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Le Bloc québécois lance un dernier blitz

Les stratèges du parti prévoient ajouter des visites dans des circonscriptions jugées imprenables au départ.

Yves-François Blanchet et Yves Destroismaisons en conférence de presse à l'extérieur

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet lors d'une conférence de presse à Lachute en compagnie du candidat dans Argenteuil–La Petite-Nation, Yves Destroismaisons

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Julie Marceau

Bien que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, fasse officiellement preuve d’un optimisme prudent en répétant que rien n’est gagné et que toutes les circonscriptions sont importantes au Québec, officieusement, les stratèges du parti prévoient ajouter des visites dans des circonscriptions jugées imprenables au départ.

Il faut dire que l’ambiance s’est transformée sur le terrain. Les premiers rassemblements faméliques du début de campagne ont fait place à des séances d'égoportraits partout où le chef se rend, et même à des séances d’autographes.

Bonjour Monsieur, un petit autographe, demande une électrice à Lachute.

Je vais prendre les vieux trucs d’Éric, répond Yves-François Blanchet en parlant du rockeur Éric Lapointe, dont il a été le gérant, avant d’utiliser le dos de son chef de cabinet pour poser sa signature.

Yves-François Blanchet signe un autographe en s'appuyant sur le dos de son chef de cabinet.

Le chef Yves-François Blanchet était sollicité par de nombreux électeurs, vendredi à Lachute, au lendemain du troisième et dernier débat, qui souhaitaient avoir son autographe sur les dépliants du parti.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

J’ai regardé les trois débats… c’est toi qui serais le meilleur premier ministre, lui chuchote un autre électeur d’Argenteuil–La Petite-Nation. Yves-François Blanchet doit lui rappeler qu’il ne sera jamais… premier ministre.

Au total, le chef visitera cette journée-là quatre circonscriptions libérales et un château fort bloquiste.

Est-ce que ça veut dire qu’on est en train de pousser fort, fort, fort pour en ajouter [des circonscriptions]? lance Yves-François Blanchet à une foule conquise, en fin de journée, dans une microbrasserie de Saint-Eustache.

Avec Rivière-des-Mille-Îles, Thérèse-de-Blainville, Laurentides-Labelle, et Argenteuil [La Petite-Nation], ce serait le balayage, ajoute-t-il.

Nancy Déziel prend une photo d'Yves-François Blanchet avec une électrice et un candidat.

La femme d'Yves-François Blanchet, Nancy Déziel, prend régulièrement des photos pour le chef, alors que les électeurs sont nombreux ces jours-ci à en faire la demande.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

« C’est Yves-François Blanchet, regardez! »

Au Festival de la galette de sarrasin, dans Berthier-Maskinongé, deux jours plus tard, l’enthousiasme pour le chef bloquiste est indéniable malgré la forte présence de partisans de la députée sortante néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau.

Yves-François Blanchet salue la foule tandis qu'il défile, assis dans une voiture décapotable.

Yves-François Blanchet a participé au défilé du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville.

Photo : Radio-Canada

Bravo pour les débats!, répètent les spectateurs les uns après les autres en lui faisant un pouce en l'air lorsqu’il défile devant eux dans une voiture décapotable.

C’est le seul chef de parti présent. Cela explique aussi l’engouement.

La présence d’Yves-François Blanchet en Mauricie n’est pas anodine. La formation souverainiste sent qu’elle a le vent dans les voiles et veut marquer le coup dans certaines régions clés.

Ils tiennent des affiches.

Les partisans de la néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau au Festival de la galette de Louiseville étaient nombreux.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Le terrain est bon, les organisateurs veulent nous recevoir. On va faire des détours qu’on n'aurait pas faits [en début de campagne].

Un stratège bloquiste

La Mauricie, le Centre-du-Québec, l’Estrie, le Bas-Saint-Laurent et même la région de Québec sont dans la ligne de mire du parti pour le dernier sprint. Le chef est sollicité de toutes parts par les organisations régionales.

Le jour et la nuit pour la directrice des communications du Bloc québécois, France Amyot, qui dirigeait il y a un an la campagne de Jean-François Lisée.

L’année dernière [avec le Parti québécois], on allait dans des endroits où on se disait, là c’est un endroit qu’il faut consolider parce qu’on était en danger. Là, on est dans une dynamique où on se dit : c’est consolidé, on a la marge de manœuvre pour [faire] des gains potentiels, explique celle qui en est à sa 12e campagne électorale au fédéral et au provincial.

Notre dossier Élections Canada 2019

La région de la Capitale-Nationale, par exemple, était perçue comme un fief conservateur en début de campagne. Les organisateurs ne comptaient pas y mettre trop d’énergie. Mais la donne a changé, soutient-on en coulisses. Le chef participait à des rassemblements à La Malbaie et à Beaupré, lundi. Il sera à Lévis mardi pour une annonce sur le chantier naval Davie.

Vous n'êtes pas venus pour me rendre service, vous êtes venus parce que vous pensez que vous pouvez gagner, a lancé lundi soir Yves-François Blanchet aux partisans de la région de Québec, dans un restaurant de Beaupré. Des militants scandaient : On va gagner, on va gagner!

M. Blanchet a parlé lundi d’un « momentum ». Les organisateurs du parti, eux, ne cachent pas être en « mode offensif ».

Yves-François Blanchet, avec à ses côtés Gilles Duceppe et Alexis Brunelle-Duceppe, qui lui soulèvent les bras dans les airs.

Le chef du Bloc québécois, dimanche à Roberval, en compagnie d'un de ses proches conseillers, Gilles Duceppe, qui soutient également la campagne de son fils, Alexis Brunelle-Duceppe, dans Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Une bonne stratégie, tant qu’elle est déployée de façon modérée, explique l’un des conseillers d’Yves-François Blanchet dans cette campagne, Gilles Duceppe.

Il faut être en mode offensif. Mais faut pas exagérer […] Moi, j’ai joué longtemps au football […] Si tu sens que tu en mets trop, ce n’est pas bon. Il faut que tu joues ta partie avec ta propre stratégie. Ça ne veut pas dire que tu vas compter un touché à chaque jeu, mais tu travailles lentement pour remonter le terrain, dit de façon imagée l'ex-chef du Bloc québécois.

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