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Trudeau tente d'empêcher une percée du Parti vert en Atlantique

Justin Trudeau souriant, devant un arbre aux feuilles orangées.

Justin Trudeau passe la journée de mardi en Atlantique.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

François Messier

Justin Trudeau a ajouté le Parti vert à la liste des partis que les électeurs devraient éviter d’appuyer pour empêcher l’élection d’un gouvernement conservateur, à l’occasion d’une visite à Fredericton, où le député libéral sortant Matt DeCourcey est menacé de perdre son siège.

Il s’agissait de la première étape d’un blitz qui doit amener le chef libéral dans cinq circonscriptions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, deux des quatre provinces de l’Atlantique, qui ont toutes été balayées par les libéraux lors de l’élection de 2015.

La présence de M. Trudeau dans la région constitue donc un geste défensif, destiné à protéger des sièges libéraux à l’heure où les sondages laissent croire que le prochain gouvernement du Canada pourrait être minoritaire.

Le chef libéral n'avait pas de nouveaux engagements à proposer aux électeurs mardi.

Il s'est surtout appliqué à rappeler ceux qu'il a pris depuis le début de la campagne, en présentant une fois de plus son parti comme un rempart contre un retour aux politiques de l'ancien chef conservateur Stephen Harper, marquées selon lui par les compressions et l'austérité budgétaire.

En ce qui concerne le Nouveau Parti démocratique et les verts, rappelez-vous ça : si vous voulez des actions progressistes, vous avez besoin d’un gouvernement progressiste, pas d’une opposition progressiste

Justin Trudeau

Le chef libéral avait livré le même message hier, lors d’une tournée dans le Sud-Ouest ontarien, mais en ciblant le NPD de Jagmeet Singh, mais aussi le Bloc québécois d’Yves-François Blanchet, sans se préoccuper du Parti vert d’Elizabeth May.

Notre dossier Élections Canada 2019

Fredericton convoité par les verts

La circonscription de Fredericton, remportée par les libéraux en 2015, mais par les conservateurs en 2011, est cette fois le théâtre d’une course à trois. La conservatrice Andrea Johnson et la candidate des verts, Jenica Atwin, tentent toutes deux de déloger M. DeCourcey.

Les verts misent beaucoup sur Fredericton pour faire une percée en Atlantique, eux qui comptaient seulement deux députés britanno-colombiens à la Chambre des communes lors du déclenchement des élections, soit Mme May et Paul Manly.

Depuis le début de la campagne, Elizabeth May s’est rendue à plusieurs reprises à Fredericton. Peter Bevan Baker, le chef du Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard, et David Coon, le chef des verts du Nouveau-Brunswick, sont aussi venus prêter main-forte à Mme Atwin la semaine dernière.

M. Coon représente la circonscription provinciale de Fredericton-Sud à l’Assemblée législative depuis 2014.

Higgs épinglé

M. Trudeau n'a pas manqué d'épingler à quelques reprises le premier ministre conservateur néo-brunswickois Blaine Higgs, qui s'oppose au plan de lutte contre les changements climatiques qu'il a mis en place, à l'instar ses collègues de l'Ontario et de l'Alberta, Doug Ford et Jason Kenney.

Le chef libéral plaide depuis le début de la campagne qu'il est essentiel d'empêcher Andrew Scheer d'accéder au pouvoir, afin que le plan de tarification du carbone qu'il a imposé aux provinces qui n'en avaient pas déjà un reste en place.

M. Higgs a aussi été critiqué par M. Trudeau en raison de la fermeture annoncée de la Clinique 554, la seule institution de santé privée qui pratique des avortements au Nouveau-Brunswick.

Ses dirigeants ont accusé le gouvernement Higgs d'avoir précipité cette décision en refusant d'assumer le coût des avortements qui y sont pratiqués, ce qui a contribué à transformer cette affaire en enjeu électoral.

Justin Trudeau a indiqué qu'il discuterait avec M. Higgs pour lui expliquer qu’il doit fournir une couverture pour les services d’avortement offerts en dehors des hôpitaux au Nouveau-Brunswick s'il était reporté au pouvoir.

Le gouvernement fédéral sera prêt à utiliser tous les outils nécessaires, y compris sous la Loi canadienne sur la santé, pour s’assurer que ce soit fait par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Les progressistes, ce sont les néo-démocrates, rétorque Singh

Jagmeet Singh, devant un micro. Une vingtaine de personnes l'écoutent.

Jagmeet Singh a tenu une conférence de presse devant une station de métro de Toronto, mardi matin.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

En campagne dans la région de Toronto, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s'est moqué du fait que Justin Trudeau appelle de ses voeux l'élection d'un gouvernement progressiste depuis peu.

J'espère que ça encourage les gens à voter pour moi, parce que [le NPD] est la réelle alternative progressiste pour les gens, a-t-il commenté lors d'une conférence de presse dans la circonscription de Toronto-Danforth.

Les néo-démocrates espèrent reprendre cette circonscription, autrefois détenue par l'ex-chef du NPD Jack Layton, mais passée dans le camp libéral en 2015. Le NPD a aussi espoir de ravir les circonscriptions de Davenport et Parkdale-High Park aux libéraux.

M. Singh a répété que le chef libéral n'a pas le courage d'augmenter les impôts des Canadiens ayant une fortune de plus de 20 millions de dollars ou de mettre en place un régime public d'assurance-médicaments, comme il s'est engagé à le faire.

Trudeau n'a pas la volonté de faire ça. Il demande aux gens de voter progressiste. C'est un vote pour les néo-démocrates. Nous sommes prêts à prendre ces votes.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

M. Singh n'en a pas moins été rattrapé mardi matin par la perspective qu'il puisse former une coalition avec les libéraux si ces derniers devaient ne pas avoir la majorité requise de 170 sièges pour gouverner. Quelques électeurs lui en ont parlé sans détour.

Une électrice disant être d'allégeance néo-démocrate, Elayne Lockhart, lui a par exemple dit être déchirée à quelques jours du vote. Elle admet songer à délaisser le NPD au profit des libéraux, de crainte que les conservateurs ne l’emportent.

Jagmeet Singh participera à d'autres activités dans la région de Toronto mardi, avant de se rendre à Montréal en soirée. Justin Trudeau doit aussi revenir dans la métropole québécoise en soirée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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