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Trudeau réclame des « Québécois forts » au gouvernement

Le chef libéral Justin Trudeau était entouré de plusieurs têtes d'affiche de son parti lors de la conférence de presse qui a lancé sa journée, mercredi, au Jardin botanique de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Justin Trudeau a entrepris ce qui pourrait être son ultime tournée électorale au Québec mercredi en martelant que les électeurs doivent envoyer des « Québécois forts au gouvernement, pas dans l’opposition » pour éviter un gouvernement conservateur. Une « campagne de peur », dénoncent ses adversaires.

Entouré de plusieurs têtes d’affiche du parti pour une conférence de presse au Jardin botanique de Montréal, M. Trudeau est demeuré fidèle au message qu’il envoie depuis le début de la campagne : il faut tout faire pour éviter qu'Andrew Scheer devienne premier ministre.

Comme il le fait depuis quelques jours, le chef libéral a tenté de fédérer les progressistes, en plaidant qu'ils doivent se rallier aux libéraux s'ils ne veulent pas que leurs idées soient défendues depuis les banquettes de l'opposition.

Les députés libéraux québécois ont représenté avec fierté les valeurs, les intérêts et les priorités des Québécois là où les décisions se prennent, a-t-il argué mercredi, à l'intention des électeurs tentés par le Bloc québécois.

Ensemble, on a fait avancer le Québec et le reste du pays. Quatre ans plus tard, j’ai besoin des Québécois forts pour continuer ce travail au gouvernement.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Si on veut se rendre à zéro émission nette [de gaz à effet de serre] d’ici 2050, on a besoin des Québécois en position de leadership à la table où sont prises les décisions, pas juste dans l’opposition, a-t-il ajouté.

Avant que M. Trudeau ne prenne la parole, trois ministres du gouvernement sortant – Diane Lebouthillier, Mélanie Joly et Jean-Yves Duclos – et le candidat vedette du parti, Steven Guilbault, sont venus rappeler tour à tour les thèmes de la campagne libérale.

Ils ont tous tenté d’alimenter la crainte d’un retour aux politiques prônées par l’ex-gouvernement Harper et décoché des flèches en direction du Bloc québécois.

On n’a pas besoin de Québécois à Ottawa pour lutter contre un gouvernement qui est d’accord avec les Québécois.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

On a besoin de gens comme Steven Guilbault au gouvernement. Steven s’est battu pour protéger l’île d’Anticosti, alors qu’un certain chef d’un autre parti permettait l’exploration pétrolière sur l’île, a ensuite déclaré M. Trudeau dans une attaque frontale contre Yves-François Blanchet.

Il a plus tard accusé les conservateurs de mener la campagne la plus sale, la plus négative, la plus pleine de désinformation qu’on ait jamais eue dans l’histoire du pays et de vouloir s’attaquer aux Canadiens qui veulent lutter contre les changements climatiques ou la pauvreté.

À cinq jours du vote, le chef libéral s'est rendu toute la journée dans des circonscriptions détenues par le NPD.

Il a fait campagne à Greenfield Park, Chambly, Saint-Hyacinthe et Drummondville en après-midi.

M. Trudeau se trouve en situation délicate au Québec, où la remontée du Bloc québécois dans les sondages semble compromettre la possibilité qu'il y remporte jusqu’à 15 sièges de plus, comme il le convoitait.

Accueilli par des manifestants

Des manifestants tenant des pancartes sont bloqués par des policiers.

Le chef libéral Justin Trudeau a été accueilli par des manifestants à son arrivée à Sherbrooke.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

L'aspirant premier ministre a terminé sa première de deux journées en sol québécois à Sherbrooke, où il a pris la parole devant ses partisans.

Une cinquantaine de militants pour le climat attendaient toutefois Justin Trudeau à son arrivée. Ils tenaient des pancartes le qualifiant notamment de criminel climatique.

