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Près de 14 % des aliments perdus entre la ferme et l'épicerie

Des étalages remplis de fruits et de légumes.

Les pertes alimentaires commencent dès la cueillette et le transport, souligne la FAO.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Agence France-Presse

Près de 14 % des aliments disparaissent entre la ferme et les rayons du supermarché, selon l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui préconise des mesures pour enrayer ce phénomène et rendre l'agriculture et l'industrie agroalimentaire plus durables, dans un rapport publié lundi.

Diviser par deux le volume mondial des déchets alimentaires par habitant d'ici à 2030 et réduire les pertes alimentaires tout au long des chaînes de production font partie des objectifs du programme de développement durable de l'ONU, comme le rappelle le nouveau directeur général de la FAO, Qu Dongyu, en préambule de ce rapport publié à l'avant-veille de la Journée mondiale de l'alimentation.

Ce sont exactement 13,8 % de la valeur ajoutée de la production alimentaire mondiale qui sont perdus entre la récolte et la vente au détail, selon les chiffres communiqués par la FAO.

Nous avons fait une estimation de la valeur. [...] Cela signifie qu'il y a des produits agricoles pour 400 milliards de dollars qui n'arrivent pas au stade de la consommation.

Carola Fabi, statisticienne principale au siège de la FAO, à Rome

La proportion varie grandement d'une région du monde à l'autre, et d'une famille de produits alimentaires à une autre.

Elle varie ainsi de 5,8 % en Australie–Nouvelle-Zélande à 20,7 % en Asie centrale–Asie du Sud. Quant aux fruits et légumes, qui sont des denrées fragiles, ils sont touchés à 22 %, contre 9 % pour les céréales et les légumes secs, moins périssables.

Problèmes de stockage

On a pu constater que ces pertes sont plus importantes au niveau des producteurs, là où ont lieu la récolte et l'abattage, explique Mme Fabi. Par exemple, il y a un énorme problème [de] stockage sur les fermes, poursuit-elle.

Elle évoque les pays subsahariens, où les excédents stockés à la ferme, par des méthodes traditionnelles dans des silos en bois soumis aux intempéries, sont exposés aux microorganismes, aux insectes, aux rongeurs, des conditions qui font qu'il y a d'énormes pertes [pendant le] stockage.

Des procédés de très basse technologie, comme le remplacement de ces silos de bois par des tonneaux métalliques, ou des sacs traités aux insecticides réduisent les pertes de manière très, très sensible, souligne Mme Fabi.

Une aide à l'investissement

Parfois, les agriculteurs n'ont pas les moyens d'accéder à ces techniques. C'est là où il faut une intervention publique d'aide à l'investissement, ajoute-t-elle.

Beaucoup de pertes ont lieu aussi durant le transport, du producteur au marché de gros et du marché de gros au marché de détail, principalement pour les denrées très périssables (fruits et légumes), précise le rapport.

Les mesures de réduction des pertes ont un coût économique [en matière d'infrastructure et d'équipement] ou environnemental, si c'est une plus grande consommation d'énergie pour la réfrigération ou le transport, affirme Mme Fabi. Elle souligne la nécessité d'une bonne analyse coût-avantages, afin de s'assurer que le surcoût pour mieux protéger les aliments compense bien la perte.

Selon une étude de 2011 commandée par la FAO, un tiers de la production alimentaire n'était pas consommé, de la récolte à la table. Ce décalage avec le chiffre de 14 % s'explique par l'absence de prise en compte du gaspillage à partir de la vente au détail, un indicateur sur lequel travaille encore le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

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