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Le retour de l’hôpital d’une femme de 83 ans en taxi tourne mal

Plan moyen d'Alice Balork assise dans un salon.

La maison de Mme Balork est équipée d’un ascenseur pour fauteuil roulant dans le garage pour l’aider à entrer, mais cette nuit-là, elle s’est retrouvée coincée et n’a pas pu se libérer.

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk/CBC

Radio-Canada

Alice Balork, 83 ans, est en colère : elle a passé deux heures à l’extérieur de sa maison, dans le noir, quand la salle d’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface l’a renvoyée chez elle en taxi, lundi.

Elle raconte que le chauffeur de taxi est parti sans s’assurer qu’elle était en sécurité. Or, son fauteuil roulant s’est coincé à l’extérieur, l’empêchant d’atteindre la porte d’entrée.

Je suis réellement fâchée au sujet de toute cette situation, raconte-t-elle. J’ai eu peur, pour être honnête avec vous.

Alice Balork s’est rendue à l’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface parce que son infirmière de soins à domicile lui a dit qu’elle avait des plaies de lit infectées qui devaient être traitées.

Alice Balork vit seule et se déplace à l’aide d’un fauteuil roulant électrique. Elle compte sur les quatre visites quotidiennes qu’elle reçoit d’infirmières et d’aides-soignantes pour l’aider avec ses repas, sa toilette, ainsi que pour s’asseoir dans son fauteuil roulant et en sortir.

Son fils Michael Balork, qui habite East Selkirk, dit qu’il savait que sa mère devait se rendre à l’hôpital. Il pensait qu’elle y serait admise étant donné qu’elle avait été hospitalisée pour le même problème en septembre.

Un homme près d'un ascenseur pour fauteuils roulants dans un garage.

Michael Balork dit avoir trouvé sa mère coincée dans son fauteuil roulant au sommet de cet ascenseur dans le garage de la maison.

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk/CBC

Il dit avoir manqué deux appels de l’Hôpital Saint-Boniface vers 20 h 30 lundi, mais qu’aucun message n’a été laissé dans sa boîte vocale. Quand il a rappelé, on lui a dit que sa mère allait recevoir son congé de l’hôpital.

Il dit avoir demandé au personnel de revoir cette décision. On lui a répondu que le médecin allait le rappeler. Comme on ne le rappelait pas, il a décidé de se rendre à l’hôpital.

À son arrivée, il a appris que sa mère avait quitté l’hôpital. Ils m’ont dit : “nous l’avons renvoyée à la maison en taxi”, explique-t-il.

Il s’est ensuite rendu chez sa mère et l’a trouvée dehors, incapable d’entrer parce que son fauteuil roulant était coincé. Tout à coup, j’ai entendu ses cris : "à l’aide, à l’aide!", raconte-t-il.

Je l’ai trouvée coincée dans l’obscurité du garage, avec la porte à moitié ouverte, incapable de bouger.

Michael Balork, fils d'Alice Balork

La maison de Mme Balork est équipée d’un ascenseur pour fauteuil roulant dans le garage pour l’aider à entrer, mais cette nuit-là, elle est restée coincée et n’a pas pu se libérer.

Je suis bien monté dans l’ascenseur et je suis monté en haut des escaliers et c’est à ce moment-là que je me suis retrouvée coincée , raconte-t-elle.

La lumière de la porte du garage s'est éteinte et Mme Balork est restée seule dans le noir.

[Le chauffeur de taxi] aurait dû rester pour m’aider et il ne l’a pas fait, déplore-t-elle. Par conséquent, je suis resté assise pendant au moins deux heures, je pense.

Je suis juste soulagé que [Michael], soit arrivé parce que j’aurais été assise là toute la nuit.

Alice Balork

L’hôpital examinera la plainte

L’Hôpital Saint-Boniface a attesté qu’il appliquait une politique de sortie sans risque en ce qui concerne le renvoi des patients du service des urgences. Lorsque les patients sont prêts à recevoir leur congé, nous les aidons au mieux de nos capacités en suivant les procédures établies, mentionne la porte-parole, Micheline St-Hilaire. Nous sommes navrés d’entendre ce qui est arrivé à Mme Balork et sa famille, a-t-elle ajouté.

