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Toutes les Françaises auront désormais droit à la procréation médicale assistée

Les députés de l'Assemblée nationale française se tiennent debout.

Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté par 359 voix, contre 114 et 72 abstentions, le projet de loi sur la bioéthique.

Photo : afp via getty images / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Agence France-Presse

Après près de 80 heures de débats intenses, l'Assemblée nationale française a voté mardi, à une large majorité, un vaste projet de loi sur la bioéthique dont la mesure phare prévoit l'ouverture controversée de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Il a recueilli en première lecture l'approbation de 359 députés, 114 s'y étant opposés et 72 s'étant abstenus, et devrait être examiné au Sénat en janvier.

Ce texte sensible est la première grande réforme sociétale du quinquennat d'Emmanuel Macron, élu chef de l'État en mai 2017.

Outre l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires, il prévoit une délicate réforme de la filiation et de l'accès aux origines et aborde nombre de sujets complexes comme l'autoconservation des ovocytes et la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait salué avant le vote un texte d'équilibre, parfois progressiste, parfois conservateur, se félicitant de la sérénité des échanges dans l'hémicycle, même si le consensus n'est pas possible sur ces questions.

Dans tous les groupes politiques, la liberté de vote est de mise sur ces sujets qui touchent à l'intime et qui ont suscité des questionnements au-delà des clivages partisans.

Un écran montre les résultats d'un vote à l'Assemblée nationale française.

Les députés français ont largement voté en faveur de la loi sur la procréation assistée offerte aux femmes lesbiennes et célibataires.

Photo : Getty Images / AFP/Christophe Archambault

Outre les élus de la majorité présidentielle LREM et MoDem qui défendaient une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, les députés de gauche – socialistes, communistes et de La France Insoumise (gauche radicale) – étaient pour la plupart favorables à l'extension de la PMA.

Des élus LREM ou MoDem avaient toutefois exprimé de vives réticences.

Les élus du parti Les Républicains (opposition de droite) y étaient pour leur part majoritairement opposés. L'un d'eux, Thibault Bazin, a dénoncé un projet qui fait tomber un certain nombre de barrières éthiques et porte une réforme sociétale qui divise les Français, s'inquiétant de l'avenir qu'auront certains enfants privés de père.

Pendant les débats, des élus LR avaient inlassablement insisté sur un effet domino inéluctable vers la gestation par autrui (GPA), même si le gouvernement répète que celle-ci reste un interdit absolu en France.

Le gouvernement espère voir la loi de bioéthique votée avant l'été.

Les opposants à l'extension de la PMA aux lesbiennes et aux femmes seules ont annoncé un nouveau week-end d'actions délocalisées partout en France, les 30 novembre et 1er décembre.

Pour leur première mobilisation le 6 octobre, quelque 74 500 personnes avaient manifesté à Paris, selon le cabinet indépendant Occurrence. Les organisateurs, un collectif de 21 associations, avaient avancé le chiffre de 600 000 participants.

Des familles homoparentales avaient répliqué avec des photos de famille sur Twitter.

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