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L'Espagne condamne la « violence généralisée » en Catalogne

Des policiers masqués et munis de matraques traversent une ligne de cartons enflammés pour affronter les manifestants.

Le centre de Barcelone a vécu des scènes de guérilla urbaine mardi soir.

Photo : Reuters / Albert Gea

Agence France-Presse

Madrid dénonce la « violence généralisée » en Catalogne au deuxième jour des manifestations contre la condamnation des dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Conteneurs en feu, charges policières : le centre de Barcelone a vécu des scènes de guérilla urbaine mardi soir.

Face à cette situation, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a dénoncé dans un communiqué la violence généralisée dans les manifestations ayant eu lieu à Barcelone et d'autres villes comme Tarragone, Gérone ou Lérida.

Une minorité veut imposer la violence dans les rues des villes catalanes [...]. Il est évident que nous ne sommes pas face à un mouvement citoyen pacifique, mais coordonné par des groupes qui utilisent la violence dans la rue pour rompre la coexistence en Catalogne.

Pedro Sanchez, président de l'Espagne

Le gouvernement promet de garantir la sécurité avec fermeté.

En fin de soirée, l'élégante avenue du Paseo de Gracia à Barcelone, où la circulation était interdite, était jonchée de conteneurs en feu, ont constaté les journalistes de l'AFP. Des barricades étaient érigées dans des rues alentour, tandis que des policiers poursuivaient des manifestants leur ayant lancé bouteilles ou objets incendiaires.

Plusieurs dizaines de blessés

Selon des images diffusées par la télévision régionale, des heurts ont également eu lieu à Gérone, Tarragone et Lérida où, comme à Barcelone, les associations indépendantistes avaient appelé à manifester devant les bâtiments gouvernementaux.

À Barcelone, 40 000 personnes ont participé à la manifestation avant que les heurts n'opposent quelques centaines de militants, souvent le visage masqué, aux forces de l'ordre qui ont chargé.

Des manifestants reculent devant les policiers antiémeutes.

Les manifestants affrontent la police espagnole à Barcelone, le 15 octobre.

Photo : Getty Images / Alex Caparros

Selon les services d'urgence, 74 personnes ont dû être prises en charge médicalement mardi dans l'ensemble de la région. La police catalane a indiqué avoir arrêté quatre personnes, dont trois à Barcelone.

Nouveau mandat d'arrestation

Le parquet de Bruxelles a annoncé plus tôt mardi avoir reçu le nouveau mandat d'arrêt européen lancé la veille par la justice espagnole à l'encontre du responsable indépendantiste catalan Carles Puigdemont, et il a promis une analyse juridique approfondie du document dès qu'une traduction lui aura été communiquée.

Le mandat est rédigé en espagnol, a expliqué le parquet dans un communiqué. Or, le pays requérant doit fournir la traduction dans une des trois langues nationales (néerlandais, français, allemand) ou en anglais.

Contactée, la justice espagnole a affirmé en fournir la traduction au cours de la semaine prochaine, a-t-on ajouté de même source. Une fois les traductions du mandat d'arrêt européen et de toutes les pièces jointes reçues, le parquet de Bruxelles procédera à l'analyse de ce mandat.

Depuis que M. Puigdemont s'est réfugié en Belgique, à la fin d'octobre 2017, après la sécession avortée de la Catalogne, c'est la troisième fois que l'Espagne lance un mandat d'arrêt européen pour obtenir sa remise.

Carles Puigdemont en compagnie de ses avocats.

Le leader séparatiste catalan Carles Puigdemont est l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt délivré par la justice espagnole.

Photo : Getty Images / Michele Tantussi

En décembre 2017, le premier mandat avait été retiré par le juge espagnol responsable des poursuites contre plusieurs dirigeants indépendantistes. Il disait craindre une différence de traitement avec les responsables arrêtés en Espagne.

Puis, nouveau rebondissement en juillet 2018 : ce même juge, Pablo Llarena, avait renoncé à poursuivre l'ex-président de la Catalogne et d'autres indépendantistes partis à l'étranger, après une décision de la justice allemande favorable à Carles Puigdemont, arrêté quelques mois plus tôt en Allemagne.

Vu la complexité du dossier et les deux mandats d'arrêt européens déjà émis précédemment contre C. Puigdemont, le dossier demande une analyse juridique approfondie.

Le parquet de Bruxelles

Le parquet belge a également dressé une liste des principales informations qui doivent figurer obligatoirement dans le mandat pour qu'il soit examiné.

Il s'agit également pour le ministère public de vérifier si le fait qui est à la base du mandat d'arrêt européen constitue une infraction au regard du droit belge, a-t-il rappelé.

La justice espagnole vise les délits de sédition et de détournements de fonds publics.

Aéroport et autoroutes bloqués

Avant les manifestations de mardi, des militants indépendantistes avaient coupé des routes dans la région catalane, dont l'autoroute reliant Barcelone à la France, et des voies ferrées, selon le ministère espagnol des Transports.

Lundi, quelques heures après l'annonce de la condamnation des leaders indépendantistes par la Cour suprême, des milliers de militants avaient fait le blocus de l'aéroport de Barcelone à l'appel de la mystérieuse organisation Tsunami démocratique.

Une personne brandit un drapeau de la Catalogne au-dessus des bâtiments de l'aéroport de Barcelone.

Plusieurs milliers de personnes ont tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone lundi, le deuxième d'Europe en matière d'achalandage.

Photo : Reuters / Jon Nazca

Près de 10 000 manifestants, selon le gouvernement, avaient bloqué ses accès jusque tard dans la nuit. Plus de 100 vols avaient été annulés, d'après le gestionnaire de l'aéroport, AENA.

Des heurts avaient opposé manifestants et forces de l'ordre qui avaient tiré des balles en mousse et en caoutchouc. En tout, 131 personnes avaient dû être prises en charge médicalement lundi dans la région, dont 115 à l'aéroport, d'après les services d'urgence. Un manifestant a perdu l'usage d'un œil, selon l'hôpital où il a été opéré mardi.

Maintenant, le peuple doit être dans la rue, toutes les révoltes partent de là. Regardez Hong Kong!

Victoria Santos, manifestante barcelonaise de 62 ans

Outre la délivrance de ce nouveau mandat d'arrêt européen, la Cour suprême d'Espagne a condamné 9 dirigeants indépendantistes à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

L'ancien vice-président régional Oriol Junqueras s'est vu infliger la plus lourde peine avec 13 ans de prison pour sédition et détournements de fonds publics.

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