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Sans-abri : difficile de voter sans adresse fixe

Un homme regarde devant, avec des lits superposés en arrière-plan.

Fernando Luarca habite le quartier Downtown Eastside, à Vancouver. Il tient à exercer son droit de vote même si son absence d'adresse fixe rend la chose compliquée.

Photo : Rafferty Baker/CBC

Radio-Canada

Voter est un défi pour les sans-abri. Comme ils n'ont souvent pas de pièce d’identité avec photo ni d'adresse fixe, il ne leur est pas si facile de s’enregistrer auprès d’Élections Canada. Malgré les obstacles, plusieurs tiennent toutefois absolument à exercer leur droit de vote.

C’est le cas de Fernando Luarca, qui vit dans le quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Sans adresse permanente et sans permis de conduire sur lequel figure une photo, il affirme s’être fait dire à maintes reprises, lors d'élections précédentes, qu’il ne pouvait pas voter.

Chaque fois que je vais dans un bureau de vote, on me dit : "Oh, votre nom n’est pas là, pourquoi ne vous êtes-vous pas enregistré?", dit-il. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que j’ai essayé.

Des modifications législatives en 2007

En 2007, sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper, la loi électorale a été modifiée pour rendre obligatoire la présentation d’une carte d’identité et d’une preuve d’adresse lors du scrutin.

Selon l’avocat Jim Quail, qui a contesté, sans succès, ces nouvelles exigences en Cour suprême de la Colombie-Britannique en 2008, c’est un obstacle inutile qui empêche les plus vulnérables d’avoir une voix.

Il existe déjà tant d’obstacles qui empêchent les itinérants de voter, notamment leur condition socioéconomique et toutes sortes d’autres circonstances, affirme-t-il. Pourquoi donc le Canada en a-t-il placé un autre sur leur chemin? Ça me dépasse.

Avant 2007, une déclaration sous serment au moment du vote était suffisante.

Désormais, une personne sans carte d’identité doit avoir un répondant qui se porte garant d'elle pour qu’elle puisse exercer son droit de vote. Mais ce répondant doit être lui-même inscrit dans le même bureau de vote et il ne peut répondre que d’une seule personne.

La concentration des sans-abri dans le Downtown Eastside rend ce critère compliqué à remplir pour certains de ses résidents.

75 $ pour un passeport

Cette année, Fernando Luarca a choisi de se procurer un passeport, ce qui lui facilitera les choses s’il l'associe à une lettre de confirmation de résidence fournie par un refuge ou une soupe populaire.

Les frais administratifs de 75 $ constituent un sacrifice qu’il est prêt à faire.

Je sens que j’ai un peu plus de pouvoir, parce que c’est important d’être entendu, conclut-il.

Avec des informations de Bridgette Watson

Colombie-Britannique et Yukon

Élections fédérales