 h sur 24, 7 jours sur 7.

Par courriel : sos@sosviolenceconjugale.ca (délai possible de 48 heures).

Avec les informations de Mathieu Nadon

Ottawa-Gatineau

Soins et traitements