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  • Envoyée spéciale
  • Entente avec la Russie : « Non à la capitulation! », scandent les Ukrainiens

    Le reportage de Tamara Alteresco.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    Tamara Alteresco

    Ils étaient des milliers, encore aujourd’hui, dans les rues de Kiev, pour dénoncer l’entente de principe conclue avec Moscou dans l’espoir de mettre fin au conflit dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Notre correspondante Tamara Alteresco, qui a passé la journée dans la foule, explique les craintes qui animent de plus en plus d’Ukrainiens.

    Un soldat serre la main d'un autre.

    Des nationalistes ukrainiens manifestent à Kiev, le 14 octobre.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    Ce sont les vétérans qui ont ouvert le bal et donné le coup d’envoi à la manifestation.

    Presque tous les bataillons qui luttent depuis 2014 dans l’est de l’Ukraine pour récupérer les territoires occupés par les séparatistes prorusses étaient représentés. Les soldats tenaient des photos de leurs confrères morts au front.

    Un soldat tient une photo lors d'une manifestation.

    Plusieurs vétérans tenaient des photos de leurs frères d'armes morts au combat.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    La guerre a coûté la vie à plus de 10 000 soldats et civils, dans un camp comme dans l'autre.

    « Nous ne laisserons pas notre président abdiquer devant la Russie », explique Andriy, 23 ans, qui était membre des forces spéciales ukrainiennes dans l’est du pays.

    Le jeune homme craint aujourd’hui de voir l’Ukraine se soumettre à la volonté de la Russie, elle qui soutient les séparatistes depuis l'éclatement du conflit.

    Selon lui, et aux yeux de milliers d’autres personnes qui manifestaient aujourd'hui, les termes de l’entente qui servira d’outil pour négocier la paix doivent être formulés par l’Ukraine.

    Des femmes manifestant dans la rue.

    De nombreux citoyens ont participé à la grande manifestation de lundi, à Kiev.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    « Sinon, à quoi aura servi notre combat? Nos confrères seront morts en vain », soutient Andriy.

    Parmi les milliers de manifestants qui ont envahi la grande place de l’indépendance de Kiev, des étudiants, des nationalistes et de simples citoyens ont scandé les mêmes slogans. « Non à la capitulation » et « Gloire à l’Ukraine » ont ainsi retenti toute la journée dans la capitale.

    Des manifestants munis de drapeaux tiennent une banderole comportant une inscription en cyrillique.

    « Non à la capitulation! », ont scandé les manifestants.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    Il s'agit de la deuxième grande manifestation à Kiev depuis que l’Ukraine a signé une entente de principe avec la Russie, au début du mois.

    L’entente en question, communément appelée la formule Steinmeier, prévoit accorder un statut spécial aux territoires du Donbass, soit une autonomie administrative au terme d’élections locales libres et supervisées, une fois que les deux armées auront reculé chacune de leur côté.

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a été élu le printemps dernier en promettant de mettre fin à la guerre, assure qu’un statut spécial serait conditionnel à la tenue d’élections libres, et seulement si les séparatistes prorusses déposent les armes et reculent.

    Une femme aux cheveux roses devant un mur de « briques » de la même couleur.

    Certains participants de la manifestation ont dû quitter leur domicile sous la menace des armes.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    « Moi, je ne fais pas confiance à Poutine, sa parole ne vaut rien », dit Nathalia Zhurbanko, une femme de 66 ans qui habite la zone de conflit à Stanitsa Luganskaya.

    Elle dit avoir été chassée de sa maison à la pointe d'un canon de mitraillette, en 2014, avant que les forces ukrainiennes ne réussissent à récupérer le territoire l’année suivante.

    Des briques roses portant des noms en cyrillique.

    Chaque « brique » du « mur » porte le nom d'une ville ou d'un village « conquis » par les prorusses.

    Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

    La sexagénaire est venue jusqu’à Kiev pour déposer une brique sur un muret érigé devant les bureaux présidentiels. Chaque brique blanche y porte le nom de l'un des 167 villages et villes qui constituent la zone grise, tout au long de la ligne de front.

    « La question que l’on se pose, c’est comment on peut tenir des élections, en vertu de la Constitution ukrainienne, alors que ce territoire est toujours occupé? », demande l’analyste politique et journaliste Volodymyr Yermonlenko.

    Selon lui, le président Zelensky précipite les choses et risque du même coup de légitimer ce qu’il qualifie d’occupation russe.

    « Le risque, dit M. Yermonlenko, c’est de légitimer cette occupation et d’accepter la réintégration de ce territoire dans l’Ukraine, mais selon les termes de la Russie. »

    Cela veut dire que ce territoire pourrait former sa police, sa semi-armée, et représenterait donc une enclave russe en territoire ukrainien; pour les habitants du pays, c'est « inacceptable ».

    Politique internationale

    International