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151 dossiers de maltraitance envers les aînés à Québec et Chaudière-Appalaches

Une main d'homme tient la main d'une femme âgée tenant une canne.

Depuis l'adoption de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, les commissaires aux plaintes de la province doivent traiter de cet enjeu.

Photo : Getty Images / Dean Mitchell

Radio-Canada

Les commissaires aux plaintes et à la qualité des services du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches ont examiné 151 dossiers de maltraitance envers les aînés en 2018-2019.

Dans son rapport, la commissaire de la Capitale-Nationale, Dominique Charland, indique avoir reçu 78 dossiers. Les dossiers de maltraitance physique sont les plus nombreux, suivis par les cas de discrimination et d'âgisme.

Les CHSLD et les CLSC comptent pour 60 % des cas. Les autres instances visées sont, entre autres, des résidences privées pour aînés.

La présidente du comité des usagers du CIUSSS de la Capitale-Nationale dit être satisfaite de voir que les abus sont dénoncés. C'est toujours inquiétant de voir qu'il y a autant d'aînés qui sont maltraités, précise Véronique Vézina.

Je m'attends à ce qu'il y ait beaucoup plus de dénonciations par le futur, parce qu'on entend beaucoup parler de cas d'abus, de maltraitance. Je pense que les gens ne connaissent pas bien le mécanisme de dénonciation.

Véronique Vézina, présidente du comité des usagers du centre intégré

De son côté, la commissaire de Chaudière-Appalaches, Brigitte Landry, fait aussi état de nombreux cas de maltraitance physique envers les aînés qui ont été traités, pour un total de 73 dossiers.

Dans certains cas, des mesures disciplinaires ont été appliquées. Un des cas traités pour maltraitance psychologique a mené au congédiement d'un employé, toujours selon le rapport.

Ces données concernant la maltraitance envers les aînées se retrouvent dans les rapports des commissaires de la province pour la première fois.

Les commissaires doivent maintenant s'assurer de traiter tous les signalements concernant la maltraitance chaque année et d'en faire le bilan depuis l’adoption en 2017 de la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité..

Plus de mordant

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, estime que pour l’ensemble de la province, les données sont accablantes.

La Presse a révélé lundi matin qu’un total de 866 cas de maltraitance envers les personnes vulnérables ont été dénotés en 2018-2019 dans les divers rapports des commissaires aux plaintes au Québec.

Il n’y a pas de quoi se réjouir, ce n’est pas drôle. J’ai toujours été la première à dire que la loi n’a pas assez de mordant, mais faut la laisser respirer

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants
Marguerite Blais devant des micros.

La ministre Marguerite Blais souligne que tous les établissements de santé doivent se prévaloir d'une politique pour contrer la maltraitance. (archives)

Photo : Radio-Canada

Selon Mme. Blais, la Loi devrait permettre des sanctions pénales, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Or, il serait précipité, selon elle, de modifier la Loi immédiatement. Je pourrais rouvrir la loi tout de suite, mais tant qu’à faire, il faut regarder tout ce qui pourrait être changé. Est-ce qu’il y a d’autres choses à changer ?, s’interroge-t-elle.

Elle dit ne pas savoir pourquoi des sanctions pénales ne se retrouvent pas dans la loi approuvée sous le gouvernement de Philippe Couillard. Elle en prend toutefois la responsabilité.

Je suis imputable, en tant que politicienne, je me consacre à ça tous les jours, ajoute Mme Blais. Les PDG aussi, ils ont une responsabilité envers les résidents.

Elle estime que des modifications à la Loi, notamment pour ce qui est des mesures punitives, pourraient survenir d’ici 2021.

Avec des informations de Sébastien Tanguay et Olivier Lemieux

Québec

Santé publique