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Inondations en Beauce : des commerçants « laissés à eux-mêmes » envisagent un recours collectif

Le centre-ville de Beauceville et plusieurs commerces inondés par l'eau de la rivière Chaudière.

Quelques petites minutes ont suffi pour que le centre-ville de Beauceville soit inondé le 16 avril dernier. L'économie tourne au ralenti depuis.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Alain Rochefort

Des commerçants de Beauceville qui doivent éponger des pertes financières majeures en raison des inondations historiques du printemps dernier envisagent un recours collectif contre le gouvernement du Québec.

Six mois après la crue historique de la rivière Chaudière, la vie économique de la petite municipalité beauceronne tourne toujours au ralenti.

Le centre-ville de Beauceville n’a toujours pas d’épicerie et aucun client n’a remis les pieds au restaurant Normandie, au Subway ou encore au Valentine. En fait, seul le Tim Hortons a rouvert ses portes.

Un autre irréductible, le dépanneur 646, brasse tout de même des affaires. Mais non sans un goût amer.

Son propriétaire, Étienne Boucher, estime avoir réinvesti entre 100 000 $ et 125 000 $ de sa poche pour rouvrir ses portes. Il n’a reçu aucune aide gouvernementale parce que son chiffre d’affaires dépasse 2 millions de dollars.

« Le gouvernement donne des montants d’argent à des maisons pour les démolir si tu veux avoir la paix finale avec ça. Moi, mon commerce, je voudrais vendre ça demain matin. C’est impossible. Ça ne vaut plus rien », dénonce le propriétaire, en montrant du doigt un autre commerce, près du sien, qui a pourtant reçu « un gros montant pour détruire sa bâtisse ».

Un long cauchemar

La crue des eaux a été à ce point rapide qu’Étienne Boucher et ses employés se sont échappés du dépanneur 646 par la fenêtre, le matin fatidique du 16 avril dernier. Des secouristes les ont récupérés en chaloupe.

C’était le début d’un cauchemar. Un long cauchemar. Pour Étienne Boucher, la pente est particulièrement longue à remonter, car les ventes se font majoritairement à petits prix dans son dépanneur.

Financièrement, c’est vraiment difficile. Avec [l’ampleur des] inondations, ça va prendre trois ou quatre ans avant de récupérer tout ce qu’on a perdu.

Étienne Boucher, propriétaire du dépanneur 646
A05P0696

La crue des eaux a été très rapide à Beauceville, en avril 2019.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

« Laissés à eux-mêmes »

À quelques pas du dépanneur 646, Martin Carrier tente de remettre son garage à flot malgré les dommages majeurs. L’eau est montée au-dessus du comptoir où se brassent normalement les affaires, raconte Martin Carrier.

Lui aussi aimerait avoir de l’aide.

« Les maisons sont en démolition. [Les résidents] ont su à quel montant ils ont droit. Mais nous, les commerces, personne ne nous aide. On est laissé à nous-mêmes. Puis, nos business ne valent plus rien. Ça fait 36 ans. Le fonds de pension à 55 ans, il est disparu », déplore-t-il.

On a zéro assurance, zéro aide du gouvernement parce qu’on a un chiffre d’affaires de deux millions et plus.

Martin Carrier, propriétaire d'un garage

Rencontre d'information

MM. Boucher et Carrier se sentent victimes. Ils veulent leur part du gâteau.

« On pense qu’il faudrait peut-être faire un recours collectif pour mettre de la pression sur le gouvernement. Ils nous enlèvent tous nos droits acquis. [Mon] commerce ne vaut plus rien. On devrait être dédommagé pour ça », souligne Martin Carrier.

Dans l’espoir de faire bouger les choses, MM. Boucher, Carrier et d’autres commerçants se feront entendre lundi soir à une rencontre d'information destinée aux citoyens de Beauceville.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

Québec

Incidents et catastrophes naturelles