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Projet de GNL Québec : 40 économistes émettent des réserves

Un plan sommaire de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec a été rendu public.

Un plan de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec

Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Souières

Radio-Canada

Une lettre ouverte cosignée par 40 économistes et chercheurs en économie, parue ce matin dans le journal La Presse, remet en question les retombées du projet GNL Québec.

Les experts s’inquiètent également des impacts environnementaux qu’aurait la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel dans l'arrondissement de La Baie à Saguenay, assortie de l’aménagement d’un gazoduc de 782 km reliant le nord de l'Ontario au Québec.

La missive de deux pages, notamment signée par Jérôme Dupras, François Delorme, Éric Pineault et Laurent Da Silva, soulève que les emplois promis par GNL risquent fort d’aggraver la pénurie de main-d’oeuvre qui frappe le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans ce contexte inédit d’urgence climatique et compte tenu que 80 % des réserves mondiales prouvées d’hydrocarbures devront rester sous le sol pour limiter le réchauffement climatique à un seuil sécuritaire, tout nouveau projet d’infrastructures dont l’objectif est de faciliter le transport, la production et la consommation de combustibles fossiles devrait être examinée avec la plus grande précaution.

Extrait de la lettre ouverte de 40 économistes et chercheurs

Les économistes ajoutent qu’une réflexion s’impose puisque « les infrastructures que nous construisons aujourd’hui sont celles que nous aurons pour les 40 à 50 prochaines années ».

Emplois

Quant aux 6000 emplois directs et indirects promis par GNL Québec durant la construction, des nuances sont apportées.

Or, ces retombées appréhendées doivent être remises dans leur contexte. Selon plusieurs estimations, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est présentement en situation de pénurie de main-d’œuvre, avec un taux de chômage moyen en 2019 de 5,4 %, mettent en relief les auteurs de la lettre. Ils indiquent qu’il s’agit d’un « creux historique ».

Les cosignataires font aussi valoir que des entreprises comme Rio Tinto et Produits forestiers Résolu, d’importants employeurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont dû ralentir leurs activités en raison du manque de personnel.

Le groupe s’appuie sur des chiffres publiés le mois dernier par la Commission de la construction du Québec (CCQ) pour rappeler que plus de la moitié des 25 métiers de la construction étaient en situation de pénurie il y a quelques semaines à peine, ici en région.

De l'avis des spécialistes, les emplois promis seront donc pourvus presque exclusivement par des travailleurs provenant de l’extérieur.

Les pouvoirs publics devraient travailler à propulser des créneaux d’avenir comme ceux de l’aluminium à anodes inertes, qui n’émettent pas de GES, ou encore de la biomasse forestière. De telles avenues nous semblent nettement plus prometteuses pour l'économie du Québec et de ses régions, en plus d’être en cohérence avec la nécessaire transition à opérer, concluent les économistes.

Le projet de GNL Québec est soumis à l'approbation du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Ce sujet, tout comme la réalisation d'autres grands projets industriels, a d'ailleurs monopolisé les échanges lors du débat des candidats fédéraux régionaux, tenu mercredi dernier à Saguenay.

GNL rejette les analyses du groupe

GNL Québec a réagi à cette lettre ouverte mardi. La porte-parole de l’entreprise, Stéphanie Fortin, rappelle que le projet vise justement la lutte aux changements climatiques.

On est convaincu que le gaz naturel liquéfié canadien fait par Énergie Saguenay a une valeur ajoutée sur les marchés parce qu’il sera produit de façon moins polluante et beaucoup plus dans les normes environnementales.

Stéphanie Fortin, porte-parole de GNL Québec

Concernant l’emploi, Mme Fortin indique que la compagnie a le pouvoir d’attraction nécessaire pour attirer des travailleurs de l’extérieur de la région. De plus, l’entreprise travaille déjà avec des établissements d’enseignement pour s’assurer que des employés spécialisés nécessaires à la production seront formés.

Saguenay–Lac-St-Jean

Industries