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En Tunisie, la large victoire de Kais Saied confirmée

Des manifestants tunisiens.

Des Tunisiens sont descendus dans les rues pour célébrer l'annonce des résultats du deuxième tour de la présidentielle.

Photo : Reuters / Zoubeir Souissi

Agence France-Presse

L'universitaire Kais Saied, un novice du pouvoir, a été élu président de la Tunisie avec 72,71 % des voix lors du second tour de la présidentielle dimanche, a annoncé lundi l'instance chargée des élections.

Il a obtenu 2,77 millions de voix, contre 1 million pour son adversaire, l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, selon les résultats annoncés par l'Isie.

Ces résultats peuvent néanmoins faire l'objet de recours dans les prochains jours.

Le taux de participation est de 55 %, a indiqué l'Isie, révisant légèrement à la baisse la participation annoncée dimanche. C'est supérieur à la participation enregistrée au premier tour le 15 septembre.

Kais Saied, 61 ans, devient ainsi officiellement le deuxième président élu démocratiquement au suffrage universel, succédant à Béji Caïd Essebsi, décédé fin juillet à 92 ans, à quelques mois de la fin de son mandat.

Il doit prêter serment d'ici la fin du mois, a indiqué la présidence.

Les jeunes fortement mobilisés

Environ 90 % des électeurs de 18 à 25 ans ont voté dimanche pour M. Saied, 61 ans, selon les statistiques de l'Institut de sondage Sigma, contre 10 % pour son rival, l'homme d'affaires et des médias Nabil Karoui, poursuivi pour évasion fiscale.

L'électorat est très clairement divisé par âge: plus les électeurs sont âgés, plus ils votent Karoui, selon cette étude, et l'homme d'affaires controversé obtient même 50,8 % des voix chez les plus de 60 ans.

Cette victoire s'explique principalement par cette mobilisation extraordinaire des jeunes âgés entre 18 et 25 ans, a souligné à l'AFP Olfa Lamloum, directrice du bureau de Tunis d'« International Alert », une ONG très active auprès des jeunes.

Cette mobilisation notable au premier tour de la présidentielle le 15 septembre – 37 % de cette tranche d'âge avait voté pour M. Saied, soit le double de la moyenne nationale –, s'est amplifiée au second tour, selon Sigma conseil.

Je ne pensais pas qu'il gagnerait au premier tour, mais maintenant qu'il a gagné, je crois vraiment dans la transparence des élections, a confié à l'AFP Mayssa Jlassi, 20 ans. Il fallait tout faire pour mobiliser tous les jeunes de mon âge pour voter massivement pour lui.

Cette étudiante en droit a rejoint l'un des groupes de bénévoles ayant improvisé des visites de terrain, avec des moyens très modestes, pour aller à la rencontre des électeurs.

M. Saied a réussi à gagner la confiance de cette jeunesse dans les quartiers et les régions de l'intérieur, non pas à travers les promesses mais en apportant des réponses à l'échec de la démocratie représentative, a dit Mme Lamloum.

Un mélange de jeune et de vieux

Si l'universitaire assume des positions conservatrices concernant les libertés individuelles pourtant chères à de nombreux jeunes, ceux-ci voient avant tout l'homme qui n'a cessé de les appeler à trouver par eux-mêmes des solutions.

Les jeunes bricolent entre ces éléments, modernités, traditions, il n'y a plus ce clivage, estime le sociologue Mohamed Jouili.

Kais Saied a promis de remettre en cause la verticalité du pouvoir et de changer la règle du jeu politique qui est à l'origine de l'exclusion et de la marginalisation des jeunes, a souligné Mme Lamloum.

Il incarne pour eux une promesse de démocratie réelle, de dignité, de rupture avec une classe politique déconnectée du peuple, obsédée par le pouvoir et par ses privilèges, estime-t-elle.

Pour M. Jouili, le futur président a su ces dernières années établir une relation de confiance forte avec les jeunes en les rencontrant partout dans le pays, ce qui lui a permis de construire autour de lui une ceinture de jeunes ayant mené sa campagne.

Le quotidien francophone La Presse se réjouit de voir du nord au sud du pays, un regain d'intérêt chez les jeunes en faveur de la participation au vote, ce qui a dopé l'affluence en direction des urnes et c'est tant mieux!.

La participation a été dans l'ensemble plus élevée dimanche, dépassant les 57 %, alors que seul un électeur sur deux s'était déplacé au premier tour, et encore moins aux législatives du 6 octobre.

Une vigoureuse campagne d'inscriptions sur les listes électorales a significativement rajeuni le corps électoral : les 18-35 ans représentent désormais 63 % des électeurs selon les chiffres officiels.

Les résultats officiels ne permettent pas encore de savoir quelle a été la participation des jeunes, mais tout indique qu'elle a augmenté.

Le jour de l'élection, des milliers de jeunes se sont organisés, plus ou moins spontanément, pour faire du covoiturage afin d'aller voter.

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