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Le chef conservateur Andrew Scheer mise sur des référents culturels du Québec pour séduire les électeurs de la province.

Photo : Radio-Canada

Daniel Blanchette Pelletier

À moins de six jours du scrutin fédéral, le chef conservateur Andrew Scheer souhaite partager son « expérience avec le Québec » pour séduire les électeurs, confie-t-il en entrevue avec Céline Galipeau après un discours bien senti devant des partisans à La Prairie.

Regrette-t-il d’avoir tant tardé à s’adresser directement et personnellement aux Québécois, alors que la montée du Bloc risque maintenant de le priver d’une majorité s’il est élu le 21 octobre?

J’ai toujours eu le plan de donner un discours de cette magnitude, a-t-il répondu à la question de l’animatrice du Téléjournal.

Je veux partager mon expérience avec le Québec, avec le français, pour montrer que j’ai développé un respect des enjeux et des défis pour une communauté, pour un peuple français dans un continent anglophone, a-t-il enchaîné.

Expos de Montréal, Labatt 50, Mario Lemieux, Bonhomme Carnaval : le chef conservateur a touché à plusieurs cordes sensibles des Québécois d’une certaine époque en faisant référence à ses souvenirs d'enfance encore très frais dans sa mémoire et ceux qui resteront gravés dans celle de ses enfants.

Dans son discours partisan, Andrew Scheer a également rappelé qu’il était né tout près du Québec, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, à Ottawa. Il a aussi indiqué avec une touche d’humour qu’il allait dans les bars de Gatineau parce qu’ils fermaient un peu plus tard.

Le chef conservateur est même revenu sur son petit accent, pour introduire son amour de la langue française et l’importance pour le prochain premier ministre de maîtriser le français.

Il a plus tard évoqué plusieurs référents culturels du Québec, comme La petite vie, Passe-Partout et Lance et Compte.

La chef d'antenne lui pose une question.

Le chef conservateur Andrew Scheer en entrevue avec Céline Galipeau au Téléjournal.

Photo : Radio-Canada

En entrevue avec Céline Galipeau, Andrew Scheer est toutefois rapidement revenu à son discours habituel de campagne. Il a répété ses lignes sur le corridor énergétique qui, même s’il comptait un oléoduc, permettrait au Québec d’exporter son hydroélectricité.

Les Québécois préfèrent le pétrole de chez nous. Il n’y a aucun bon sens qu’ils doivent acheter l’énergie des États-Unis, a-t-il répété en référence au pétrole.

Le véhicule le plus populaire au Québec, c’est le F-150 et il ne carbure pas au sirop d’érable, a-t-il ajouté.

Même s’il dit croire au réchauffement climatique, Andrew Scheer s’est également borné à dire que la taxe carbone imposée par le Parti libéral ne fonctionnait pas pour justifier son intention de l’abolir s’il prend le pouvoir.

Ce n’est pas mon opinion. Ce n’est pas une position philosophique du Parti conservateur. C’est un fait, a-t-il résumé.

Pourtant, la taxe carbone est l’outil le plus efficace pour lutter contre les changements climatiques selon la majorité des scientifiques, le Fonds monétaire international (FMI) et le Directeur parlementaire du budget (DPB), ce dernier précisant que la taxe devra grimper graduellement d'ici 2030 pour être pleinement efficace.

Notre dossier Élections Canada 2019

Accusé de contribuer à une campagne toxique par ses adversaires, Andrew Scheer s’est défendu d’en être le responsable.

Chaque jour, j’ai fait des annonces positives pour expliquer ma plateforme, mes idées, mes solutions pour rendre la vie abordable, pour laisser plus d’argent dans les poches des Canadiens, a-t-il expliqué.

Je suis concentré sur une campagne positive. Je dois noter que c’est le Parti libéral qui a fait les attaques personnelles.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

Céline Galipeau lui a toutefois rappelé qu’il avait lui-même traité Justin Trudeau de menteur, de faux féministe et d’imposteur.

Il a menti. C’est vrai qu’il a menti, lui a-t-il simplement répondu, en référence à l’affaire SNC-Lavalin.

Pas un mot sur le Bloc

Pendant les 10 minutes de l’entrevue, Andrew Scheer s’est attaqué à plusieurs reprises au chef libéral Justin Trudeau. Il s’est cependant abstenu de faire référence directement au Nouveau Parti démocratique et au Bloc québécois.

Pourtant, dans son discours à La Prairie quelques minutes plus tôt, il avait évoqué, comme à plusieurs reprises dans les derniers jours, la possibilité d’une coalition entre libéraux et néo-démocrates.

Le Bloc n’aura jamais la balance du pouvoir, car Justin Trudeau va former une coalition avec le NPD pour garder le pouvoir, a-t-il à nouveau insinué, prévenant ses partisans que les Québécois ne peuvent pas se payer une telle coalition.

Et n’oubliez jamais que le chef du Bloc va travailler avec le Parti québécois dès le 22 octobre, a-t-il ajouté.

Andrew Scheer a tenté de se positionner en amoureux et en défenseur du Québec, en rappelant notamment qu’il avait voté en faveur de la reconnaissance de la nation québécoise.

On ne peut pas reprocher aux Québécois d'être nationalistes. Être nationaliste ne signifie pas l’indépendance. On peut aimer le Québec sans vouloir briser le Canada, a-t-il également glissé dans son discours.

Le chef conservateur a en outre rappelé les engagements spécifiques qu’il promet aux Québécois, soit une déclaration de revenus unique comme le demande le premier ministre François Legault, une entente Canada-Québec revue en matière d'immigration et plus d’autonomie en matière de culture.

Plus tôt mardi, il avait également affirmé avoir besoin de la nation québécoisepour former un gouvernement majoritaire.

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