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Langues officielles : les engagements des partis déçoivent la FCFA

Les chefs des six principaux partis politiques au Canada.

Les chefs des six principaux partis politiques au Canada

Photo : Radio-Canada

Chloé Dioré de Périgny

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a publié, mardi, les engagements des partis politiques quant aux droits des minorités linguistiques. Si les principaux partis s’engagent à moderniser la Loi sur les langues officielles, le président de la Fédération, Jean Johnson, déplore leur manque d’engagement sur des mesures concrètes.

Parmi les 11 mesures listées par la FCFA, certaines, comme la création d’un tribunal administratif pour la Loi sur les langues officielles, sont loin de faire l'unanimité chez les partis politiques qui ont répondu au questionnaire de l'organisme.

Est-ce qu’on est déçu? Absolument, dit Jean Johnson.

Ainsi, seuls le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois se sont engagés à rendre obligatoire le bilinguisme des juges à la Cour suprême, une mesure clé de la modernisation de la Loi.

On se fait reprocher de ne pas prendre en compte la volonté des libéraux de nommer des juges bilingues, mais pour nous, ce n’est pas assez, affirme le président de la FCFA. On veut que ce soit enchâssé dans la loi, sinon, quand il y a un nouveau gouvernement, on repart à zéro.

Si les libéraux et le Bloc québécois s'engagent à renforcer les pouvoirs du commissaire aux langues officielles, aucun des partis ne veut intégrer des clauses linguistiques contraignantes dans les ententes qui transfèrent des fonds du fédéral aux provinces et territoires.

On reprend le même langage qu’en 2015, renchérit la politologue du Collège militaire royal du Canada Stéphanie Chouinard. On s’engage à nommer des juges bilingues, mais on ne s'engage pas à adopter des modifications législatives pour que le bilinguisme devienne obligatoire. C’est surprenant [de la part des libéraux] et décevant.

La professeure en sciences politiques est également déçue que les libéraux ne s'engagent pas à consulter les francophones en situation minoritaire sur les décisions qui les touchent.

Mais il y a un engagement conservateur à cet égard-là. Ça m’a surprise parce que le parti prône un désengagement du gouvernement fédéral dans les enjeux provinciaux, dit-elle.

Selon la politologue, c’est le parti d’Andrew Scheer qui a fait les promesses les plus concrètes. Elle mentionne toutefois un bémol dans la plateforme conservatrice, qui prévoit des compressions en ce qui concerne le financement.

On peut faire des promesses sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles, mais si le budget du commissariat aux langues officielles est charcuté, on se retrouve face à un autre problème.

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada

Le Parti populaire de Maxime Bernier n’appuie aucune des demandes de la FCFA, ce qui n’est pas surprenant, pour la politologue.

De leur côté, les verts s’engagent à moderniser la Loi sur les langues officielles dès l'année prochaine, ce qu’elle estime être peu réalisable.

Un « succès relatif »

Stéphanie Chouinard souligne que le tableau des engagements des partis préparé par la FCFA reflète leur manque d’engagement au sujet de la question des minorités linguistiques. Cet aspect avait déjà été soulevé par les francophones, lors du dernier débat des chefs.

On n'a eu droit qu’à des commentaires de surface. On ne sentait pas que les chefs portaient une attention particulière à ce dossier-là [...] C’est le cas chez tous les partis.

Le stagiaire postdoctoral à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Martin Normand, considère lui aussi qu’aucun parti ne se démarque sur ses engagements dans ce dossier linguistique.

Il croit toutefois qu’il faut se réjouir du succès relatif des efforts menés par les organismes comme la FCFA au cours de la campagne électorale.

On peut trouver ça mince comme propositions, mais ça apparaît comme étant mieux que d’autres années, souligne-t-il.

Les Canadiens iront aux urnes le 21 octobre.

Avec les informations de Gavin Boutroy

Manitoba

Élections fédérales