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Légalisation du cannabis : les provinces des Prairies s’en tirent mieux croit un expert

Gros plan sur des morceaux de cannabis séchés qui sont sécurisés dans des boites transparentes.

Le président-directeur général de Delta 9 croit que son entreprise a su profiter des faibles coûts du marché manitobain.

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

Radio-Canada

Près d’un an après la légalisation du cannabis au Canada, un expert explique le succès de la vente dans les provinces des Prairies par un déploiement plus fluide que d’autres marchés canadiens.

Le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta font vraiment mal paraître le Québec et l’Ontario, indique Chris Damas qui travaille pour BCMI Cannabis Report, un bulletin d’information pour les investisseurs dans l'industrie du cannabis au Canada et aux États-Unis.

Selon lui, des cadres réglementaires faibles et la lenteur dans l’ouverture de magasins sont à l’origine de la sous-performance du secteur dans les deux plus grosses provinces du pays alors que les provinces des Prairies ont permis aux détaillants privés de vendre des produits et ont ouvert la porte au commerce électronique.

Chris Damas donne l’exemple de l’Alberta qui mène le pays quant aux ventes par habitant.

En juillet 2019, Statistique Canada rapportait que les ventes de cannabis y dépassaient les 21 millions de dollars alors que l’Ontario, qui a plus de trois fois la population de l’Alberta, enregistrait des ventes de 29,6 millions.

Des clients font la queue devant un magasin de cannabis de Calgary, en Alberta.

Des clients font la queue devant un magasin de cannabis de Calgary, en Alberta. (archives)

Photo : Radio-Canada / Colleen Underwood/CBC

La Saskatchewan, elle, rapportait des ventes totalisant 6,3 millions de dollars et le Manitoba 5,8 millions.

L’avantage manitobain

John Arbuthnot, le président-directeur général de Delta 9 qui produit et vend du cannabis, croit que le succès de l’industrie au Manitoba est en partie expliqué par des facteurs tels que l’électricité bon marché et le coût de la vie relativement peu élevé ce qui permet aux entreprises de réduire leurs coûts d’opération.

La société cotée en bourse détient l’unique licence fédérale de transformation et de culture du cannabis dans la province. Selon des informations fournies aux investisseurs, elle a engendré un bénéfice brut de près de trois millions de dollars au deuxième trimestre de 2019.

C’est un très bon endroit où faire des affaires. Je pense que nous avons fait du très bon travail ici, du point de vue réglementaire, pour nous assurer que le Manitoba sera compétitif à long terme aussi bien dans le commerce de détail que dans la culture, dit John Arbuthnot.

Encore des défis

Un an après la légalisation, l’industrie du cannabis fait toutefois face à de nombreux défis.

Les experts s'attendent à une surabondance dans les mois à venir en raison du nombre croissant de licences octroyées. 

De plus, le prix sur le marché noir est de loin inférieur poussant de nombreux Canadiens à bouder le marché légal. 

Trois personnes portant masque, gants et un filet protecteur pour cheveux inspectent du cannabis.

John Arbuthnot, le président-directeur général de Delta 9, une entreprise basée à Winnipeg qui produit et vend du cannabis crois que les prix vont baisser au fur et à mesure que l'offre rencontrera la demande.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

La valeur des entreprises de cannabis a aussi chuté pendant l’année.

Par exemple la valeur en bourse de Canopy Growth, qui possède entre autres les bannières Tokyo Smoke et Tweed, est passé de 69,90 $ en avril à 25,67 $ lors de la fermeture de la bourse de Toronto vendredi.

Le producteur Aurora Cannabis, basé à Edmonton, a lui vu sa valeur passer de 15,07 $ juste avant la légalisation à 4,86 $ vendredi.

C’est clairement une bulle, probablement l’une des pires que nous avons connu au pays dans les dernières années, indique Chris Damas à propos de la performance sur le marché boursier.

Alors que les investisseurs étaient euphoriques il y a à peine un an, ils sont maintenant au stade du déni et pourraient tomber dans la panique. Les actionnaires pourraient alors commencer à vendre leurs actions en ne faisant pas la différence entre ce qui reste un bon investissement et ce qui l’est moins, ajoute-t-il en précisant que le spectre « des serres vides » envahit désormais l’esprit des investisseurs.

L’expert se veut toutefois rassurant. Ici chez BCMI Cannabis Report nous prévoyons toujours des ventes mensuelles à la hausse. En décembre, nous prévoyons même 70% plus de ventes que ce que nous avons vu en juillet, conclut-il.

Avec les informations d’Erika Rodeck

Manitoba

Cannabis