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Maroc : le roi gracie une journaliste emprisonnée pour avortement illégal

Des gens brandissent des affiches avec l'image de Hajar Raissouni.

Des militants marocains manifestent contre l'emprisonnement de la journaliste Hajar Raissouni, le 9 septembre dernier. Celle-ci a été condamnée à la prison pour avoir eu des relations sexuelles en dehors du mariage et subi un avortement illégal.

Photo : Reuters / Youssef Boudlal

Agence France-Presse

Le roi du Maroc a gracié la journaliste Hajar Raissouni, récemment condamnée à un an de prison pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage », a annoncé mercredi le ministère de la Justice dans un communiqué.

La grâce concerne la jeune femme de 28 ans et son fiancé, ainsi que l'équipe médicale arrêtée en même temps qu'eux, selon la même source.

La journaliste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum sera libérée dans les prochaines heures, en même temps que son fiancé et que le gynécologue qui avaient été condamnés avec elle, a indiqué une source gouvernementale à l'Agence France-Presse.

« La compassion  »

Cette décision a été motivée par la compassion et le souci du roi de préserver l'avenir des deux fiancés qui comptaient fonder une famille conformément aux préceptes religieux et à la loi, malgré l'erreur qu'ils auraient commise, précise le ministère de la Justice dans le communiqué.

Le roi a pris sa décision sans entrer dans le débat souverain que les citoyens marocains mènent sur l'évolution de leur société et dans lequel se sont invités, de façon regrettable, certains étrangers, intellectuels, médias et ONG [organisations non gouvernementales] , a tenu à souligner la source gouvernementale.

Après son arrestation, la journaliste a dénoncé un procès politique, assurant depuis le début avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue a confirmé devant le tribunal de Rabat.

Lors du procès, le fiancé de la journaliste avait été condamné comme elle à un an de prison. Le médecin avait écopé de deux ans fermes, tandis qu'un anesthésiste et une secrétaire avaient eu respectivement un an et huit mois de prison avec sursis.

Ces condamnations avaient suscité des réactions indignées sur les réseaux sociaux et dans certains médias au Maroc comme à l'étranger, avec des critiques très virulentes sur l'état des libertés individuelles dans le royaume de la part des féministes et des défenseurs des droits de la personne.

Un collectif auteur d'un manifeste de hors-la-loi signé par 10 000 personnes a demandé cette semaine au parquet marocain de suspendre l'application de lois liberticides punissant de prison les relations sexuelles hors mariage, l'adultère et l'avortement.

Démarche sans précédent au Maroc, les signataires du manifeste des hors-la-loi proclament avoir déjà violé les lois obsolètes de leur pays sur les mœurs et l'avortement.

Plusieurs ONG de défense des droits de la personne ont appelé les législateurs à dépénaliser entre autres les relations sexuelles entre majeurs consentants, l'avortement, l'homosexualité et la rupture du jeûne pendant le mois de ramadan, actuellement passibles de prison.

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