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Quand chaque poignée de main compte dans Trois-Rivières

Deux hommes qui se serrent la main.

La lutte s'annonce serrée dans la circonscription fédérale de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Marilyn Marceau

Chaque instant que les candidats passent à entrer en contact avec un électeur est un moment crucial à ce point-ci de la campagne dans Trois-Rivières. Chaque vote, chaque poignée de main compte dans cette lutte qui s'annonce serrée. Les électeurs ont le pouvoir de faire pencher la balance vers l'un ou l'autre des partis.

En campagne électorale, le temps est précieux. Les candidats des principaux partis tentent de rencontrer le maximum de personnes avant le vote. Les festivals et événements rassemblant plusieurs citoyens sont de parfaits moments pour accomplir ce but.

C'est pourquoi les festivaliers venus déguster les saveurs et la cuisine locales aux Délices d’automne ont aussi goûté à la politique fédérale, à quelques jours du scrutin général.

Yves Lévesque sur l'esplanade de l'Amphithéâtre Cogeco aux Délices d'automne.

Beaucoup de gens approchent l'ancien maire Yves Lévesque pour discuter avec lui.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Yves Lévesque n'a pas à faire beaucoup d'efforts pour entrer en contact avec les électeurs de sa circonscription.

Fort de ses 25 années de politique municipale, le candidat du Parti conservateur du Canada est comme un poisson dans l'eau dans un bain de foule à Trois-Rivières. De passage aux Délices d'automne, il donne sans hésitation des accolades, des poignées de main et des becs aux sympathisants qu'il rencontre.

Yves Lévesque, fils de militaire, est conscient que son aisance avec la population lui sert bien en politique. Chaque trois ans, je déménageais, ça m’a obligé cette capacité-là à me faire des amis rapidement, raconte-t-il sur l'esplanade de l'Amphithéâtre Cogeco, une de ses réalisations comme maire de la Ville.

Yves Lévesque qui enlace des gens sur le parterre de l'Amphithéâtre Cogeco.

Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Yves Lévesque, rencontre plusieurs personnes qu'il connaît en se promenant aux Délices d'automne durant la campagne.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Même les électeurs qui nous ont avoué ne pas suivre la campagne fédérale connaissent le nom de Yves Lévesque, ce qui pourrait avoir des effets dans l'urne. Il pense que les gens vont voter pour l'homme et non le parti.

Le candidat conservateur mise sur son bilan de maire pour se faire élire à cet autre palier de gouvernement. Et ça fonctionne. Tu as commencé de quoi et tu vas le finir, tu vas être en position de le faire, lui lance un électeur. Que ce soit provincial ou fédéral, je suis zéro inquiet par rapport à son implication et les bonnes valeurs [...] il a mon vote depuis le départ, nous confie un citoyen de 35 ans qui vient de discuter avec Yves Lévesque.

Garder la mainmise

Même scène, même stratégie, mais différent résultat. De passage aux Délices d'automne, le candidat néo-démocrate Robert Aubin laisse lui aussi les gens venir à lui, mais ils sont moins nombreux à l'interpeller. M. Aubin tente de remporter un troisième mandat dans la circonscription.

Robert Aubin qui sert la main d'un homme sur le site des Délices d'automne.

Le candidat néo-démocrate dans Trois-Rivières, Robert Aubin, a profité des Délices d'automne pour rencontrer des électeurs.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Vous avez fait votre choix?, lance Robert Aubin à des électeurs. Il leur parle en fait de gastronomie. Il délaisse volontairement le sujet de la politique, sauf pour dire, à la blague, qu'il leur promet du beau temps et d'en faire un projet de loi au besoin.

Robert Aubin est député depuis huit ans et a été enseignant durant 25 ans. Beaucoup de gens le connaissent et lui demandent comment va la campagne. Tous savent que ce sera serré.

On est optimiste, dit-il. Mais il sait que chaque vote compte. D'ailleurs, il s'assure, sur un ton léger et humoristique, que ses sympathisants iront voter en mettant le X à la bonne place.

Selon lui, contrairement à ce qu’on dit toujours, qu'au fédéral ce sont des campagnes de chefs, à Trois-Rivières, c’est une campagne de candidats.