Le chef libéral a salué les manifestants, des jeunes passionnés auxquels il a plus tard fait référence pendant son discours.

On est d’accord. Il faut qu’on en fasse plus, mais mettons les choses au clair : il n’y a aucun gouvernement qui a plus fait pour protéger l'environnement dans l’histoire de notre pays que notre gouvernement, a-t-il fait valoir.

Justin Trudeau a sinon poursuivi ses attaques à l'endroit du Bloc québécois.

Il y a une chose qui me frustre quand on écoute parler le Bloc québécois. On dirait qu’ils pensent qu’ils ont le monopole sur la fierté québécoise, mais je vais vous dire : ils ne l’ont pas!

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Une campagne de peur, dénoncent Blanchet et Singh

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a estimé que les propos tenus tout au long de la journée par Justin Trudeau s'inscrivent dans une campagne de peur qu'utilisent tous les partis pour tenter de dissuader les électeurs de voter pour lui.

Selon lui, les gens doivent plutôt se demander à qui ils font confiance en allant voter.

Les conservateurs disent que c’est horrible parce qu’un vote pour le Bloc va permettre à Justin Trudeau de reprendre le pouvoir, les libéraux disent que c’est horrible parce qu’un vote pour le Bloc québécois va permettre aux conservateurs de prendre le pouvoir, et le NPD dit c’est horrible parce qu’un vote pour le Bloc québécois va garder le NPD encore très loin du pouvoir, a-t-il résumé lors d'un point de presse à Candiac.

Le sentiment de peur, je pense qu’il ne marche plus, a-t-il ajouté. Une telle approche a souvent été utilisée dans le passé auprès des gens plus vulnérables, comme les aînés, a dit M. Blanchet. Mais les retraités, aujourd’hui, au Québec, c’est la génération qui a élu René Lévesque. Ce sont des gens qui ne sont plus sensibles aux arguments de la peur.

Il a aussi été appelé à réagir au passage de M. Trudeau dans la circonscription où il se présente, Belœil—Chambly. La tradition veut que les chefs des autres partis ne fassent pas campagne dans les circonscriptions convoitées par leurs adversaires.

M. Trudeau, c’est bien connu, ne s’enfarge pas dans les institutions et les traditions, a-t-il affirmé. Je lui souhaite la bienvenue dans Belœil—Chambly, a-t-il poursuivi, se qualifiant de poli et bien élevé.

Si je l’avais su avant, j'aurais invité M. Trudeau à prendre un café avec moi. Malheureusement, je n’ai pas été avisé avant, a-t-il enfin rigolé.

Yves-François Blanchet est le seul chef des principaux partis fédéraux à tenter de se faire élire pour la première fois dans sa circonscription. Le Bloc québécois est en bonne position face aux libéraux et aux néo-démocrates.

Le chef bloquiste n'a pas l'intention pour sa part de faire campagne dans Papineau, la circonscription montréalaise de Justin Trudeau. Il convient que le chef libéral a un territoire de campagne beaucoup plus vaste à couvrir, alors que lui se déplace uniquement au Québec.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui fait aussi campagne au Québec mercredi, a invité les électeurs à voter selon leurs convictions. Ne laissez pas la peur vous dicter votre vote et ne laissez pas M. Trudeau vous inciter à le faire, a-t-il rétorqué.

Depuis Essex, en Ontario, Andrew Scheer a pour sa part continué de brandir la perspective d'une coalition entre les néo-démocrates et les libéraux, que Jagmeet Singh a évoqué dimanche.

Les Canadiens savent que le choix est très clair entre une coalition NPD-libérale, où le NPD prend les décisions et Justin Trudeau est le porte-parole, a-t-il lancé. Cela entraînerait une hausse des impôts des Canadiens, des déficits gouvernementaux et de la dette, ce qui menacerait l'économie.

Andrew Scheer a dit être confiant que cette possibilité incite les Canadiens à élire un gouvernement conservateur majoritaire.

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