L’hôpital révèle que chaque fois qu’une préoccupation concernant les soins des patients est soulevée, un processus d’examen est suivi, mais le cas n’est pas considéré comme un incident critique.

L’hôpital n’a pas voulu commenter les détails du cas de Mme Balork en raison des lois sur la protection de la vie privée.

Un porte-parole de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a déclaré qu’il ne pouvait pas non plus commenter les détails du cas, mais a indiqué que les décisions en matière de sortie et de transport sont prises par l’équipe clinique qui prend en charge le patient, en consultation avec le patient lui-même .

Le porte-parole a également précisé que les hôpitaux de l’ORSW respectent les directives concernant la sécurité du transport et du renvoi des patients, mises à jour en 2017.

Histoire des incidents

Ce n’est pas la première fois qu’un patient est renvoyé chez lui en taxi et ne parvient pas à entrer dans sa maison.

En janvier 2012, Heather Brenan, 68 ans, s’est effondrée devant sa porte après avoir été renvoyée chez elle dans un taxi à partir de l’Hôpital Seven Oaks. Elle a été ramenée à l’hôpital, mais est décédée le lendemain.

En décembre 2013, deux autres patients ont été renvoyés chez eux en taxi de l’Hôpital Grace et sont décédés avant même qu’ils n’entrent chez eux. L’ORSW avait déclaré qu’il n’y avait pas de problème systémique et une enquête interne a révélé que l’hôpital n’avait rien fait de mal.

Une enquête sur la mort de Heather Brenan a révélé que même si sa mort n’était pas évitable, elle aurait dû être admise à l’hôpital au lieu d’être renvoyée chez elle.

Mme Brenan a passé quatre jours au service des urgences et a été renvoyée chez elle sans une évaluation complète, selon l’enquête judiciaire.

Après le décès des deux hommes en 2013, l’examen des incidents critiques concernant le décès des deux patients n’a pas révélé de failles dans leurs évaluations médicales avant leur sortie, selon l’Office régional de la santé de Winnipeg.

« Envoyer une personne âgée à la maison est dangereux »

Michael Balork se demande ce qui aurait pu se passer s’il n’était allé chez sa mère. C’était dangereux. Envoyer une personne âgée à la maison [seule la nuit] est dangereux, dit-il.

M. Balork veut savoir pourquoi il n’a pas été prévenu que sa mère a été renvoyée chez elle plus tôt et pourquoi ils ne se sont pas assurés qu’il y aurait quelqu’un à la maison pour l’aider.

Ma mère a [presque] 84 ans, elle est en fauteuil roulant. Elle n’aurait donc pas dû être renvoyée chez elle à ce moment-là, surtout en taxi, surtout dans un endroit où il n’y a pas de soins à domicile , fait-il remarquer.

Alice Balork dans son fauteuil roulant.

« Je suis réellement fâchée au sujet de toute cette situation, raconte-t-elle. J’ai eu peur, pour être honnête avec vous. »

Photo : Radio-Canada / Holly Caruk/CBC

Alice Balork a été hospitalisée deux autres fois au cours des deux derniers mois et son fils explique qu’il était toujours informé avant que les médecins lui donnent son congé, car il devait veiller à ce qu’elle ait des soins à domicile.

Mme Balork veut savoir pourquoi les gens sont renvoyés chez eux de l’hôpital en taxi et veut savoir pourquoi le chauffeur ne l’a pas aidée. Je ne sais pas pourquoi, diable, il n’avait pas plus de manières de me faire entrer dans la maison.

La compagnie de taxi n’a pas pu joindre le conducteur avant la publication de ce texte. Le directeur général, Nirmaljit Singh, s'est limité à déclarer dans un courriel que la politique concernant tous les embarquements et les débarquements se fait de pavé en pavé, sans toutefois expliquer ce que cela signifiait.

Avec les informations de Holly Caruk

Manitoba

Établissement de santé