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Oui, il y a des propipelines en Colombie-Britannique

Le gouvernement provincial s'oppose à l'expansion de Trans Mountain, mais ce n'est pas le cas de tous les Britanno-Colombiens.

La conduite du pipeline Trans Mountain est déchargée à Edson, en Alberta le mardi 18 juin 2019.

La décision d'Ottawa sur l'approbation de l'expansion de Trans Mountain a créé une avalanche de réactions en Alberta.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Kim Vermette

Par un matin d'automne frais à Lake Country, Nick Thompson profite d'un rare moment de répit avec sa petite fille de 2 ans. Il revient tout juste de Fort McMurray, où il a passé les trois dernières semaines à travailler.

Depuis près de 10 ans, Nick Thompson se rend là où des contrats de travail l'attendent. Il rêve du jour où le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain ira de l'avant et où il n'aura plus à s'exiler à plusieurs centaines de kilomètres de la maison familiale.

Le travail est là-bas, mais je suis loin de ma famille trop souvent. J'aimerais voir mes enfants grandir et pouvoir passer plus de temps avec eux, lance le père de deux jeunes enfants.

Natif du Nouveau-Brunswick, il a déménagé dans l'Ouest canadien pour travailler dans l'industrie des sables bitumineux et sur différents pipelines. Selon lui, la construction du nouvel oléoduc est plus que nécessaire. Ça veut dire plus de travail, plus d'argent pour les communautés, explique-t-il.

C'est le temps que le Canada ait une petite victoire pour une fois. Surtout les communautés ici. Le coût de la vie augmente, mais nos salaires restent les mêmes.

Nick Thompson, travailleur de l'industrie pétrolière
Nick Thompson avec ses deux enfants.

Souvent parti travailler, Nick Thompson n'a que peu de moments de répit avec ses deux enfants.

Photo : Radio-Canada / Source : Nick Thompson

Un projet vital pour plusieurs familles

Nick Thompson n'est pas le seul à souhaiter que le projet se réalise. À Kelowna, à mi-chemin entre Vancouver et Calgary, nombreux sont ceux dont le revenu dépend de l’industrie pétrolière.

Économiste à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), Julien Picault constate que plusieurs familles attendent le pipeline avec impatience.

Il y a beaucoup de gens ici qui ont une résidence principale à Kelowna, mais qui vont travailler dix jours ici, dix jours en Alberta, explique-t-il.

Julien Picault, économiste à l'Université de la Colombie-Britannique.

Plusieurs familles dont le revenu dépend de l'industrie pétrolière attendent le pipeline avec impatience, constate l'économiste Julien Picault.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Au centre-ville de Kelowna, des travailleurs terminent leur journée de travail. Le constat est presque unanime : il est temps que l'oléoduc soit construit.

Ça aiderait l'économie canadienne, surtout en Alberta où ça tourne au ralenti... Aider nos voisins est une bonne chose, argumente un homme. Une femme rencontrée un peu plus loin renchérit : C'est une bonne chose pour la Colombie-Britannique et pour le Canada.

Comme partout ailleurs, des gens s'inquiètent des répercussions environnementales d'un tel projet. Un jeune homme se questionne quant à la capacité du Canada à se passer des revenus de l'industrie pétrolière. La transition est difficile, souligne-t-il. Le pays ne peut pas arrêter de dépendre du pétrole du jour au lendemain, mais on pourrait arrêter d'investir là-dedans.

Notre dossier Élections Canada 2019

Un impact sur le vote des électeurs?

L'économiste Julien Picault admet que le pipeline Trans Mountain est un thème primordial de la présente campagne.

Je pense que c'est une décision qui va coûter politiquement, d'un côté ou de l'autre.

Julien Picault, économiste à l'Université de la Colombie-Britannique

Traditionnellement, la portion continentale de la Colombie-Britannique et la région de l’Okanagan ont surtout élu des députés conservateurs. Les libéraux ont réussi une percée dans la ville de Kelowna lors des élections de 2015. La lenteur du processus entourant le projet d'expansion de Trans Mountain pourrait mettre en péril le siège du libéral Stephen Fuhr.

Les gens qui veulent le pipeline vont faire plus confiance aux conservateurs qu'aux libéraux par rapport à ça. Il y a eu une forme d'attentisme dans le dernier mandat libéral, donc les gens ne sont pas vraiment convaincus que les libéraux vont aller au bout du projet, explique-t-il.

Le dossier continue de créer de la dissension, et le temps qui file pourrait coûter cher aux libéraux, admet Julien Picault.

D'un côté comme de l'autre, on veut une réponse. Et je pense que c'est ça que l'achat du pipeline n'a pas donné aux gens : une réponse définitive.

Julien Picault, économiste à l'Université de la Colombie-Britannique

Colombie-Britannique et Yukon

Industrie pétrolière