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  • Envoyée spéciale
  • Offensive turque : le point sur la situation dans le nord de la Syrie

    La situation est tendue en Syrie, où la Turquie poursuit son offensive contre les Kurdes qui, abandonnés par leur allié américain, ont signé un accord avec le président syrien Bachar Al-Assad.

    Le point avec notre envoyée spéciale Marie-Eve Bédard.

    Photo : afp via getty images / Aref Tammawi

    Radio-Canada

    Depuis le début de l'offensive lancée mercredi dernier, des centaines de personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Plus de 160 000 personnes ont aussi été déplacées, d'après les Nations unies. Le point sur la situation avec notre envoyée spéciale Marie-Eve Bédard, au micro de Manon Globensky à Midi info.


    Vous êtes arrivée dimanche dans le nord de la Syrie et vous vous trouvez en ce moment à Dohuk, dans le Kurdistan irakien, non loin de la frontière. Pourquoi avez-vous décidé de rebrousser chemin?

    Avec cette annonce d’une entente entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui sont majoritairement composées de Kurdes, et le régime syrien, pour que ce dernier vienne s’établir dans les zones qui étaient jusqu’ici sous contrôle kurde, c’est devenu compliqué pour les journalistes étrangers qui se trouvent sur place.

    En fait, nous étions tous en Syrie de façon illégale, du moins aux yeux du régime syrien, parce qu’on n’a pas obtenu un visa du régime de Damas, mais bien des forces kurdes, qui contrôlent la frontière.

    Avec ce redéploiement, l’armée syrienne commence à établir des points de contrôle un peu partout. Donc, plutôt que de prendre le risque d’être arrêtés pour être venus illégalement du côté de la Syrie, on a préféré se replier du côté irakien de la frontière.


    La situation sur le terrain devient de plus en plus compliquée, notamment avec l’attaque contre un convoi de civils kurdes et de journalistes étrangers dimanche, qui a fait au moins 10 morts. La Turquie était-elle à l'origine de cette attaque?

    C’est ce que l’on croit, mais les circonstances de l’attaque en soi sont encore nébuleuses, même pour des collègues de France 2 qui étaient sur place et qui suivaient le convoi. Ils étaient dans le dernier des véhicules et ont bien senti le chaos à la suite de l’explosion, mais personne n’est en mesure de dire s’il s’agissait d’une attaque aérienne ou d’un tir de mortier ou de roquettes.

    C’était un convoi de manifestants qui était sur le chemin pour soutenir les forces kurdes qui combattent l’armée turque et leurs supplétifs syriens dans la région de Ras Al-Aïn. Il y avait des militaires qui accompagnaient ce convoi, mais aussi beaucoup de civils.

    On a rencontré une des femmes qui était venue manifester son appui aux forces kurdes et qui a été blessée dans l’explosion. Elle se trouvait sur la rue, mais n’arrivait pas à expliquer exactement ce qui s’était produit. Elle a été projetée au sol par le souffle de l’explosion et les débris de la vitre d’un commerce.

    Dans la confusion, elle a dit avoir vu beaucoup de corps de civils qui étaient avec elle dans la manifestation, mais personne n’arrive à mettre le doigt exactement sur ce qui s’est passé. Sauf que, vraisemblablement, il s’agissait d’un tir ennemi, donc soit les milices syriennes qui collaborent avec l’armée turque en ce moment, soit les Turcs eux-mêmes.


    Avez-vous vu sur la route beaucoup de Kurdes qui tentent de quitter la région?

    Sur la route où l’on était, non. La plupart des gens qui fuient se réfugient dans la province de Hasaké, qui est plus au sud, dans une zone qui est sous contrôle des Forces démocratiques syriennes. Mais cela est en train de changer, parce que l’armée syrienne commence à déployer des points de contrôle autour de cette ville.

    Pour l’instant, il n’y a pas de mouvement de masse de la population qui chercherait à se mettre à l’abri du côté irakien de la frontière. On aurait pu croire que certains voudraient sortir complètement de la Syrie, mais pour l’instant, les gens cherchent à rester le plus possible près du territoire.

    Mise au point:

    Dans une version précédente, nous avons écrit que les Kurdes de Syrie combattaient le président syrien Bachar Al-Assad, ce qui est inexact.

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