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Le Québec appelle « à une résolution pacifique du différend » en Catalogne

Une foule marche en brandissant une banderole sur laquelle il est écrit : « Ingouvernables » et une autre banderole dénonçant des peines de prison infligées à neuf de leurs leaders.

Des manifestants en faveur de l’indépendance de la Catalogne marchent dans les rues de Barcelone le 15 octobre 2019, réclamant l'abolition des peines de prison infligées à neuf de leurs leaders.

Photo : Reuters / Jon Nazca

Radio-Canada

Le premier ministre du Québec François Legault a lancé un appel en faveur d'une « solution négociée et juste » entre la Catalogne et l'Espagne, après la condamnation à la prison de neuf dirigeants catalans pour tentative de sécession, en 2017.

Il n'est pas dans l'habitude du Québec de s'ingérer dans les affaires politiques internes des autres nations, a fait savoir le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) par communiqué mardi. Cependant, le gouvernement du Québec ne peut rester indifférent devant l'ampleur des lourdes peines infligées à des politiciens catalans élus démocratiquement.

Lundi, la Cour suprême d'Espagne a condamné neuf indépendantistes catalans à des peines d'emprisonnement allant de neuf à treize ans; la plupart des accusés sont d'anciens membres du gouvernement régional de Carles Puigdemont, lui-même en exil en Belgique.

Le premier ministre Legault a rappelé que la nation québécoise entretient des relations amicales avec l'Espagne et la Catalogne et nous souhaitons de tout cœur une solution négociée et juste.

L'intimidation institutionnelle et la violence ne sont pas des solutions.

François Legault, premier ministre du Québec

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, dit que le Québec est inquiet pour la suite et espère que la violence sera évitée.

Sur la scène fédérale, à moins d'une semaine du scrutin, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a appelé le premier ministre sortant Justin Trudeau, lundi, à dénoncer le sort réservé aux indépendantistes catalans : C’est profondément inacceptable, a déclaré le leader du BQ. Mais M. Trudeau s'est refusé à tout commentaire, affirmant qu'il s'agissait d'une affaire interne espagnole.

Des heurts à l'aéroport

Lundi, l'annonce des peines d'emprisonnement avait incité des milliers d'indépendantistes catalans en colère à descendre dans les rues de Barcelone. La police antiémeute a chargé à plusieurs reprises des centaines de militants qui tentaient de bloquer l'aéroport international. Une personne aurait été arrêtée.

Parmi la centaine de personnes traitées pour blessures par les services de santé catalans, il y avait 11 policiers. Parmi les blessés, 24 ont été hospitalisés.

Les heurts ont perturbé le transport aérien. En plus des 110 vols qui ont été annulés lundi, les passagers de 45 autres appareils ont été cloués au sol mardi.

Un homme portant des valises tente de marcher parmi des manifestants assis au sol.

Un voyageur tente de se frayer un chemin au milieu de manifestants bloquant l'entrée de l'aéroport de Barcelone.

Photo : Getty Images / Alex Caparros

Guerre de mots

Sur la scène politique, l'ancien vice-président du gouvernement régional catalan Oriol Junqueras, condamné à 13 ans de prison, a déclaré mardi qu'un nouveau référendum d'indépendance était inévitable et que ce contentieux se dénouera dans les urnes.

Les séparatistes ne renonceront jamais.

Oriol Junqueras, répondant par courrier électronique à une question de Reuters

M. Junqueras affirme que ses coaccusés et lui déposeront un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.

Mais en Espagne, Josep Borrell – qui est ministre des Affaires étrangères et lui-même catalan – a accusé mardi les indépendantistes d'arborer une attitude totalitaire. Borrell, qui deviendra sous peu chef de la diplomatie de l'Union européenne, affirme que les indépendantistes ignorent la "catalanité" de ceux qui ne sont pas indépendantistes.

Un homme s'adresse à une demi-douzaine de reporters à l'extérieur.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, commente les peines d'emprisonnement infligées par la Cour suprême à neuf leaders séparatistes catalans.

Photo : Reuters / Sergio Perez

Josep Borrell soutient que le gouvernement central continuera de chercher une solution négociée à la crise indépendantiste. Mais, selon lui, le gouvernement catalan de Quim Torra ne peut pas continuer de prétendre qu'il représente l'ensemble de la population de la région.

N'abusez pas du mot "Catalans", a-t-il prévenu.

À Barcelone, le président catalan a pour sa part déclaré que l'indépendance était le vœu clairement exprimé par la majorité des Catalans et que la quête de l'indépendance n'avait pas davantage divisé la population.

Enfin, un nouveau développement est survenu mardi : le parquet de Bruxelles a dit avoir reçu le nouveau mandat d'arrêt européen lancé par la justice espagnole contre Carles Puigdemont.

Rappel des faits

Le 1er octobre 2017, 2 millions de Catalans avaient dit oui à l'indépendance, contre environ 177 000 électeurs qui l'avaient rejetée.

Le taux de participation au scrutin n'avait cependant été que de 43 %, la majorité des opposants à l'indépendance ayant boycotté l'exercice.

Fort de ce résultat, le Parlement catalan, contrôlé par les indépendantistes, avait défié Madrid en déclarant l’indépendance de la région.

Mais le gouvernement espagnol a destitué le gouvernement et placé la Catalogne sous tutelle. Cette tutelle s'est terminée, en juin 2018, avec l'accession au pouvoir en Catalogne du gouvernement régional de Quim Torra.

Avec les informations de The Guardian, Reuters, et Agence France-Presse

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