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Inondations : les sinistrés à petit budget forcés de quitter Sainte-Marie

Photo aérienne au moment des inondations d'avril 2019 à Sainte-Marie.

Photo : Crédits: / Pierre Lahoud

Marc-Antoine Lavoie

Avec près de 300 résidences qui seront démolies à Sainte-Marie, de nombreux sinistrés des inondations historiques en Beauce déménagent dans les municipalités voisines. Ils estiment que leur situation financière ne leur permet pas d'habiter les futurs quartiers résidentiels.

Maisons anciennes, logements en zones inondables, le centre-ville de Sainte-Marie permettait aux personnes à plus petit budget de trouver refuge, notamment grâce à des locations abordables.

C’est le cas de Claude Thibodeau, qui habitait avec sa conjointe une petite maison de la rue Baronet depuis six ans. La résidence qu’il louait pour 600 $ par mois a été détruite, trop endommagée par la crue de la rivière Chaudière.

Claude Thibodeau sur le terrain de son ancienne résidence.

Claude Thibodeau n'a pas trouvé de logement qui répond à ses besoins à Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

On a cherché pendant un mois et demi et on n’a absolument rien trouvé d’abordable. Il n'y a plus rien. Les loyers qu'on a trouvés et qui étaient disponibles, c'était de 900 à 1100 $ par mois, déplore M. Thibodeau.

Ça va être difficile de se trouver un logement pour la personne qui a un salaire moyen.

Claude Thibodeau, sinistré de Sainte-Marie
Une photo de l'ancienne résidence de Claude Thibodeau.

Claude Thibodeau louait cette résidence pour 600 $ par mois.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Même s’il occupe un emploi dans une entreprise dans le domaine de la bureautique, son salaire ne lui permettait pas de trouver un nouveau logement à Sainte-Marie, près de son travail. Il a finalement trouvé un petit appartement, 30 kilomètres plus loin, à Saint-Lambert-de-Lauzon.

On avait le Maxi, le Super C et le IGA. Maintenant, on tombe dans un petit village. On a seulement une épicerie. On a des dépenses d'essence du matin et du soir. Ça fait un budget qui va arriver plus serré, prévoit M. Thibodeau.

Faire face à l'itinérance

La directrice générale de la Maison de la famille de la Nouvelle-Beauce est bien consciente que le manque de logement est criant présentement. Luce Lacroix raconte que des citoyens vivent actuellement dans des maisons sans isolation ni électricité. D’autres sont carrément en situation d’itinérance.

Une couverture de la Croix-Rouge est visible sur ce campement photographié le 27 juillet 2019 le long du ruisseau Dupuis à Sainte-Marie.

Une couverture de la Croix-Rouge est visible sur ce campement photographié le 27 juillet 2019 le long du ruisseau Dupuis à Sainte-Marie.

Photo : crédits: Serge Labrecque

Le nombre est peu important. S'il existe une personne qui dort dans sa voiture, dans un logement insalubre ou à l'extérieur, c'est déjà inadmissible. Les gens ne sont pas dans un contexte sécuritaire, affirme Mme Lacroix.

Avec le froid qui s’installe, celle qui est également conseillère municipale à la Ville de Sainte-Marie souhaite mettre en place un plan d’action pour pallier la situation.

La directrice générale de la Maison de la famille de la Nouvelle-Beauce, Luce Lacroix.

La directrice générale de la Maison de la famille de la Nouvelle-Beauce, Luce Lacroix

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

On n'est pas habitués de voir ça ici. Il y a comme un visage de l'itinérance qui est en train de changer sur notre territoire.

Luce Lacroix, directrice générale de la Maison de la famille de la Nouvelle-Beauce

Comme être humain, on ne veut pas ça. On essaie de tout mettre en œuvre pour essayer de rejoindre ces gens-là, explique-t-elle.

« Ça va être un défi »

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, avoue que ça va être un défi de construire des logements abordables dans les nouveaux quartiers de Sainte-Marie, d'autant plus que les terrains disponibles hors de la zone agricole sont rares.

Il n'y a pas un entrepreneur qui va bâtir un bâtiment neuf avec des locations de 300 à 400 $. Il n'y arrivera pas.

Gaétan Vachon, maire de Sainte-Marie
Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon.

Le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

M. Vachon assure que c’est une priorité et tente de sensibiliser les élus fédéraux et provinciaux à cet enjeu.

Ça va être de faire des demandes pour être capables d'avoir de l’aide financière pour avoir des habitations à loyer modique qui vont être capables d'accueillir ces gens-là, soutient le maire.

Mixité sociale

Luce Lacroix ajoute que d’ici à ce que la situation se stabilise, de nombreux services existent pour venir en aide aux gens dans le besoin. Mais le défi, pour les organismes communautaires, c'est de se faire connaître auprès des personnes plus vulnérables.

Les gens sont fiers, autonomes et un peu orgueilleux. On veut faire les choses par nous-mêmes parce que c'est un signe de faiblesse de demander de l'aide, mais c'est dans l'intérêt de tous de s’informer des services, soutient Mme Lacroix.

Des meubles abimés lors des inondations sont empilés sur un terrain, en bordure d’une rue résidentielle, à Sainte-Marie, en Beauce.

Des résidents de Sainte-Marie ont dû se résigner à jeter une partie de leurs meubles.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Claude Thibodeau espère pouvoir revenir un jour s’établir à Sainte-Marie, près de sa famille, de ses amis et de son travail. Il souhaite que les élus réalisent l’importance d’avoir une mixité de classes sociales dans une ville.

Il y avait autant des personnes sur l’aide sociale que d'autres personnes qui avaient de bons salaires. Ici, on avait de bons voisins. Là-bas, on n’est pas porté à sortir beaucoup, conclut-il.

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