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Des têtes d'affiche libérales au Québec devront se battre pour leur survie

En tournée au Québec, Justin Trudeau veut conquérir du territoire orange, mais aussi freiner le Bloc.

Justin Trudeau salue la foule rassemblée autour de lui dans un marché d'Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Justin Trudeau arrive au Québec avec un vent de face.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Louis Blouin
Daniel Thibeault

Justin Trudeau arrive au Québec pour une tournée de deux jours avec un vent de face. Il veut conquérir du territoire orange, mais il doit aussi protéger des sièges libéraux menacés par le Bloc québécois. Même de grosses pointures de son gouvernement devront se battre pour leur survie politique.

Au début de la campagne, les troupes du Parti libéral du Canada espéraient faire une quinzaine de gains au Québec, c’est-à-dire passer de 40 à 55 sièges. Elles doivent maintenant lutter pour éviter de retomber sous la barre de 2015.

Le combat est d’autant plus important que le parti a besoin de maintenir ses acquis au Québec s’il veut conserver des chances raisonnables de former un gouvernement.

Il y a encore de la marge, estime un stratège de la campagne libérale, qui mise sur les électeurs qui penchent vers le Bloc québécois, mais qui demeurent indécis. Il estime que 20 % d’entre eux vont trancher une fois dans l’urne, ce qui pourrait faire pencher la balance.

Depuis deux semaines, le paysage politique québécois a considérablement changé et, avec lui, les perspectives des troupes de Justin Trudeau. Avant les débats, la montée du Bloc limitait le potentiel de croissance des libéraux dans la province. Maintenant, il met carrément en péril des sièges rouges, et non les moindres.

Des ministres sortants comme François-Philippe Champagne (Saint-Maurice–Champlain) et Marie-Claude Bibeau (Compton–Stanstead) devront batailler fort avec les bloquistes pour conserver leur siège.

Plusieurs circonscriptions libérales dans la couronne de Montréal sont dans la ligne de mire du parti d’Yves-François Blanchet.

Dans le camp libéral, on estime que les circonscriptions de Montarville et de Longueuil–Charles-LeMoyne sont notamment en danger. Dans Thérèse–De Blainville et dans Rivière-des-Mille-Îles, la lutte serait très serrée.

Ailleurs au Québec, le siège du député libéral David Graham (Laurentides–Labelle) est en péril, alors que Rémi Massé est talonné dans Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia.

Chez les libéraux, on estime que la montée du Bloc québécois s’est stabilisée et qu’il faut maintenant gagner les courses serrées.

Est-ce que ce sera facile? Non!, résume un stratège.

Le plus grand danger pour nous, c’est que les électeurs libéraux restent à la maison.

Une source libérale

Dans ce contexte, il sera encore plus important de « faire sortir le vote », confie un autre libéral, qui a confiance en l’efficacité de la machine du parti.

Exemples de circonscriptions libérales menacées par le Bloc québécois

  • Montarville (Michel Picard)
  • Longueuil–Charles-LeMoyne (Sherry Romanado)
  • Laurentides–Labelle (David Graham)
  • Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia (Rémi Massé)
  • Compton–Stanstead (Marie-Claude Bibeau)
  • Saint-Maurice–Champlain (François-Philippe Champagne)

Où sont les gains possibles?

Dans ce contexte difficile, Justin Trudeau fait le pari qu’il peut faire des gains en territoire orange néo-démocrate au Québec, malgré les courses à trois annoncées avec le Parti conservateur et le Bloc.

Mercredi et jeudi, le chef libéral est attendu à Sherbrooke, Drummond, Longueuil–Saint-Hubert, Saint-Hyacinthe–Bagot, Beloeil–Chambly et Trois-Rivières, notamment.

Plus au nord, les libéraux espèrent pouvoir ravir Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou au Nouveau Parti démocratique. Cette circonscription était représentée par Romeo Saganash, qui a annoncé son départ de la vie politique.

À Montréal, ils misent sur la notoriété de l’écologiste bien connu Steven Guilbeault pour arracher Laurier–Sainte-Marie des mains néo-démocrates. Hochelaga fait également partie des circonscriptions que les rouges pensent avoir une chance de ravir au NPD.

D’ici la fin de la campagne, le message aux Québécois demeurera le même : un vote pour le Bloc québécois ou le NPD ouvre la brèche dont Andrew Scheer a besoin pour se faufiler vers le pouvoir. Le chef libéral veut que les électeurs progressistes comprennent que leur seule option, c’est un vote pour son parti.

L’espoir, c’est qu'à force de marteler ce message, il s'incruste dans la tête de ces indécis, sur qui compte le Parti libéral une fois dans l’isoloir, lundi prochain.

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