Robert Aubin aux Délices d'automne sur le site de l'Amphithéâtre Cogeco.

Le candidat néo-démocrate Robert Aubin tente de remporter un troisième mandat dans Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

D'ailleurs, questionné au sujet de son chef, il se fait rassurant. Ça me prend autant de temps faire 50 mètres sur un trottoir avec Jagmeet que ça me prenait de temps pour le faire avec Jack Layton, dit-il. Tout le monde le reconnaît, tout le monde veut le rencontrer, tout le monde veut son selfie avec Jagmeet.

M. Aubin souligne que dans cette campagne, les gens lui ont parlé de trois principales préoccupations : l'économie, la santé et l'environnement.

Prendre le devant pour serrer des mains

Tout comme Yves Lévesque, Valérie Renaud-Martin veut passer du palier de gouvernement municipal au fédéral. La différence, c'est que la conseillère municipale de Trois-Rivières est beaucoup moins connue que son adversaire conservateur.

La candidate accroupie près d'une électrice.

La candidate libérale de Trois-Rivières, Valérie Renaud-Martin, est allée à la rencontre des électeurs aux Délices d'automne.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Elle aussi profite de la tenue des Délices d'automne pour rencontrer des électeurs. La candidate du Parti libéral du Canada doit saisir chaque occasion de se faire connaître.

Elle prend les devants pour se présenter. Elle demande aux citoyens ce qui les préoccupe et leur dévoile ce que les libéraux ont à leur offrir. J’aime ça travailler sur le positif et sur ce que je peux leur amener, dit-elle.

Valérie Renaud-Martin, qui a été élue conseillère il y a deux ans, mentionne son expérience en politique municipale lorsqu'elle se présente aux citoyens qui, souvent, ne la connaissent pas.

Valérie Renaud-Martin qui parle à une électrice

La candidate libérale Valérie Renaud-Martin est actuellement conseillère municipale à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Mais au cours de sa tournée, elle croise un électeur qui suit la campagne. Pensez-vous être ministrable?, lui demande-t-il. Je vous laisse juger de cela, répond-elle, mentionnant qu'elle a beaucoup d'intérêt envers plein de choses.

Encore beaucoup d'électeurs de Trois-Rivières semblent indécis. C'est sûr qu’en votant libéral, on vote pour plus de dettes, mais il faut investir quelque part à un moment donné pour faire des choses, affirme un citoyen.

Notre dossier Élections Canada 2019

Le coup de main de son chef

Louise Charbonneau n'a pas besoin d'être constamment aux côtés de son chef Yves-François Blanchet pour ressentir les effets positifs de son leadership.

Louise Charbonneau sur le site de l'Amphithéâtre Cogeco avec un dépliant dans les mains.

La candidate du Bloc québécois, Louise Charbonneau, distribue des dépliants à ceux qui en veulent.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Il a vraiment une approche pédagogique qui plaît aux gens sur le terrain, constate-t-elle.

La candidate du Bloc québécois dans Trois-Rivières, Louise Charbonneau, voit une différence sur sa propre campagne.

Au début, j’étais peu connue, je n’étais pas une célébrité et là, les gens m’appellent par mon nom, affirme-t-elle.

Louise Charbonneau affirme que beaucoup de gens lui disent qu'ils veulent que le train à grande fréquence (TGF) voie le jour le plus tôt possible.

Louise Charbonneau qui parle à une jeune femme.

La candidate bloquiste dans Trois-Rivières, Louise Charbonneau, s'entretient avec une électrice aux Délices d'automne.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Une jeune femme qui travaille dans le secteur de la santé rencontrée aux Délices d'automne lui confie toutefois que c'est la santé sa priorité, notamment la qualité des soins. Ce à quoi Louise Charbonneau répond qu'Ottawa gère effectivement les transferts d'argent en santé pour les provinces. Pour cette mère de famille, le TGF ou même le développement de l'aéroport ou du port de Trois-Rivières sont loin de ses préoccupations.

Après le porte-à-porte, le « bus-à-bus »

La candidate du Parti vert du Canada me donne rendez-vous à un terminus d'autobus dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Marie Duplessis aime bien faire campagne à cet endroit.

Marie Duplessis qui prend des notes devant des autobus.

