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« Un vote pour les conservateurs, c'est un vote pour le lobby des armes »

Une survivante de la tuerie de Polytechnique, au Québec, lance un appel à un meilleur contrôle des armes à feu.

Heidi Rathjen devant une affiche appelant à l'interdiction des armes d'assaut.

Témoin de la tuerie de Polytechnique, au Québec, Heidi Rathjen associe un vote pour le Parti conservateur à un vote pour le lobby des armes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Des familles des victimes de tueries au Québec estiment que voter pour le Parti conservateur, le 21 octobre, équivaudra à voter pour le lobby des armes.

Si le Parti conservateur gagne lors du scrutin de lundi prochain, le lobby des armes aura gagné, estime Heidi Rathjen, coordonnatrice de PolySeSouvient et diplômée de Polytechnique Montréal en 1990.

Presque 30 ans après la tuerie de Polytechnique, en 1989, des familles de victimes et de survivants de tueries ont rencontré la presse, mardi, dans l'institution universitaire, pour expliquer la lecture qu'ils font des engagements des partis politiques quant au contrôle des armes à feu.

Ce que nous disons aux Canadiens, c'est qu'un vote pour les conservateurs, c'est un vote pour le lobby des armes. Si les conservateurs rentrent, le lobby des armes va avoir gagné au niveau du contrôle des armes.

Heidi Rathjen, PolySeSouvient

À ses côtés se trouvaient d'autres victimes, parmi lesquelles Nathalie Provost, qui avait été blessée lors de la tuerie de Polytechnique, Suzanne Laplante-Edward, qui a aujourd'hui 80 ans et qui se bat encore, au nom de sa fille Anne-Marie, morte lors de la même tuerie, et Boufeldja Benabdallah, président de la Grande Mosquée de Québec. Une troisième génération se trouvait à leurs côtés, des jeunes en faveur d'un meilleur contrôle des armes à feu.

Un gouvernement conservateur va sonner le glas du contrôle des armes. Ça va être fini, s'est exclamée Suzanne Laplante-Edward, la gorge nouée, en rappelant la mémoire de sa fille.

Nous connaissons les conséquences d'un faible contrôle. Et tout ce que nous souhaitons, c'est empêcher que d'autres vivent la même terreur que Polytechnique a connue, que Dawson [le Collège] a connue, que la Grande Mosquée de Québec a connue, a lancé à son tour Boufeldja Benabdallah.

Elle s'adresse à la presse entourée d'étudiants.

Suzanne Laplante-Edward tient une photo de sa fille Anne-Marie, qui a péri dans la tuerie de Polytechnique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Après 30 années de combat, Heidi Rathjen estime que c'est vraiment un moment critique pour le contrôle des armes à feu. Trente ans plus tard, avec les cycles électoraux, on recule, on n'avance pas – même avec le peu de progrès qu'on a fait la dernière fois.

Par son expression dernière fois, elle fait référence au mandat du gouvernement Trudeau, pendant lequel il a fait adopter la loi C-71, qui a notamment permis de renforcer la vérification des antécédents et d'exiger des vendeurs qu'ils vérifient la validité du permis d'armes à feu avant de vendre une arme sans restriction.

Elle juge donc le dernier mandat de Justin Trudeau positif, mais décevant en la matière. Il a franchi quelques pas, contrairement aux conservateurs, mais pas suffisamment, a-t-elle résumé.

Notre dossier Élections Canada 2019

Que proposent les partis fédéraux?

Des étudiants tiennent des affiches montrant et décrivant des armes d'assaut.

Des familles des victimes, des survivants de tueries et de nouveaux étudiants de Polytechnique ont rencontré la presse pour revendiquer davantage d'engagements des partis fédéraux sur le contrôle des armes à feu.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aux yeux du groupe, c'est le Parti libéral du Canada qui a maintenant les engagements les plus précis en la matière, comme une interdiction totale des armes d'assaut, sans clause de droits acquis, avec un engagement de racheter les modèles existants qui ont été acquis légalement.

Bien qu'il n'ait pas mis ces engagements précis en vigueur durant ses quatre années au pouvoir, Heidi Rathjen estime que son engagement d'aujourd'hui est sincère.

Elle relève que le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert appuient aussi un meilleur contrôle des armes en général et interdiraient les armes d'assaut.

Les autres partis, le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert sont tous en appui au contrôle des armes, mais la plateforme libérale est la plus forte, a résumé Heidi Rathjen.

Quant au Parti populaire de Maxime Bernier, elle estime qu'il augmenterait l'accès aux armes d'assaut et légiférerait pour protéger les intérêts des propriétaires d'armes.

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