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L’industrie forestière peine à recruter suffisamment de planteurs d’arbres

Des arbres de différents âges sur un flanc de montagne. En arrière-plan, des pics enneigés.

Des saisons records d'incendies de forêt rendent le reboisement plus nécessaire que jamais en Colombie-Britannique.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

Radio-Canada

Les entreprises de sylviculture de la Colombie-Britannique doivent encore trouver jusqu’à 1000 nouveaux planteurs d’arbres pour restaurer de grandes zones brûlées par les incendies de forêt et assurer la séquestration du carbone.

Ce sera un défi, c’est sûr, avec plus d’arbres sur le marché cette année qu’auparavant, lance Timo Scheiber, président-directeur général de l’entreprise de reforestation Brinkman.

Selon la Western Forestry Contractors’ Association, la Colombie-Britannique doit planter environ 48 millions d’arbres de plus en 2020 qu’en 2019, soit 318 millions de pousses contre 270 millions.

Un homme en vêtements de travail, avec des gants et une pelle à la main, entre de vieilles souches.

Les planteurs d'arbres font un travail très physique. Ils sont près de 4500 dans la province.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

En cause, deux saisons records pour les feux de forêt – en 2017 et en 2018 – et la popularité grandissante de la séquestration du carbone.

L’industrie estime qu'elle emploie actuellement environ 4500 travailleurs. L’an prochain, elle pourrait avoir besoin de 500 à 1000 travailleurs de plus.

S'y ajoutent les promesses des partis politiques fédéraux lors de la campagne électorale, qui pourraient rendre encore plus criant le besoin de main-d’œuvre.

Un creux entre deux pentes. D'un côté, des arbres coupés recouverts de neige, de l'autre des arbres coupés sans neige.

La neige, près du canyon du Fraser, en Colombie-Britannique, signale la fin de la saison du reboisement.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

Des promesses ambitieuses

Le Parti libéral s’est engagé à planter 2 milliards d’arbres au Canada au cours de la prochaine décennie s’il est reporté au pouvoir. Le Parti vert est encore plus ambitieux : 10 milliards au cours des 30 prochaines années.

Ces propositions s’inscrivent dans une stratégie de lutte contre les changements climatiques. Une étude suisse suggère en effet que planter des milliards d’arbres dans le monde pourrait absorber suffisamment de CO2 pour faire diminuer considérablement la quantité de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère.

Jeff Andres en habit de travail, dehors, a l'air essoufflé.

Jeff Andrews plante des arbres depuis 17 ans dans les forêts de la Colombie-Britannique.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

Jeff Andrews, qui est planteur d’arbres depuis 17 ans, pense que l’augmentation de l’attention portée à son travail est une bonne nouvelle.

C’est bien qu’on soit vus comme des employés qualifiés, dit-il. C’est un travail difficile qui peut être assez dangereux.

Cela met toutefois une pression supplémentaire sur les entreprises de sylviculture qui ont de la difficulté à combler leurs besoins en personnel.

Un travail rude

L’industrie a augmenté les salaires entre 10 et 15 % cette année, mais les conditions de travail ne sont pas faciles. Non seulement ce travail constitue un défi physique, mais il est saisonnier, et les planteurs n’ont ni avantages sociaux, ni heures, ni salaires garantis.

Ils sont payés en fonction du nombre de pousses plantées selon un tarif oscillant entre quelques sous et 30 cents l'arbre, selon le type de terrain sur lequel ils travaillent.

Un homme en habit de travail, une pelle à la main, se tient debout au milieu de jeunes arbres et de vieilles souches.

Des planteurs qualifiés comme Lann Dickson, qui exerce le métier depuis 24 ans, sont précieux pour l'industrie forestière.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

Les engagements des partis politiques ne seront pas nécessairement faciles à remplir : il faudra trouver la main-d’œuvre nécessaire, mais également déterminer où exactement planter les millions d’arbres promis.

Toutefois, s'il y a une chose qui ne fait pas de doute, c'est que les planteurs qualifiés ne manqueront pas de travail dans un avenir rapproché.

Les gens se rendent compte que nous accomplissons une tâche essentielle et qu’ils ont besoin de nous, affirme le planteur Lann Dickson.

D'après un reportage de Tina Lovgreen

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie forestière