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Haïti : craintes et inquiétudes de la diaspora face à la crise

Des manifestants dans une rue de Port-au-Prince à Haïti.

À la fin de septembre, des manifestants ont à nouveau envahi les rues de Port-au-Prince pour exiger la démission du président Jovenel Moïse.

Photo : Associated Press / Rebecca Blackwell

Francesca Mérentié

Des membres de la communauté haïtienne sont inquiets en raison des tensions actuelles dans leur pays d'origine. Ils craignent pour la sécurité de leur famille et de leurs amis en Haïti. Certains cessent d’envoyer de l’aide financière afin d’éviter que leurs proches ne soient la cible de voleurs ou encore remettent à plus tard des projets d'aide humanitaire.

Darline Davilus, de Barrie en Ontario, évoque le spectre d’une guerre civile en Haïti : Chaque fois que je reçois des appels, je crains les mauvaises nouvelles. Ça fait peur. C’est la criminalité qui prend place. Je me sens concernée. J’ai de la peine.

Portrait de Darline Davilus, qui sourit et qui porte à son cou un médaille à l'effigie du drapeau haïtien.

Darline Davilus a peur que la situation tourne à la guerre civile.

Photo : Avec l’autorisation de Darline Davilus

Mme Davilus ignore si elle pourra visiter sa famille en Haïti l’an prochain.

On voulait emmener les enfants l’été prochain, mais on croit que ce mouvement ne va pas s’arrêter bientôt.

Darline Davilus

De son côté, Gérard Étienne d’Ottawa, vice-président apprentissage à l'Institut sur la gouvernance, est inquiet pour une tante très âgée qui devait venir passer du temps avec ses proches au Canada.

Photo de Gérard Étienne, vice-président apprentissage de l'Institut de la gouvernance, qui sourit à l'objectif de la caméra.

Gérard Étienne s'inquiète pour une tante âgée qui n'est pas très mobile.

Photo : Courtoisie : Gérard Étienne

Ses déplacements sont extrêmement limités sachant que dans plusieurs rues, il y a des barricades, des gens qui protestent. Ça hausse notre taux de pression sachant qu’on ne peut même pas lui envoyer de l’aide financière ou autre.

Les gens peuvent être ciblés par des voleurs lorsqu’ils vont chercher de l'argent dans des bureaux de transfert, croit Gérard Étienne.

Difficulté d’envoyer de l’aide

M. Étienne pensait pouvoir jumeler des hôpitaux d'Ottawa et d'Haïti pour venir en aide aux démunis, mais, selon lui, Haïti n’est pas prêt à recevoir ce soutien dans le contexte actuel.

De même, Antoine Dérose, président sortant de l’organisme Pierspective entraide humanitaire, devait se rendre en Haïti pour terminer la construction d’une école et organiser une formation pour les enseignants de l’établissement. Il a dû repousser ses plans en espérant que la situation se calme. La situation semble empirer, déplore-t-il.

Des élèves de l'école élémentaire Saint-Paul, en rang sur le site de l'établissement en construction, accompagnés de M. Antoine Dérose et du corps enseignant. En arrière plan, les montagnes déboisés d'Haïti.

Des élèves et enseignants de l'École élémentaire Saint-Paul, accompagnés de M. Dérose, au chantier de construction.

Photo : Courtoisie : Pierspective entraide humanitaire

Rôle du Canada

Les élections fédérales au Canada accaparent l’attention du public, ce qui laisse peu de place aux problèmes en Haïti, selon Gérard Étienne.

Une de mes grandes tristesses c’est que le Canada a toujours prêté main-forte à Haïti en général et actuellement, les élections sont le focus.

Gérard Étienne

Il se dit aussi attristé d’entendre les déclarations du chef conservateur Andrew Scheer et d’autres candidats en ce qui concerne les réfugiés qui arrivent au Québec.

C’est un problème aussi pour les Haïtiens, dit-il, car la majorité des réfugiés qui se sont présentés au Québec étaient des Haïtiens qui étaient aux États-Unis, particulièrement en Floride.

Antoine Dérose souhaite que le gouvernement canadien prenne une position un peu plus ferme à l’endroit du gouvernement haïtien.

Il faut débloquer la situation parce que le président n’a démontré aucune velléité, aucune volonté de partir et il ne le fera pas sans qu’on lui demande de le faire, dit-il.

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