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Fin des écoles bilingues en N.-É. : 20 ans plus tard, la partie est-elle gagnée?

Radio-Canada

Il y a 20 ans, les écoles bilingues disparaissaient en Nouvelle-Écosse pour faire place à des écoles entièrement francophones, jugées essentielles par ses défenseurs pour freiner l’assimilation.

À l'époque, des intervenants de premier plan posent aujourd'hui un regard critique sur le rôle qu’ont depuis joué les écoles de langue française dans la préservation du français en Nouvelle-Écosse.

À la fin des années 1990, la perspective de convertir les écoles bilingues en écoles homogènes françaises soulevait les passions tant à Chéticamp, au Cap-Breton, qu’à l’autre extrémité de la province, dans les régions acadiennes de Clare et d’Argyle.

J'aimerions voir nos écoles rester comme c'était, lançait une résidente lors d’une assemblée publique.

Deux hommes qui discutent.

L'homogénéisation du système d'éducation francophone en N.-É. a suscité des discussions passionnées lors d'assemblées publiques.

Photo : Radio-Canada

Marie-Claude Rioux était directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE) quand la programmation mixte a été abolie dans les écoles en 1999.

Ce [dont] on nous a accusés à l'époque, finalement, c'était de créer finalement une guerre civile dans les régions acadiennes.

Marie-Claude Rioux, ancienne directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse
Marie-Claude Rioux, ancienne directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse, en entrevue.

Marie-Claude Rioux, ancienne directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse, estime qu'on a peut-être oublié les leçons des années 1999-2000.

Photo : Radio-Canada

Après l'abolition des écoles mixtes, la FPANE et des parents, à titre individuel, intentent une poursuite contre le gouvernement provincial pour faire accélérer la mise en place d'écoles homogènes francophones. La cause est entendue en octobre 1999 par le juge Arthur LeBlanc, l’actuel lieutenant-gouverneur de la province.

Claude Renaud suivait la situation de près. Il a contribué à la création de la première école entièrement francophone de la 1re à la 12e année en Nouvelle-Écosse : le Carrefour du Grand-Havre.

Il se souvient d’une question qui surgissait fréquemment dans la communauté acadienne.

Est-ce que les enfants qui sortent du système scolaire français vont pouvoir se débrouiller en anglais ensuite?

Claude Renaud en entrevue dans un stationnement d'école.

Claude Renaud a suivi de près les débats sur l'école homogène francophone, à la fin des années 1990.

Photo : Radio-Canada

Le 16 juin 2000, la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse donne entièrement raison à la Fédération des parents acadiens.

Le juge LeBlanc arrive à la conclusion qu'un consensus n'est pas nécessaire au sein de la communauté pour implanter les écoles homogènes.

Je pense qu'on va avoir des résultats concrets avec ça finalement. On va pouvoir contrer le taux d'assimilation, affirmait alors Marie-Claude Rioux.

Les tensions se sont rapidement apaisées dans les communautés.

Recul du français dans les écoles

Vingt ans plus tard, c'est l'heure des constats.

Les préoccupations de Claude Renaud s'apparentent à celles du passé.

Il s'inquiète du nombre grandissant d'élèves issus de familles anglophones dans les écoles de langue française. Au fil des ans, les critères d'admission se sont assouplis.

Quant à moi, la qualité de l'éducation reste la raison première de cette institution-là et il ne faudrait pas se convertir simplement en école d'immersion [ce] qui est loin d'être la destinée et la raison d'être du CSAP (Conseil scolaire acadien provincial).

L'affiche extérieure du Carrefour du Grand-Havre.

L'école du Carrefour du Grand-Havre, l'école secondaire francophone de la région d'Halifax.

Photo : Radio-Canada

De son côté, Marie-Claude Rioux se désole elle aussi d'observer de plus en plus d'élèves parler anglais dans les cours d'école du CSAP.

Je crois que ça, c'est un problème d'histoire qu'on oublie. On oublie les batailles qui ont été menées, on oublie les raisons pour lesquelles ces batailles ont été menées et je crois qu'on aurait tout avantage à s'approprier ces batailles-là.

Une réflexion s'impose, selon elle, pour éviter un retour en arrière.

D’après un reportage d’Olivier Lefebvre

Nouvelle-Écosse

Histoire