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Les dommages liés aux infarctus réduits de 30 % chez la souris

Illustration d'un homme victime d'une crise cardiaque.

Chaque année, pas moins de 70 000 Canadiens subissent une crise cardiaque.

Photo : iStock / wildpixel

Radio-Canada

Une molécule responsable de la nécrose des tissus associée à l'infarctus a été découverte par des scientifiques européens, qui ont aussi réussi à réduire de 30 % les dommages qu’elle cause chez des rongeurs.

Lors d’un infarctus, le sang arrête de circuler, bloqué par un caillot qui bouche une artère.

À ce moment, les tissus ne sont plus irrigués et ne reçoivent plus l'oxygène transporté par le sang, si bien qu’ils se détériorent et deviennent nécrosés très rapidement.

Selon la durée de l’interruption de la circulation, il peut y avoir des lésions de faible gravité ou des lésions graves et permanentes, et même mortelles.

En étudiant des vers, des biologistes suisses et français des universités de Genève et de Lyon ont établi que la nécrose était provoquée par la synthèse d'un certain lipide, la déoxydihydrocéramide, qui s'accumule lorsque l'oxygène vient à manquer et bloque le bon fonctionnement cellulaire.

Vue au microscope de muscles cardiaques sains et nécrosés.

Le muscle cardiaque sain (en bas à gauche; apparence striée) développe des signes de détérioration causée par le manque d'oxygène conduisant ainsi à la nécrose cellulaire (en haut à droite).

Photo : UNIGE

Cette synthèse se fait en trop grande quantité, ce qui devient toxique pour la cellule.

À l'aide de la spectrométrie de masse, nous avons observé qu'elle bloque certains complexes de protéines et provoque des défauts dans le cytosquelette des cellules et dans le fonctionnement des mitochondries, induisant la nécrose des tissus.

Howard Riezman, Université de Genève

Le saviez-vous?

Chaque année, pas moins de 70 000 Canadiens subissent une crise cardiaque, ce qui correspond à un infarctus toutes les 7 minutes. De ce nombre, environ 15 000 en meurent.

En se fondant sur les découvertes des biochimistes de l’Université de Genève, des collègues de l’Université de Lyon ont injecté un inhibiteur de la synthèse des céramides à des souris juste avant qu’elles ne subissent un infarctus.

Ainsi, en inhibant la synthèse de ce lipide chez des souris subissant une crise cardiaque, les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature Metabolism (Nouvelle fenêtre) (en anglais) sont parvenus à réduire de 30 % les dommages causés aux tissus.

Cette diminution est très importante! Elle ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques dans la prise en charge de patients faisant des attaques vasculaires.

Howard Riezman

Ces résultats pourraient mener à la mise au point d’un nouveau modèle de prise en charge des personnes victimes d’accidents cardiovasculaires et cérébraux.

Médecine

Science