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Peut-on empêcher la formation d’un ouragan?

Compte tenu de la durée de vie d’un ouragan, même en larguant tout l’arsenal nucléaire de la planète, rien n’y ferait pour le perturber.

Un homme debout sur un bloc de béton fait face à l'océan et aux vents violents.

Un homme brave le vent et la pluie à Dartmouth, dans le port d'Halifax, dans l'après-midi du 7 septembre.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Pascal Yiacouvakis

La question a souvent été lancée et il y a quelques semaines, lorsque le président américain Donald Trump aurait, selon Axios, avancé l’idée de faire exploser les ouragans avant qu’ils ne se forment. Plus tard, le président aurait démenti cette nouvelle, la qualifiant de « fake news ».

L’idée de détruire un ouragan avant qu’il ne s’intensifie trop n’est pas nouvelle.

À la fin des années 50, alors que les armes nucléaires étaient à l’avant-scène, Jack Reed, un météorologue travaillant au Sandia National Laboratories, proposa d’utiliser des bombes atomiques pour freiner le développement des ouragans.

Mais est-ce réellement possible et quels en seraient les impacts?

Sachant qu’un ouragan est caractérisé par des pressions atmosphériques très basses (ce qui explique en partie la violence des vents) et de l’air chaud et instable, l’idée avancée par Reed était que la violence de l’explosion pousserait l’air chaud à l’extérieur de la tempête.

Ceci permettrait alors à l’air plus froid environnant de s’engouffrer au centre de la tempête, et par le fait même d’augmenter la pression atmosphérique au sein de la tempête.

Cette augmentation de la pression aurait pour effet d’affaiblir l’ouragan, voire de le dissiper complètement.

Les quantités d’énergie dégagées au sein d’un ouragan sont phénoménales.

La majeure partie de cette énergie est relâchée par le biais de la condensation de la vapeur d’eau.

Un ouragan en développement peut dégager une quantité d’énergie égale à cinq bombes atomiques à la seconde.

Compte tenu de la durée de vie d’un ouragan (de quelques jours à deux semaines) même en larguant tout l’arsenal nucléaire de la planète, rien n’y ferait pour le perturber.

Bref, nous ne disposons pas de moyens techniques pour rivaliser avec la puissance d’un ouragan.

L'ouragan Harvey vu par un satellite de la NASA.

L'ouragan Harvey vu par un satellite de la NASA en août 2017.

Photo : NASA/NOAA GOES Project

Cela, sans compter les dégâts que causeraient les retombées radioactives qui se propageraient rapidement dans l’atmosphère et causeraient de très graves problèmes environnementaux.

Durant les années 60 et 70, on a tenté d’affaiblir quelques ouragans en les ensemençant grâce à des avions lâchant de l’iodure d’argent.

On croyait que l’iodure d’argent altérerait suffisamment la structure des nuages et cela pourrait affaiblir la tempête.

Ces tentatives furent des échecs, même si l’ensemencement des nuages est encore utilisé de nos jours.

Mais en quoi consiste l’ensemencement des nuages? C’est ce que nous verrons dans une prochaine chronique.

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