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Barack Obama appuie Justin Trudeau

« J’espère que nos voisins au nord vont l’appuyer », a déclaré l'ex-président américain sur Twitter.

Justin Trudeau et Barack Obama marchent côte à côte.

Justin Trudeau et Barack Obama, lors de la visite de ce dernier à Ottawa, le 29 juin 2016.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

À cinq jours du scrutin fédéral, l’ex-président américain Barack Obama a offert son appui au chef libéral Justin Trudeau.

Je suis fier d’avoir travaillé avec Justin Trudeau en tant que président, a-t-il écrit dans un tweet publié vers 14 h, heure avancée de l'Est (HAE), mercredi.

C’est un leader travaillant, efficace, qui s’attaque à des enjeux importants comme les changements climatiques, a-t-il ajouté.

Le monde a besoin d’un leadership progressiste actuellement, et j’espère que nos voisins au nord vont l’appuyer pour un autre mandat.

Barack Obama, ex-président des États-Unis

Il s'agit d'un appui plutôt inhabituel pour un ex-leader étranger. Selon le Washington Post, il ne s’agit toutefois pas de la première sortie du genre de Barack Obama. Il a soutenu la candidature d’Emmanuel Macron en France, dans une vidéo enregistrée en 2017. Il avait aussi encouragé la chancelière allemande Angela Merkel en 2016.

Justin Trudeau n'a pas mis de temps à saluer cet appui de taille. Merci mon ami. Nous travaillons très fort pour que les choses continuent à progresser, a-t-il souligné.

Le Parti libéral avait auparavant republié une photo de MM. Trudeau et Obama partageant une bière dans une brasserie d'Ottawa, en juin dernier.

Le message de Barack Obama a également été inséré dans un courriel de collecte de fonds du parti, envoyé directement à des donateurs potentiels moins d'une heure après la sorte de l'ex-président américain.

Voici ce que Barack Obama avait à dire cet après-midi, peut-on lire dans la note qui introduit le message.

Scheer ne s'en formalise pas

De passage à Ancaster, en Ontario, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a semblé réagir à l'appui de Barack Obama à Justin Trudeau par un haussement d'épaules. J'ai des millions de Canadiens qui m'appuient, je ne me préoccupe pas de l'opinion d'anciens leaders étrangers, a-t-il lancé.

Cette intervention constitue-t-elle une forme d'ingérence étrangère?, a-t-on demandé à M. Scheer. Ce sera aux Canadiens d'en juger lundi, a-t-il répondu.

Ian Brodie, ex-chef de cabinet de Stephen Harper, a été plus incisif sur Twitter : J'attends une réponse de l'équipe de réaction rapide du gouvernement fédéral sur l'ingérence étrangère...

Même s’il a « beaucoup de respect » pour Barack Obama, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, n’est pas d’accord avec son choix de candidat.

Je crois qu’il se trompe, parce que M. Trudeau a vraiment laissé tomber les gens et a choisi constamment d’aider les puissants et les riches plutôt que les Canadiens, a-t-il estimé.

M. Singh a lui-même reçu l’appui du chef de cabinet de la représentante américaine Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), Dan Riffle, ce qu’il trouve « assez cool ». Les politiques qu’ils prônent ressemblent aux nôtres. Nous proposons un New Deal pour les gens. AOC a proposé un New Deal vert, alors nous avons cela en commun. Je suis honoré d’avoir le soutien de son chef de cabinet, a dit le chef du NPD.

La chef du Parti vert, Elizabeth May, s’est dite étonnée de voir un ex-président américain se mêler de politique canadienne. Évidemment, on se souvient de la bromance [amitié virile], alors il y a cela, mais je crois qu'il est important que ce soit les Canadiens qui décident qui formera le gouvernement, a-t-elle déclaré à Victoria.

Blanchet aimerait expliquer le Québec à Obama

Le fait que les deux hommes se connaissent explique cet appui de l'ex-président américain à un ami, a analysé pour sa part le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui a précisé qu'il avait lui-même de l'admiration pour Barack Obama.

Je suis un peu envieux, parce que j’aimerais ça, être capable d’expliquer à M. Obama ce qu’est une certaine réalité du Québec. [...] Je n’ai pas moins de respect pour M. Obama parce qu’il vole au secours de son ami, c’est un geste de loyauté, a dit M. Blanchet.

Au Québec, le député caquiste Christopher Skeete s’est permis de répondre à M. Obama sur Twitter : Cher @BarackObama, tout comme l’élection américaine de 2016 n’aurait dû être que le choix des Américains, j’apprécierais que ces élections canadiennes ne soient que le choix des Canadiens. En tout respect, cessez d’appuyer sur la balance, s’il vous plaît.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ont pris toutes les formes, certaines personnes se réjouissant de ce soutien de l'ancien président des États-Unis, tandis que d'autres l'accusent d'« ingérence » dans des élections canadiennes (bien que la notion d'ingérence étrangère concerne habituellement davantage des forces qui s'activent en secret). D'autres, encore, ont republié les images de Justin Trudeau en blackface qui ont récemment fait surface.

Les deux hommes s’étaient trouvé des atomes crochus dès leurs premiers échanges, après l’accession au pouvoir des libéraux à Ottawa, en octobre 2015.

Une visite officielle du couple Trudeau à Washington avait à certains moments pris des allures de prestige, en mars 2016. Votre élection et vos premiers mois en fonction ont amené une nouvelle énergie et un nouveau dynamisme, non seulement pour le Canada, mais pour la relation entre nos deux pays, avait alors déclaré Barack Obama.

Ils se sont rencontrés à quelques occasions, même après que M. Obama eut quitté la Maison-Blanche, en janvier 2017.

Notre dossier Élections Canada 2019

Justin Trudeau a aussi reçu sur Twitter l’appui de Bruce Heyman, ex-ambassadeur des États-Unis au Canada, qui a souligné le « dévouement » et l’« efficacité » du chef libéral. Le Canada a été très bien servi avec [Justin Trudeau] en tant que premier ministre, a-t-il écrit.

L'ère Donald Trump

La relation de Justin Trudeau avec le successeur de Barack Obama est toutefois beaucoup plus tendue.

Donald Trump avait notamment exprimé sa colère à l'égard de M. Trudeau sur Twitter au terme du sommet du G7 de La Malbaie, en juin 2018.

À bord d'Air Force One, le président Trump avait écrit : En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos entreprises, agriculteurs et travailleurs américains, j'ai demandé à nos représentants de retirer le soutien au communiqué [du G7], pendant que nous envisageons des droits douaniers sur les automobiles qui inondent le marché américain!

Peu avant, Justin Trudeau avait raconté, en conférence de presse, avoir dit à son homologue que les droits douaniers américains étaient plutôt insultants et que le Canada pourrait imposer des droits à son tour en représailles à ceux imposés injustement par les Américains. Il avait ajouté : Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer.

La réaction de Donald Trump avait laissé le chef libéral stupéfait.

Avec les informations de La Presse canadienne

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