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Le système d’éducation néo-brunswickois est-il vraiment en crise?

Une classe vide d'une école non identifiée

Le taux d'abandon scolaire a fondu au Nouveau-Brunswick.

Photo : getty images/istockphoto / Zhang Shu

Radio-Canada

Dominic Cardy, le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, soutient que le système est en mauvaise posture. « Notre système d'éducation se dirige vers une crise », peut-on lire dans son livre vert. Sauf que plusieurs estiment que le système se porte plutôt bien malgré les défis qui se profilent.

On dit que le système est en crise, mais on précise pas nécessairement quels sont les éléments de crise, a déclaré le professeur d’université Mathieu Lang en entrevue.

Les résultats s'améliorent dans plusieurs matières, et restent constants dans d'autres.

En mathématiques, par exemple, les résultats se sont améliorés pour les jeunes de troisième, huitième et dixième année, d'après les chiffres du ministère de l'Éducation. En français, ils se sont améliorés pour les élèves de huitième année et sont restés au même niveau pour les élèves de onzième année.

Comparable à des pays comme la France, l'Angleterre et l'Allemagne

Sur le plan international, les élèves francophones du Nouveau-Brunswick se classent au même niveau que les élèves des pays comme la France, l'Angleterre et l'Allemagne, selon les données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (de l'anglais PISA). De plus, ils se classent mieux que les élèves des États-Unis.

D'un test à l'autre, les résultats des francophones s'améliorent, alors que ceux de leurs homologues anglophones se détériorent.

Une majorité d'élèves francophones obtient son diplôme

Enfin, l'immense majorité des élèves francophones obtient son diplôme en douzième année, soit 84 %.

Le ministre parle aussi d'apathie généralisée... qu'en est-il? Si elle existe, cette apathie serait difficile à déceler. À la fin de leur douzième année, 79 % des élèves disent avoir aimé leur expérience scolaire.

De plus, on a vu le taux d'abandon scolaire fondre de moitié en 10 ans.

Chez les francophones, il est passé de 1,8 % à 0,8 %. Et la majorité des élèves, soit 86 %, veut poursuivre des études postsecondaires.

Des défis restent à relever

Il existe tout de même des défis. Les résultats scolaires peuvent être améliorés, entre autres en français.

De plus, le système scolaire doit relever des défis majeurs sur le plan des ressources humaines : il manque d'enseignants suppléants, d'aide-enseignants, de chauffeurs d'autobus et de psychologues.

Le ministre de l'Éducation reconnaît les bons résultats, mais soutient que le système n'est pas prêt à faire face à l'avenir, d'où une possibilité de crise. Il estime que cette crise est liée aux changements socio-économiques.

L'intelligence artificielle, l'automation de l'économie va éliminer [des milliers] d'emplois, un papier que j'ai lu dans mon bureau dit que presque 50 % des emplois dans la province vont être vulnérables dans 10 ans, alors ça c'est une crise, alors on a besoin de bien [se] préparer, a indiqué Dominic Cardy.

Le ministre souhaite aussi stimuler davantage la pensée critique chez les jeunes. Toutes ces questions, et encore plus, feront l'objet de discussions à partir de mercredi à Fredericton, alors que s'ouvre un Sommet sur l'éducation organisée par la province.

D'après les renseignements de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale