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La Ville de Montréal doit réparer d’urgence sa principale conduite d’eau potable

Un camion d'entretien de la Ville de Montréal chargé de cônes orange.

La Ville de Montréal veut entamer d'urgence des travaux d'entretien sur la conduite principale servant à acheminer de l'eau potable à environ 1,2 million de citoyens de l'île.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Stéphane Bordeleau

L'énorme tuyau souterrain qui alimente plus de 1,2 million de Montréalais en eau potable est à ce point endommagé que la Ville doit recourir à une procédure exceptionnelle d'octroi de contrat afin de permettre le début des travaux de réparation dès cette semaine.

Selon un document qui a été présenté mercredi après-midi au Conseil municipal pour adoption le jour même, des inspections du tuyau de 2,1 mètres de diamètre relié au réservoir d’eau McTavish ont révélé d’importants dommages répartis sur un tronçon de 900 mètres situé le long de l’autoroute Ville-Marie, entre l’avenue Atwater et la rue Guy,.

Cinq tuyaux de 2,1 mètres sont aussi à réparer à l’intersection des rues Saint-Jacques et de la Cathédrale, précise le document produit par la division Infrastructures réseau principal de la Ville de Montréal.

Les dommages constatés en juillet dans la conduite principale le long de l’autoroute Ville-Marie sont à ce point importants que la Ville a dû la condamner complètement le 7 octobre dernier, en raison de risques d’inondation majeure dans le quartier de la Petite-Bourgogne, sur l’autoroute Ville-Marie et aussi sur la ligne de métro orange, qui passe sous la conduite.

Quand elle a un problème, cette conduite-là, ce n’est pas juste une fuite : c’est une explosion, et il y a des déversements massifs d’eau qui peuvent se faire. On a déjà connu ça sur Pie-IX dans le passé et c’était une plus petite conduite.

Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures de l’eau à la Ville de Montréal

Au moins 40 % des tuyaux qui composent la conduite sont endommagés ou à changer, selon les inspections effectuées.

L’approvisionnement en eau potable est assuré en attendant par trois conduites secondaires de 1,2 mètre de diamètre, qui présentent elles aussi des risques de bris plus élevés à long terme en raison de leur sursollicitation, note le rapport.

Questionnée par les journalistes sur les répercussions du remplacement de cette conduite, la mairesse Valérie Plante s'est faite rassurante.

On a des conduites secondaires qui sont quand même grosses […], qui sont utilisées pour pouvoir faire les réparations sur la plus grosse conduite, a assuré la mairesse.

Tout est pensé en conséquence; on a un plan très, très sérieux, alors il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La seule urgence dans ce dossier, selon elle, est de profiter des mois qui viennent pour faire correctement ces travaux en prévision du printemps prochain, là où la consommation d’eau est la plus importante.

Il y a une urgence de profiter du moment pour s’assurer que cette conduite-là, qui est l’une des plus grosses à Montréal, soit bien fonctionnelle quand on va en avoir besoin.

Valérie Plante s'adresse aux journalistes.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, tient à rassurer les citoyens sur la sécurité de l'approvisionnement en eau potable de la Ville.

Photo : Radio-Canada

Eau potable et protection contre les incendies

Le spectre d'une rupture de l'approvisionnement en eau potable est aussi une source de préoccupation pour les pompiers, qui comptent sur le réseau d’aqueduc municipal pour éteindre les incendies.

Tout cela sans compter le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et les hôpitaux Maisonneuve-Rosemont, LaSalle et Sainte-Justine, qui sont aussi tous reliés à cette même source d'approvisionnement.

Bref, Montréal ne peut pas se permettre de priver 1,2 million de citoyens d'une protection contre les incendies et d’eau potable en cas de bris des conduites secondaires sur lesquelles repose actuellement l'approvisionnement.

C’est pourquoi les élus du conseil municipal ont été convoqués d’urgence, mercredi, pour approuver l’octroi d'un contrat de réparation des conduites endommagées le plus tôt possible.

Considérant la situation, l’administration municipale a demandé et obtenu la permission du gouvernement du Québec d’écourter considérablement le processus habituel de sollicitation et d’attribution des contrats.

Bien que le document que nous avons obtenu ne contienne aucune estimation du coût total des travaux, on sait que le contrat accordé mercredi et les éléments qui s'y rapportent totalisent une valeur de 25 millions de dollars­.

Des travaux jusqu'à l'été 2020

Le remplacement et la réparation d’un tronçon de près d’un kilomètre de long de tuyau de cette taille en plein centre-ville sera sans contredit un chantier majeur dans le secteur.

La grande profondeur de la conduite et la présence d’autres infrastructures qui se trouvent au-dessus compliquent également les travaux, précise le document de la Ville de Montréal.

Pour commencer, les ouvriers procéderont à l’installation d’une conduite souterraine de déviation de 75 centimètres de diamètre tout le long de la rue Saint-Antoine, entre l'avenue Atwater et la rue Guy.

Plusieurs fermetures de voies seront à prévoir de la fin de l'automne jusqu'à l'été dans le secteur où 900 mètres de tuyaux doivent être réparés ou remplacés. On sait déjà qu'une seule voie sur quatre demeurera ouverte sur la rue Saint-Antoine pour toute la durée des travaux, qui se dérouleront nuit et jour, sept jours par semaine.

Pour aucune raison on ne peut mettre à risque 1,2 million de Montréalais. Peu importe le coût sur la congestion, il faut absolument faire ces travaux-là.

Sylvain Ouellet, responsable des infrastructures de l’eau à la Ville de Montréal

Les travaux de réparation et de remplacement de la conduite principale de 2,1 mètres commenceront quant à eux au début décembre, après l’attribution du contrat prévu à cet effet.

Quant à la réparation des tuyaux endommagés sous l’intersection des rues Saint-Jacques et de la Cathédrale, les travaux doivent commencer dès cette semaine.

Tous ces travaux devront par ailleurs être achevés avant l’été prochain, période où la demande d’eau potable est à son maximum à Montréal.

Problèmes récurrents avec ce type de conduites

Il faut savoir que ce n'est pas la première fois que la Ville est aux prises avec des problèmes de détérioration accélérée de ce type de tuyaux en béton précontraint, connus sous l'appellation C-301.

Selon Sylvain Ouellet, la conduite principale, qui remonte à la construction de l'autoroute Ville-Marie, n'est pas si vieille et devait durer encore longtemps.

C'est un peu notre pont Champlain à nous. Ce type de conduites en béton précontraint a très mal vieilli au niveau du sel qui a peut-être migré à partir de l'autoroute Ville-Marie, on ne sait pas. [...] Ce type de conduits ne dure pas du tout l'espérance de vie qu'ils devaient avoir.

D'après le document que nous avons obtenu, les conduites de type C-301 étaient impliquées dans plusieurs ruptures importantes de conduites ces dernières années à Montréal, dont celle du boulevard Pie-IX en 2002, de la rue Saint-Jacques en 2009 ou encore sur le boulevard Décarie en 2012.

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