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Quatre candidats verts ont fait des commentaires islamophobes

Un candidat vert réclame pendant ce temps l'expulsion de quatre candidats bloquistes pour la même raison.

Une ombre devant le logo du Parti vert du Canada.

Le Parti vert a annoncé par voie de communiqué que quatre de ses candidats québécois avaient tenu des propos islamophobes sur leurs médias sociaux.

Photo : La Presse canadienne / CHAD HIPOLITO

La Presse canadienne

Le Parti vert dénonce quatre de ses propres candidats au Québec pour d'anciens commentaires jugés « islamophobes », mais il ne voit pas la nécessité de les expulser.

Le parti a publié quelques lignes, mardi après-midi, promettant des excuses publiques des candidats, sans les nommer, annonçant aussi leur engagement à travailler avec le Conseil national des musulmans canadiens.

C'est le conseil, selon Daniel Green, leader adjoint du parti, qui a révélé l'identité des quatre fautifs.

Daniel Green a quant à lui nommé deux des quatre candidats : Grégory De Luca, candidat dans Brossard–Saint-Lambert, et Katherine Turgeon, candidate dans Shefford. Le premier aurait publié le message dénoncé en septembre 2015, la seconde aurait posé pareil geste en 2013.

Katherine Turgeon a elle-même avoué être l'auteure de ce geste sur sa page Facebook de candidate du Parti vert.

En 2013, j'ai partagé un truc religieux en lançant une blague... vous savez ma position face à TOUTES les religions, je trouve que ça sert juste à diviser les gens... ce n'est pas raciste du tout de ma part... désolée à ceux qui l'ont mal pris... Voilà, a-t-elle écrit.

Le parti a fait savoir que tous les messages coupables ont été supprimés. Cela suffit à Daniel Green, qui ne voit pas la nécessité de montrer la porte à quatre des siens. Non, parce que c'est une question d'intensité, a-t-il justifié.

On a regardé leurs commentaires. Et, en travaillant avec le Conseil national des musulmans canadiens, on a convenu qu'une excuse et aussi un effort pour mieux comprendre la communauté musulmane canadienne [sont] de mise.

Daniel Green, chef adjoint du Parti vert
Notre dossier Élections Canada 2019

Divergence au sein du parti

Mais ça ne suffit pas pour le candidat vert dans Laurier–Sainte-Marie, Jamil Azzaoui.

Je ne suis pas au courant du tout. lls ont bien fait de ne pas m'en parler parce que je suis en furie, a confié Jamil Azzaoui, joint au téléphone.

Je n'ai aucun problème à demander à mon parti de faire démissionner ces candidats-là. C'est la moindre des choses. Il faut être conséquent, a réclamé Jamil Azzaoui.

C'est qu'il venait justement de publier, mardi, un communiqué réclamant que les candidats bloquistes dénoncés la semaine dernière pour leurs commentaires contre les musulmans soient expulsés de leur parti.

En raison du mandat social que ces candidats sollicitent, les excuses ne peuvent en aucun cas effacer leurs gestes. On parle ici de quatre citoyens canadiens qui pourraient être amenés à voter nos lois. Il faut les disqualifier, a fait valoir Jamil Azzaoui dans ce communiqué, un jugement qu'il veut appliquer à ses collègues verts.

Son chef adjoint semble prendre la chose beaucoup moins au sérieux.

Je pense que [le Conseil national des musulmans canadiens] va probablement identifier les candidats libéraux et conservateurs, et peut-être même le Parti populaire. Alors, restez à l'écoute. La série va se poursuivre jusqu'à la fin de la campagne électorale, a-t-il dit, laissant échapper quelques ricanements.

Sans rire, Jamil Azzaoui s'inquiète plutôt de l'effet de cette affaire sur la communauté arabe et musulmane. Pour nos communautés à nous, déjà, c'est tellement difficile de s'intégrer. Alors, si en plus on crée de la méfiance, alors on est foutu, a-t-il laissé tomber.

Deux autres candidats verts avaient aussi embarrassé leur parti au tout début de la campagne électorale en s'étant déclarés contre l'avortement par le passé. Prétendant ne pas se souvenir de leur déclaration, ils avaient pu maintenir leur candidature.

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