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« J’hésite entre ma tête et mon coeur », dit une électrice néo-démocrate

Les deux ont une discussion dans un parc de la région de Toronto.

L'électrice Elayne Lockhart discute avec le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

Photo : Radio-Canada

Daniel Blanchette Pelletier

Une électrice a interpellé Jagmeet Singh, mardi, lui confiant une impression qui semble gagner du terrain chez les néo-démocrates. « J’hésite entre ma tête et mon coeur », a-t-elle dit au chef du NPD qui faisait campagne en matinée dans la région de Toronto.

La division du vote progressiste, qui laisse de plus en plus entrevoir la possibilité d’un gouvernement minoritaire, fait réfléchir certains électeurs.

Elayne Lockhart, qui se dit d'allégeance néo-démocrate, a confié à Jagmeet Singh être déchirée à quelques jours du vote. Tout est une question de chiffres. J’hésite entre ma tête et mon coeur, a-t-elle plus tard expliqué.

J’ai toujours eu confiance dans le NPD, toujours. Mais que va-t-il se passer? Est-ce que je vais diviser le vote?

Elayne Lockhart

Craignant que les conservateurs ne l’emportent, Elayne Lockhart admet songer à voter cette fois-ci pour le Parti libéral.

Une électrice indécise

Elayne Lockhart n'est pas la première électrice à interpeller Jagmeet Singh à ce sujet. Comme il le fait en pareil cas, il a tenté de la rassurer, surtout pour éviter que le vote stratégique ne nuise à une croissance du NPD qu'il espère notamment en Ontario et en Colombie-Britannique.

Je suis prêt à me battre contre les conservateurs. Je veux que les gens élisent le plus de néo-démocrates possible pour que l’on forme le gouvernement. Je veux être le premier ministre qui nous mènera à une assurance médicaments et des soins dentaires pour tous, lui a-t-il répondu.

Si vous élisez suffisamment de néo-démocrates, peu importe la forme que prendra le gouvernement, plus nous serons nombreux, plus nous pourrons nous opposer aux libéraux et aux conservateurs.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Le souvenir de Jack Layton

Le chef néo-démocrate faisait campagne dans Toronto–Danforth, l’ancienne circonscription de Jack Layton qui a dirigé le parti de 2003 à 2011.

En pleine vague orange, Jack Layton avait été réélu en 2011 dans sa circonscription ontarienne avec plus de 60 % des voix. À son décès, quelques mois plus tard, le NPD avait réussi à conserver ce siège.

Le néo-démocrate Craig Sauvé s’est cependant incliné en 2015 au profit des libéraux. Toronto–Danforth pourrait être le théâtre d'une chaude lutte entre le PLC et le NPD, le 21 octobre.

Malgré tout, Elayne Lockhart, qui avait travaillé, il y a quatre ans, pour la campagne néo-démocrate dans la circonscription torontoise, hésite à voter orange encore cette fois-ci.

La même hésitation trotte dans la tête de bien des électeurs en ce moment, et les partis ne manquent pas non plus de brandir la menace d'un gouvernement minoritaire, conservateur ou libéral, et de lancer un appel au vote stratégique.

Notre dossier Élections Canada 2019

Après le Bloc, tous contre les conservateurs

Le chef libéral Justin Trudeau, par exemple, appelle les électeurs à éviter d'appuyer les candidats néo-démocrates et les candidats verts pour empêcher l’élection d’un gouvernement conservateur.

Rappelez-vous ça : si vous voulez des actions progressistes, vous avez besoin d’un gouvernement progressiste, pas d’une opposition progressiste, a-t-il soutenu mardi, de passage au Nouveau-Brunswick.

Dans les jours précédents, les libéraux avaient aussi mis en garde les électeurs tentés de voter pour le Bloc au Québec, soutenant qu’un vote pour le Bloc, c'est un vote pour les conservateurs.

Quant à Andrew Scheer, il s’est lui aussi ligué contre le Bloc, dont les appuis pourraient, selon lui, favoriser les libéraux, avant de redevenir la cible de tous ses adversaires.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet lui a d’ailleurs renvoyé la balle, mardi, alors qu'il faisait campagne dans la région de Québec.

J’ai l'impression que les gens de Québec vont continuer de se questionner quant à la pertinence [des conservateurs] de dire que voter pour le Bloc, c'est voter pour les libéraux, a-t-il déclaré.

Ça fait une semaine qu'on joue dans ce film-là. On l'a tous entendu. Moi, j'ai ajouté une ligne : voter pour les conservateurs, c'est voter pour le passé. Voter pour le Bloc, c'est voter pour le futur, a laissé tomber Yves-François Blanchet, un peu plus tard à Victoriaville.

Monsieur Scheer commence à pratiquer la politique de la colère et je ne crois pas que la politique de la colère sert les Québécois.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Le chef néo-démocrate avait pour sa part évoqué une alliance avec le Parti libéral pour défaire un éventuel gouvernement conservateur.

Jagmeet Singh est depuis moins précis sur le sujet. On veut se battre pour vous. Et on est fier du fait d’avoir dit qu’on ne peut pas travailler avec les conservateurs, a-t-il laissé entendre.

Le chef du NPD a tenté mardi de se définir comme le seul choix progressiste pour les électeurs.

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