La candidate du Parti vert du Canada, Marie Duplessis, nous a précisé qu'elle a acheté cinq blouses pareilles afin de protester contre la «pression qu'on met sur les femmes pour l'habillement».

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Elle parle aux personnes qui attendent l'autobus et monte aussi à bord avec eux.

C’est plus facile d'y aborder les gens, dit-elle.

Marie Duplessis fait campagne avec une tablette pour prendre des notes. Elle écrit ce dont les gens lui parlent. Elle trouve que pour être un bon député, il faut connaître les préoccupations des électeurs.

Sa présence dans les transports en commun lui permet de toucher des électeurs qu'elle ne rencontrerait peut-être pas ailleurs.

Marie Duplessis qui parle à des jeunes dans un terminus au Cap-de-la-Madeleine.

La candidate du Parti vert du Canada a fait campagne aux terminus d'autobus et parfois même à bord des autobus dans la circonscription de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Deux jeunes âgés de 18 ans à peine s'approchent; elle décide d'aller leur parler des élections.

Quand elle leur demande leur opinion, l'un d'eux affirme qu'il est déçu que les politiciens fassent des promesses en l'air, sans jamais les réaliser. Ils lui parlent aussi de pollution et d'accès au marché du travail.

L'autre jeune homme affirme que l'enjeu le plus important pour lui est l'environnement. Il n'a pas terminé son secondaire et trouve difficile de finir ses études. Son ami pense que pour certains métiers, le diplôme d'études secondaires ne devrait pas être requis.

Marie Duplessis, 27 ans, souligne que si beaucoup de jeunes vont voter cette fois-ci, à la prochaine campagne électorale, les partis politiques les écouteront.

Faire campagne jusqu'à l'église

Le candidat du Parti populaire du Canada, Marc-André Gingras, habite à Montréal. En début de campagne, il est venu dans la région surtout les fins de semaine et il en a profité pour aller assister à des messes. Pas n'importe lesquelles. Les messes de la communauté africaine de Trois-Rivières.

Le candidat en conversation avec un homme dans le sous-sol de l'église.

Dans le cadre de sa campagne, le candidat du Parti populaire du Canada, Marc-André Gingras, est allé assister à des messes dans les églises africaines de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Ce dimanche, il se rend à l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, plus précisément dans le sous-sol. Chaque semaine, une centaine de personnes viennent assister à la cérémonie. La salle est remplie.

Nous arrivons avant le début de la messe. C'est la deuxième fois que Marc-André Gingras vient ici et les gens le reconnaissent. Il est le seul Blanc qui assiste à cette messe. Il est aussi le seul candidat à s'être présenté ici durant la campagne électorale. L'accueil est chaleureux.

La dernière fois, il a lu un verset de la Bible et a incité les pratiquants à faire un choix éclairé, en s'abstenant de leur dire de voter pour lui.

Il affirme que le Parti populaire rejoint les valeurs chrétiennes et c'est ce qui l'a poussé à se présenter pour la formation politique de Maxime Bernier.

Marc-André Gingras devant des enfants dans un sous-sol d'église.

Le candidat du Parti populaire du Canada, Marc-André Gingras, a à coeur de s'intéresser à la communauté africaine de la circonscription de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Marc-André Gingras souligne que sa femme est Camerounaise, d'où son intérêt à entrer en contact avec la communauté africaine.

Autre fait à noter : son agent officiel est musulman.

Contrairement à ce qu'on peut dire parfois de notre parti, on est des gens d'inclusion, dit-il.

Le candidat du Parti populaire du Canada dans Trois-Rivières passe la dernière semaine de campagne dans la circonscription à temps plein.

Démarche : Dans le cadre de la série Au coeur de la campagne, j’ai demandé aux candidats des six principaux partis (BQ, NPD, PCC, PLC, PVQ et PPC) de la circonscription de Trois-Rivières de me laisser les accompagner dans une activité de campagne au cours de laquelle ils allaient à la rencontre d’électeurs. Munie d’un micro arborant le logo de Radio-Canada, j’ai assisté aux échanges entre candidats et électeurs, baissant parfois mon micro pour pouvoir observer ce qu’il se passe réellement sur le terrain.

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Mauricie et Centre du Québec

Politique fédérale