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Des Albertains inquiets des effets sur leur santé d’un incinérateur de déchets médicaux

Fumée s'échappant d'une cheminée industrielle.

L'entreprise G-M Pearson a déjà été condamnée à verser des amendes pour ne pas avoir respecté la limite d'émissions pour son incinérateur de Wainwright, en Alberta.

Photo : Unsplash / veeterzy

Radio-Canada

Un groupe d'habitants du comté de Rocky View, près de Calgary, réclame davantage de consultations sur un projet d’incinérateur de déchets médicaux qui serait bâti au sud du village de Beiseker. Les citoyens s’inquiètent de possibles conséquences sur leur santé.

Le conseil municipal de Beiseker tiendra mercredi soir une audience publique sur la proposition de projet, qui passera immédiatement en deuxième et troisième lecture, puis à un vote sur les amendements proposés.

Le maire Warren Wise a indiqué à CBC qu’il ne parlerait pas aux médias avant l’audience publique de mercredi soir. Aucun conseiller municipal n'a répondu à nos appels.

C’est un projet qui pourrait grandement affecter nos vies […] Je crois que la raison pour laquelle les gens sont fâchés, c’est le calendrier si rapide, affirme Jennifer Ladrillo, qui vit à Irricana, à 10 kilomètres au sud-est de Beiseker.

Un plan du village de Beiseker indique que le site de l'incinérateur serait au sud du village, près des quartiers résidentiels, le long de l'autoroute 9.

L'incinérateur serait situé tout près des quartiers résidentiels du village de Beiseker.

Photo : G-M Pearson

L’incinérateur, qui serait situé au sud du village de Beiseker le long de l’autoroute 9, détruirait environ 8000 tonnes de déchets médicaux par année. Cela inclut des tissus humains et des organes, de l’équipement médical et de laboratoire qui a été en contact avec du sang ou des liquides corporels, des seringues, des lames de scalpels et d’autres produits comme des médicaments périmés.

Le projet créerait 22 emplois à temps plein, en plus d’emplois contractuels, et fournirait des revenus d’impôts dont le village a désespérément besoin, en raison de son déficit de près de 160 000 $.

Des habitants inquiets pour leur santé

Jennifer Ladrillo a appris l’existence de la proposition de projet dans un article de son journal local, il y a quelques semaines. Elle s’est rendue à une session d’information organisée par l’entreprise derrière le projet, G-M Pearson, à la fin de septembre.

En tant que biochimiste et mère inquiète, elle avait bon nombre de questions à poser, mais elle a été déçue que le seul expert présent soit un géologue. Elle aurait préféré poser ses questions à un spécialiste de la qualité de l’air ou à quelqu’un qui pourrait répondre à ses préoccupations sur les impacts de l’incinérateur sur la santé.

Je ne crois pas qu’ils étaient préparés pour répondre au genre de préoccupations que les citoyens avaient, principalement la santé et la sécurité de notre agriculture, de nos animaux de ferme, la nôtre et celle de nos enfants.

Jennifer Ladrillo, résidente d'Irricana

Le gestionnaire de projet de G-M Pearson, Mike Fournier, affirme que l’entreprise n’en est qu’à la première étape d’un long processus, qui nécessitera de multiples études d’impact avant que le projet ne soit construit.

Nous voulions prendre de court les rumeurs et expliquer qui nous sommes, quel est ce projet, et rassurer les gens que ce n’est pas un projet déjà approuvé, affirme-t-il, tout en reconnaissant qu’il faudra beaucoup d’efforts pour le démontrer.

Un plan d'eau se situe dans un champ près d'une route

L'incinérateur serait construit sur une portion du village qui n'est pas développée en ce moment.

Photo : G-M Pearson

M. Fournier affirme que si le conseil municipal de Beiseker accorde à G-M Pearson un permis de développement après l’audience publique de mercredi soir, cela lancera automatiquement un processus d’évaluation environnemental mené par la province. Ce sera seulement après avoir reçu ce feu vert que l’entreprise pourra commencer la construction de l’incinérateur.

Le gestionnaire de projet reconnaît que l’entreprise a appris ses leçons après l’échec d’un autre projet dans le village de Ryley, près d’Edmonton. Le Village avait refusé le permis de développement, affirmant que le site choisi ne disposait pas d’une infrastructure et d’un service d’eau nécessaires pour le projet. [Les leçons étaient] impliquez-vous tôt dans la communauté, soyez ouvert et transparent et fournissez le plus d’information possible, énumère Mike Fournier.

Jennifer Ladrillo rappelle que G-M Pearson a été condamné à payer des amendes pour avoir dépassé la limite d’émissions à son incinérateur de Wainwright, maintenant fermé, et pour avoir omis de fournir des rapports sur ses émissions entre 2007 et 2009. La Municipalité avait fermé l’établissement après qu’il ait échoué à des tests de sécurité de ses émissions.

Les risques sur la santé seraient faibles, selon l’entreprise

Mike Fournier a fourni à CBC une analyse des effets sur la santé humaine effectuée pour la proposition de projet dans le village de Ryley. Il s’agit selon lui d’un projet très similaire à celui de Beiseker et s’attend à ce que la nouvelle analyse fournisse des conclusions similaires.

L’analyse a été effectuée par le professeur associé en sciences de la santé environnementale de l’Université de l’Alberta, Warren Kindzierski. Elle conclut que bien que des études plus anciennes sur des incinérateurs de déchets médicaux suggèrent qu’il y a des effets sur la santé des personnes qui vivent à proximité, des études plus récentes suggèrent que les établissements modernes ne posent pas les mêmes risques.

Les inquiétudes du public ne sont pas justifiées à propos des effets sur la santé d’une exposition potentielle aux dioxines et aux furanes et à d’autres substances chimiques émises par des incinérateurs modernes, bien entretenus et équipés de technologies de contrôle de la pollution modernes, écrit le professeur associé dans son analyse.

Il ajoute que l’exposition potentielle aux dioxines et aux furanes, des substances chimiques toxiques que l’on trouve en très petite quantité dans l’environnement, serait plus basse que la limite permise par Santé Canada.

Les inquiétudes de Jennifer Ladrillo demeurent, cependant, puisque ces toxines peuvent s’accumuler dans le corps et l’environnement au fil du temps.

Nous sommes un grand nombre de gens à vouloir que le projet ne soit tout simplement pas approuvé par le conseil municipal de Beiseker, parce que ça mettrait un terme au projet, souhaite-t-elle.

Avec les informations de Sarah Rieger

Alberta

Infrastructures