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Un groupe de défense dénonce les salaires « scandaleux » des dirigeants de Tarion

Un travailleur de la construction.

Tarion a rendu publique pour la première fois mardi dernier la rémunération de ses dirigeants et des membres de son conseil d'administration.

Photo : Associated Press / Gregory Bull

Radio-Canada

Un groupe de défense des droits des acheteurs de propriétés neuves de l'Ontario demande au gouvernement provincial de plafonner les salaires des dirigeants de Tarion, après que la société a révélé leur rémunération pour la première fois mardi dernier.

Tarion a été créé par le gouvernement provincial en 1976 pour fournir des garanties, créer des règles, réglementer les constructeurs et même régler les problèmes entre acheteurs et promoteurs.

C'est le seul fournisseur de garantie pour les maisons neuves en Ontario, et il est financé par des frais obligatoires qui sont rattachés au prix de chaque maison neuve construite dans la province.

C'est plutôt scandaleux.

Karen Somerville, avocate et présidente de Canadians for Properly Built Homes

Tarion n'a jamais divulgué les indemnités versées à ses dirigeants ou à son conseil d'administration parce qu'elle n'est pas considérée comme une société d'État. Mais le gouvernement provincial a ordonné que les salaires soient rendus publics dans le cadre d'une initiative plus vaste visant à remanier le programme de garantie des maisons neuves plus tôt cette année.

Le document nouvellement publié indique que le président et chef de la direction de Tarion, Howard Bogach, a gagné 681 616 $ en salaire de base en 2018, et 87 794 $ supplémentaires en allocation pour son automobile et en cotisations de retraite.

Au total, Tarion a versé plus de 4 millions de dollars en rémunération pour des cadres supérieurs l'an dernier. La société a également versé 520 000 $ à ses 16 membres du conseil d'administration, dont la moitié ont habituellement de l'expérience dans le secteur de la construction résidentielle.

Karen Somerville répond aux questions de la journaliste.

Karen Somerville a dit que les répercussions sur les familles peuvent être dévastatrices lorsque des défauts de construction majeurs sont découverts une fois la construction terminée.

Photo : Radio-Canada

C'est plutôt scandaleux, a déclaré Karen Somerville, présidente de Canadians for Properly Built Homes, un groupe de défense des consommateurs de maisons nouvellement construites.

Nous encourageons [la ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs, Lisa] Thompson et le premier ministre Ford à réfléchir sérieusement et à envisager de plafonner leurs salaires, comme ils l'ont fait dans le cas de Hydro One, a fait valoir Mme Somerville.

Plafonnement du salaire du chef de la direction d'Hydro One

L'an dernier, le gouvernement est intervenu pour plafonner le salaire de base du chef de la direction de Hydro One à 500 000 $, bien que des incitatifs puissent le faire grimper à 1,5 million $.

Un porte-parole de Tarion a déclaré qu'ils n'avaient pas accès au salaire de base de M. Bogach avant que les incitatifs ne soient ajoutés. 

Mme Somerville suggère que les progressistes-conservateurs envisagent un plafond semblable pour les dirigeants de Tarion, étant donné que Hydro One est une société beaucoup plus grande.

Nous attendons avec impatience de voir ce que le gouvernement Ford a à dire à ce sujet et comment il va justifier sa décision, a mentionné Mme Somerville.

Tarion est un programme obligatoire, bien que de nombreux propriétaires avec lesquels Mme Somerville fait affaire ne voient pas la valeur de ce qu'ils paient, a-t-elle expliqué. 

Elle se demande pourquoi Tarion ne verse qu'un maximum de 300 000 $ en indemnités lorsqu'il s'agit de défauts confirmés dans des maisons neuves, un montant qui, selon elle, ne couvre parfois pas le coût total des réparations.

Ensuite, il y a toutes ces autres personnes qui se sont vu refuser leur demande d'indemnisation, a-t-elle fait remarquer.

Dans une déclaration écrite à CBC/Radio-Canada, Melanie Kearns, porte-parole de Tarion, a déclaré que la structure de rémunération est fondée sur le rendement, afin d'attirer et de retenir les talents.

Nous avons recours à des enquêtes sur les salaires du marché et à des experts externes indépendants en ressources humaines pour examiner les programmes de rémunération de notre conseil et de nos cadres supérieurs et nous comparons notre rémunération aux autres organismes administratifs en Ontario ainsi que des organismes comparables du secteur public, a-t-elle écrit.

En ce qui concerne le conseil d'administration, le site Web de Tarion indique que la rémunération des membres est révisée tous les deux ans et, à l'exception des présidents du conseil et des comités, la rémunération du conseil n'a pas changé depuis 2005.

Avec les informations de Laura Osman

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale